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Après un week-end violent, Israël impose une fermeture planifiée de la Cisjordanie

4 Palestiniens ont été tués lors d'affrontements et de tentatives d'attentats au cours du week-end ; les autorités ont mis en garde contre les attaques des résidents d'implantation

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens bloquant l'entrée de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 13 octobre 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)
Des soldats israéliens bloquant l'entrée de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 13 octobre 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

L’armée israélienne fermera les points de passage entre la Cisjordanie et Israël pour les Palestiniens pendant les derniers jours de la fête de Souccot, alors que les forces sont déjà en état d’alerte après un week-end violent.

La fermeture, qui concerne également les points de passage avec la bande de Gaza, devrait être effective dimanche à 16h et se terminer lundi à 23h59. Les postes-frontières rouvriront « sous réserve d’une évaluation de la situation et conformément aux heures de fonctionnement habituelles », a déclaré Tsahal.

Des exceptions seront faites pour raisons humanitaires ou autres cas particuliers, mais elles devront être au préalable approuvées par le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires.

Ces fermetures sont une pratique courante pendant les fêtes juives et les jours fériés. L’armée affirme qu’il s’agit d’une mesure préventive contre des attaques à l’occasion des périodes où les tensions sont fortes.

Au cours du week-end, quatre Palestiniens ont été tués et plusieurs autres ont été blessés dans des affrontements et dans des échanges de coups de feu avec les troupes israéliennes.

L’un des Palestiniens à avoir été abattu était un homme armé affilié au groupe terroriste du Hamas, qui a ouvert le feu sur l’implantation de Beit El, blessant légèrement un Israélien.

La police israélienne affrontant des émeutiers palestiniens dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie, le 14 octobre 2022. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Dans le nord de la Cisjordanie, Israël a imposé une fermeture de la ville de Naplouse en début de semaine, peu de temps après la mort d’un soldat israélien dans une fusillade qui a été revendiquée par une faction armée.

Les Palestiniens ne peuvent entrer et sortir de Naplouse qu’après « un contrôle de sécurité strict » via certaines routes qui sont restées ouvertes à cet effet.

Dimanche, le COGAT a retiré les permis d’entrée en Israël de 164 parents de membres du groupe armé incriminé dans la mort du soldat, un groupe qui se fait appeler « Fosse au lion ».

Des membres de Lion’s Den à Naplouse, le 3 septembre 2022. (Autorisation)

L’armée israélienne et la police sont en état d’alerte maximal depuis le début des fêtes du Nouvel an juif, avec des tensions déjà fortes en raison d’une offensive anti-terroriste israélienne qui a fait plus de 100 morts du côté palestinien et qui a entraîné plus de 2 000 arrestations au cours d’opérations nocturnes qui ont eu lieu dans toute la Cisjordanie.

Le nord de la Cisjordanie a connu une recrudescence des violences ces derniers mois. Des hommes armés palestiniens ont attaqué à plusieurs reprises des postes militaires, des soldats déployés le long de la barrière de sécurité en Cisjordanie, des implantations israéliennes ou encore des civils sur les routes.

L’envoyé des Nations unies au Moyen-Orient a déclaré avoir eu samedi des « réunions constructives » avec des « personnalités déterminantes » dans les villes de Naplouse et de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, avec pour objectif de tenter de rétablir le calme.

Tor Wennesland, coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, a déclaré avoir « discuté de la détérioration de la situation sécuritaire et de la manière de faire renaître l’espoir d’une solution politique ».

« Il est important de désamorcer les tensions et de se concentrer sur des mesures concrètes et durables qui amélioreront la situation », a-t-il ajouté dans un message publié sur Twitter.

Le Coordinateur spécial pour la paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland, lors d’une visioconférence avec le Conseil de Sécurité, le 26 janvier 2021. (Crédit : Daniela Penkova/UNSCO)

Alors que les troubles se sont étendus à Jérusalem la semaine dernière après la mort d’une soldate israélienne qui gardait un poste de contrôle près du camp de réfugiés de Shuafat, la situation dans la capitale a semblé se calmer au cours du week-end, avec peu d’incidents violents enregistrés.

Durant plusieurs nuits, les Palestiniens de Jérusalem-Est ont affronté la police et des civils en raison des activités renforcées des services de sécurité israéliens à Shuafat, dans le cadre des recherches du tireur présumé qui se cacherait apparemment dans la zone et qui est aujourd’hui toujours en fuite.

Vendredi matin, la police a déployé quatre compagnies de réserve dans la capitale, anticipant de nouveaux troubles.

Selon les forces de l’ordre, plus de 50 personnes ont été arrêtées – dont plusieurs Juifs israéliens – pour des émeutes présumées à Jérusalem au cours de la semaine dernière.

Des jeunes Palestiniens affrontant les forces de sécurité israéliennes dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem, le 12 octobre 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

En Cisjordanie, les responsables de la sécurité ont mis en garde contre une augmentation des attaques anti-palestiniennes commises par les résidents d’implantations, qui ont surtout eu lieu dans le secteur de Huwara, dans le nord de la Cisjordanie, près de Naplouse.

Ces dernières semaines, des Palestiniens ont lancé des pierres sur des véhicules israéliens circulant dans la zone, ce qui a conduit les résidents d’implantations à attaquer des civils palestiniens, des maisons et des devantures de magasins en représailles.

Huwara est depuis longtemps un lieu sensible en Cisjordanie. Cette localité est l’une des rares villes palestiniennes que les Israéliens traversent régulièrement pour se rendre dans les implantations du nord de la Cisjordanie.

Des images ont également montré des soldats israéliens se tenant aux côtés de résidents d’implantations alors que ces derniers attaquaient des Palestiniens à Huwara.

Un Palestinien lançant une pierre sur des résidents d’implantations israéliens et un soldat israélien lors d’affrontements à Huwara, près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 13 octobre 2022. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Dans un message adressé aux résidents, l’implantation voisine de Har Bracha a condamné les attaques des résidents d’implantations.

« À la suite d’une émeute perpétrée par plusieurs dizaines de Juifs à Huwara, il y a eu un embrasement dans le village et de nombreux jets de pierres. Ces émeutes aggravent la situation déjà très complexe dans laquelle nous nous trouvons, et rendent la conduite sur la route impossible », a dit le message.

Il précise qu’il a été demandé aux forces de l’ordre de « s’occuper de cette bande violente ».

Des soldats israéliens intervenant en Cisjordanie, le 12 octobre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Les forces israéliennes ont multiplié les opérations antiterroristes en Cisjordanie depuis une série d’attentats qui ont fait 19 morts du côté israélien, au printemps dernier.

Lors de raids d’arrestation qui ont eu lieu à travers la Cisjordanie aux premières heures de la matinée de dimanche, les troupes ont arrêté six Palestiniens recherchés et saisi des armes et des munitions, a déclaré Tsahal.

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