Amir Ohana : Edelstein devrait bloquer le vote sur l’immunité de Netanyahu
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Amir Ohana : Edelstein devrait bloquer le vote sur l’immunité de Netanyahu

Pour le ministre de la Justice, le président de la Knesset est "celui qui décide" si une commission doit examiner la demande d'immunité du Premier ministre

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (à droite), salue Amir Ohana après la nomination de ce dernier au poste de ministre de la Justice, à la Knesset à Jérusalem, le 12 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (à droite), salue Amir Ohana après la nomination de ce dernier au poste de ministre de la Justice, à la Knesset à Jérusalem, le 12 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Justice, Amir Ohana, a déclaré samedi que le président de la Knesset, Yuli Edelstein, ne devrait pas convoquer un vote en plénière sur la formation de la commission qui examinerait la demande du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour obtenir l’immunité parlementaire contre les accusations de corruption.

Edelstein subit la pression de la part des rivaux politiques de Netanyahu pour organiser un vote sur la formation de la commission de la Chambre, après que le conseiller juridique de la Knesset, Eyal Yinon, a décidé que la commission pourrait être convoquée avant l’élection du 2 mars.

Le président de la Knesset, qui a dit qu’il n’était pas d’accord avec l’avis juridique d’Yinon mais qu’il s’y conformerait, fait également face à des pressions de la part de Netanyahu et de ses alliés pour empêcher le plénum de voter pour former la commission.

« Edelstein a dit quelque chose d’intéressant : ‘Je n’accepte pas l’avis juridique du conseiller juridique de la Knesset’. Et maintenant, j’attends de lui qu’il s’en tienne à ses paroles », a déclaré Ohana à la Douzième chaîne d’information samedi.

Ohana, comme Edelstein, membre du Likud de Netanyahu, a soutenu que le président de la Knesset n’était pas tenu de convoquer le plénum – et qu’il ne devait pas le faire.

« Dans une démocratie, il y a un public à la tête duquel se trouve le président de la Knesset et il est le fonctionnaire élu qui décide si les délibérations auront lieu ou non », a-t-il déclaré.

Le nouveau ministre de la Justice Amir Ohana (à droite) fait rire le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion du Likud. (Hadas Porush/ Flash90)

Le ministre de la Justice a également abordé les affirmations du Likud selon lesquelles M. Yinon n’aurait pas dû être autorisé à rendre sa décision en raison d’un « grave conflit d’intérêts » découlant du fait que sa femme, Amit Merari, fait partie de l’équipe de procureurs qui a travaillé sur les affaires criminelles du Premier ministre.

Tout en reconnaissant le conflit d’intérêts, Yinon a déclaré jeudi, en réponse à une requête de la Haute Cour de justice déposée par le député Likud Miki Zohar, que son avis juridique n’avait aucune incidence sur les affaires actuelles contre Netanyahu ou sur la procédure d’immunité attendue à la Knesset.

Les observations d’Ohana sont survenues un jour après qu’Avi Nissenkorn, membre du parti Kakhol lavan, a demandé à Yinon d’intervenir au sujet de l’échec d’Edelstein à donner suite à une demande des membres de la Knesset de revoir la demande d’immunité de Netanyahu dans ses trois affaires criminelles.

Prenant note de l’avis juridique du conseiller Yinon selon lequel la commission de la Chambre peut être convoquée même si la Knesset est en suspens, M. Nissenkorn a déclaré que M. Edelstein n’avait pas réussi à convoquer l’assemblée plénière pour voter sur la formation de la commission, malgré les appels d’une majorité de députés à le faire.

Kakhol lavan aurait menacé d’évincer Edelstein s’il ne convoquait pas le plénum d’ici le début de la semaine prochaine.

Dans une interview accordée samedi à la Treizième chaîne d’information, Yair Lapid, le numéro deux de Kakhol lavan, a déclaré qu’il était sûr qu’Edelstein ferait le « bon choix » et convoquerait un vote en plénière.

« Je ne veux pas me retrouver en train de menacer le président de la Knesset », a-t-il dit.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (G), et le conseiller juridique de la Knesset, Eyal Yinon, à la Knesset le 7 mai 2013. (Crédit : Flash)

Yinon a statué dimanche qu’Edelstein n’a pas le droit d’empêcher le plénum de la Knesset de former la commission de la Chambre, qui n’est généralement pas convoquée dans un gouvernement de transition.

Les membres de la commission des Arrangements de la Knesset ont voté lundi à 16 contre 5 en faveur de la création et de la dotation en personnel de la commission clé, qui examine les demandes d’immunité. Un vote sur la création de la commission doit également avoir lieu lors de la plénière de la Knesset ouverte à l’ensemble des 120 députés, dont une majorité, dont le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, a déjà déclaré qu’elle soutenait la création de la commission.

Par ailleurs, des factions représentant une majorité de membres de la Knesset demandent à Edelstein de permettre la tenue d’une session plénière dès que possible.

Une fois formée, la commission de la Chambre des représentants va probablement débattre et éventuellement voter sur la demande d’immunité de Netanyahu dans les semaines à venir, peut-être même dans les jours qui précèdent, bien avant le jour des élections.

Le Premier ministre et ses partisans ont fait valoir que la commission de la Chambre ne devrait pas être formée parce que le gouvernement israélien est en transition et aussi parce qu’il n’y a pas suffisamment de temps avant les élections pour que la commission puisse bien évaluer les demandes d’immunité.

Tant que la demande d’immunité de Netanyahu n’est pas soumise au vote, le procureur général Avichai Mandelblit ne peut pas ouvrir de procès contre lui.

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