Affaire Epstein : échanges tendus entre Becca Balint et Pam Bondi
"Parler d'antisémitisme à une femme qui a perdu son grand-père dans la Shoah ?", s'est indignée la démocrate du Vermont auprès de la procureure-générale qui rappelait son opposition à une résolution condamnant le slogan "Du fleuve jusqu'à la mer"
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JTA — La représentante américaine Becca Balint a quitté précipitamment une audition de la commission judiciaire de la Chambre des représentants qui était présidée par la ministre de la Justice, Pam Bondi, dans la journée de mercredi, après que cette dernière a éludé les questions sur Jeffrey Epstein, délinquant sexuel aujourd’hui décédé, choisissant de critiquer à la place le bilan de Balint en matière d’antisémitisme.
Les députés avaient appelé à organiser cette audition afin de pouvoir poser toute une série de questions à Bondi, notamment au sujet d’Epstein et des mesures prises par l’administration Trump en termes d’immigration.
Balint, représentante démocrate du Vermont, qui appartient à l’aile progressiste du parti, a demandé à Bondi si Trump était au courant des liens qui unissaient le financier milliardaire Howard Lutnick et Epstein lorsque Lutnick avait été nommé secrétaire au Commerce. Les documents qui ont été diffusés le mois dernier ont révélé que l’homme s’était rendu sur l’île privée d’Epstein et qu’il avait dîné en sa compagnie plusieurs années après avoir déclaré qu’il ne le fréquentait plus – une rupture des liens qui, avait-il dit à l’époque, avait été totale quand Epstein avait plaidé coupable de crimes sexuels.
Après que Bondi a refusé de répondre à la question qui était posée par Balint, la députée a répondu : « Je vais en conclure qu’à l’évidence, le président était au courant de ces liens ».
Alors que Balint terminait d’interroger la ministre de la Justice – l’échange entre les deux femmes devenant de plus en plus tendu, Bondi interrompant constamment la représentante – Bondi a évoqué les antécédents antisémites présumés de cette dernière.
« Avec cette culture antisémite actuelle, madame la Représentante a voté contre une résolution qui condamnait le slogan ‘Du fleuve jusqu’à la mer’, » a dit Bondi, faisant apparemment référence au vote de Balint en défaveur d’une résolution de la Chambre qui condamnait le slogan réclamant une « Palestine libre » dans toute la région, depuis le Jourdain jusqu’à la mer Méditerranée, effaçant de facto Israël de la carte. A l’époque du vote – c’était au mois d’avril 2024 – Balint avait estimé que cette résolution était « une nouvelle façon de semer la division et de diaboliser les Palestiniens ».
Balint a rapidement réagi aux propos tenus par la ministre de la Justice.
« Oh, vous voulez vraiment vous engager dans cette voie, madame la procureure générale ? Vous voulez vraiment vous engager dans cette voie ? Vous êtes sérieuse ? Parler d’antisémitisme à une femme qui a perdu son grand-père pendant la Shoah ? Vraiment ? Vraiment ?, » s’est-elle indignée avant de se lever de son siège et de quitter la salle.
Au cours de sa campagne de 2022 dans la course au siège unique du Vermont à la Chambre des représentants des États-Unis, Balint, qui décrit sa famille comme étant « Juive », avait fréquemment évoqué l’histoire du meurtre de son grand-père juif pendant la Shoah.
« Mon grand-père a été assassiné pendant la Shoah », avait expliqué Balint dans une vidéo de campagne, à ce moment-là. « Toute ma vie, j’ai su que pour vaincre les forces qui cherchent à nous diviser, il faut se manifester à chaque occasion qui se présente ».
Le grand-père de la représentante, Leopold Bálint, avait été tué par les nazis lors d’une marche forcée depuis le camp de concentration de Mauthausen en 1945, après s’être arrêté pour aider un prisonnier.
L’audition de mercredi a donné lieu à des critiques cinglantes de la part des députés démocrates à l’égard de la manière dont Bondi a traité l’affaire Epstein, le représentant démocrate du Maryland, Jamie Raskin, l’accusant de « prendre le parti des auteurs » et « d’ignorer les victimes ».
« Si la procureure générale Bondi prétend se soucier des survivantes d’Epstein, pourquoi a-t-elle révélé leur identité tout en censurant les noms des riches pédophiles et agresseurs sexuels qui leur ont fait du mal ? », a écrit Balint dans un post publié sur le réseau social X, mercredi. « Elle doit assumer la responsabilité totale de cette dissimulation et enfin rendre justice aux victimes, qui le méritent. »
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