Affaire 2000: un journaliste de Yedioth Ahronoth démissionne
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Affaire 2000: un journaliste de Yedioth Ahronoth démissionne

Ron Yaron avait écrit en 2017 qu'il aurait démissionné si son directeur lui avait fait adopter une couverture favorable au Premier ministre, il appelle à un "examen de conscience"

Ron Yaron, rédacteur en chef du quotidien israélien Yedioth Ahronoth, à Jérusalem, le 28 mars 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Ron Yaron, rédacteur en chef du quotidien israélien Yedioth Ahronoth, à Jérusalem, le 28 mars 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le rédacteur en chef de l’un des journaux les plus populaires en Israël a démissionné dimanche dans un contexte d’enquête portant un accord présumé passé entre le directeur du tabloïd et le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui aurait mis en place une couverture médiatique positive de ce dernier en échange de faveurs politiques.

Ron Yaron n’a pas donné les raisons qui l’ont poussé à présenter sa démission au quotidien Yedioth Ahronoth mais il a laissé entendre dans un communiqué rédigé pour ses employés du journal qu’elle serait liée à « l’Affaire 2000 ».

« Nul n’ignore qu’au cours des dix-huit derniers mois, le journal a traversé des moments difficiles. L’Affaire 2000 s’est abattue sur moi, elle s’est abattue sur chacun de nous, alors que le ciel était bleu », a-t-il écrit. « Les faits n’ont pas encore été clairement établis dans leur totalité mais suffisamment d’éléments ont émergé pour que nous ressentions tous la nécessité de procéder à un examen de conscience ».

La police soupçonne Netanyahu et le directeur de Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, d’avoir tenté de négocier un accord de compromis par lequel le journal limiterait ses critiques du Premier ministre en échange du soutien gouvernemental à une loi qui aurait entravé la circulation du quotidien gratuit Israel Hayom, principal rival de la publication.

Arnon « Noni » Mozes, éditeur et propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, avant d’être interrogé par l’unité Lahav 433 à Lod, le 15 janvier 2017. (Crédit : Koko/Flash90)

Moses et Netanyahu ont été interrogés à plusieurs occasions par la police et Yaron a également fait une déclaration aux enquêteurs après que le dossier a été rendu public, au mois de janvier 2017.

A l’époque, il avait aussi écrit un éditorial en première page dans lequel il avait indiqué ne pas avoir eu connaissance à ce moment-là d’un éventuel pacte entre Netanyahu et Moses, précisant que si l’ordre avait été donné au quotidien de saluer les actions du Premier ministre, lui et ses employés seraient partis.

« Ce journal n’aurait pas survécu à ce séisme », avait alors écrit Yaron dans son éditorial qui avait couvert la moitié de la une du tabloïd. Ce quotidien populiste est connu pour ses critiques stridentes de Netanyahu.

Ce dossier est l’un des deux dans lesquels le Premier ministre ou ses conseillers sont soupçonnés d’avoir tenté d’orienter les couvertures médiatiques en échange de faveurs politiques. Netanyahu a, pour sa part, nié toute malversation.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, arrive avant la réunion hebdomadaire de cabinet à son bureau de Jérusalem, le 12 août 2018 (Crédit : Jim Hollander/AFP)

Yaron, qui avait commencé à travailler dans le journal il y a 26 ans comme rédacteur et qui était devenu rédacteur-en-chef en 2007, a écrit dans un communiqué pour son personnel qu’il était « triste de partir » mais qu’il « regarde le verre à moitié plein ».

« Après tout ce que nous avons traversé, je choisis de regarder ce travail étonnant que vous abattez tous ici et non d’écouter les bruits en arrière-plan », a-t-il écrit.

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