Au sud de la mer Rouge, l’Iran fait peser une menace directe sur Israël
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Interview

Au sud de la mer Rouge, l’Iran fait peser une menace directe sur Israël

Shaul Chorev, ancien contre-amiral ayant dirigé la Commission de l'énergie atomique israélienne, estime que l'accord nucléaire était "raisonnable" et doute que Trump obtienne mieux

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Un pétrolier en feu dans le golfe d'Oman, le 13 juin 2019, près du détroit stratégique d'Ormuz où deux navires auraient été attaqués. (AP Photo/ISNA)
Un pétrolier en feu dans le golfe d'Oman, le 13 juin 2019, près du détroit stratégique d'Ormuz où deux navires auraient été attaqués. (AP Photo/ISNA)

Alors que l’Iran tente d’intimider les États-Unis pour obtenir une levée des sanctions économiques qu’il subit, notamment en capturant des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, un grand expert israélien prévient qu’Israël serait très vulnérable si Téhéran étendait cette tactique à une autre voie maritime stratégique.

Le Prof. Shaul Chorev, contre-amiral à la retraite dirigeant le Centre de politiques et de recherche stratégique maritimes de l’Université de Haïfa, note qu’en août 2018, les rebelles yéménites houthis soutenus par l’Iran ont attaqué deux pétroliers saoudiens dans le détroit de Bab-el-Mandeb, l’entrée méridionale de la mer Rouge. Cet incident avait poussé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à mettre directement en garde l’Iran contre toute tentative de blocage du détroit et à promettre qu’Israël et une « coalition internationale déterminée » l’en empêcheraient.

Un bon tiers des échanges commerciaux d’Israël se fait avec l’Extrême-Orient, souligne l’expert, des milliards de dollars d’importations et d’exportations israéliennes passent par Bab-el-Mandeb, c’est pourquoi le pays « doit s’inquiéter » de ce qu’il s’y passe. Dans un récent compte-rendu stratégique établi par son centre de recherches, il exhortait Jérusalem à formuler une stratégie globale pour faire face à la menace « via une coalition navale avec les forces occidentales opérant dans la région, ou de façon indépendante ».

Israël ne navigue pas dans le détroit d’Ormuz, souligne dans notre interview Shaul Chorev, ancien commandant de la marine pour les sous-marins et les bateaux lance-missiles (même si le ministre israélien des Affaires étrangères aurait dit mardi qu’Israël participait à une mission navale chapeautée par les États-Unis pour y sécuriser la navigation maritime, déclenchant un torrent de menaces iraniennes et des crtiiques irakiennes). Israël emprunte bien, en revanche, le détroit de Bab-el-Mandeb, indique-t-il, « et nous sommes vulnérables là-bas ». L’Iran « peut nous prendre pour cible ».

Dans cette vaste et franche interview, l’expert de 72 ans, qui a dirigé la Commission de l’énergie atomique israélienne de 2007 à 2015, prévient également que l’Agence internationale pour l’énergie atomique de l’ONU (AIEA) n’est pas capable de déjouer un programme d’armement nucléaire secret, qu’une nation déterminée à se doter d’armes nucléaires y parviendra et qu’il n’y a aucune garantie que l’Iran ne dispose pas déjà de la bombe.

Ce qui suit est une retranscription de cet entretien mené en hébreu à Tel Aviv la semaine dernière. Il aborde la sécurité nucléaire, la prolifération des armes nucléaires, le rôle de l’AIEA et les menaces suscitées par l’Iran.

Times of Israel : Commençons par la question de la sûreté nucléaire. Le programme israélien est-il protégé contre les types de désastres qui ont frappé Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011 ?

Shaul Chorev (Photo credit: Channel 2 Screen Shot)
Shaul Chorev (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Prof. Shaul Chorev : Personne ne devrait dire que ça ne lui arrivera jamais. Après Fukushima [la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, provoquée par un tsunami suivie d’un séisme], les gens se demandaient comment cela avait pu se produire au Japon. Ils sont si prudents. Cela montre bien que…

Après Fukushima, l’AIEA voulait venir ici vérifier que tout allait bien. Les normes et régulations en vigueur aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a 20-30 ans. Le problème n’est pas seulement la sécurité. Depuis le 11 septembre, il faut se prémunir contre différents scénarios, comme un avion qui s’écrase sur un réacteur. Il s’agit aussi de sécurité. À Karlsruhe [une usine de retraitement nucléaire en Allemagne], en 2001, un employé a volé du plutonium et tenté d’empoisonner son ex-femme.

Israël n’est pas signataire du Traité de non-prolifération nucléaire. L’AIEA ne peut donc pas accéder à Dimona [connu officiellement comme le Centre Shimon Peres de recherche nucléaire du Néguev]. Mais le réacteur de recherche Nahal Soreq nous a été fourni par les États-Unis, par le président Eisenhower, dans le cadre du programme Atoms for Peace [Atomes pour la paix]. Lorsque l’AIEA a été créée, à peu près au même moment, les États-Unis l’ont laissé accéder à Nahal Soreq. [Le réacteur Soreq opère sous le contrôle de l’agence onusienne.]

View of the Israeli nuclear reactor located in the Sorek valley in the Judean hills.(photo credit: Yaakov Naumi/Flash90)
Vue du réacteur nucléaire situé dans la vallée du Sorek dans les collines de Judée. (Crédit photo : Yaakov Naumi/Flash90)

En juillet 2013, au lendemain de Fukushima, l’AIEA est venue, dans le cadre de la mission INSARR (Service d’évaluation intégrée de la sûreté des réacteurs de recherche). Nous avons bien préparé la visite. Ils sont venus, ont vérifié, et nous avons passé le test haut la main. Et nous avons ensuite appliqué les mêmes normes [de sécurité] à Dimona. Le public peut donc savoir que tout va bien.

Les Israéliens n’ont rien à craindre ?

Notre scénario catastrophe n’est pas le pire qui soit ; cela toucherait une zone très limitée. Lorsque Ariel Sharon était Premier ministre, les dangers ont été réévalués ; les scénarios catastrophes ont été examinés. Les chefs de conseil local ont été impliqués. Certains ont visité Dimona. Certains ne voulaient pas savoir ; ils ne voulaient pas être tenus au courant.

La probabilité que ces scénarios se réalisent est proche de zéro. Mais bien sûr il faut un plan intégré, avec les autorités locales, les services d’urgence. Il faut donner des instructions à la population. Des plans d’évacuation sont nécessaires. L’État d’Israël a acheté des pilules de Lugol en cas d’expositions aux radiations — en nombre suffisant pour en administrer aux personnes potentiellement touchées.

Un jeune garçon est examiné avant d’entrer dans le centre d’évacuation de Fukushima, au Japon, le 1er avril 2011. (Crédit : AP Photo/Wally Santana)

Pour résumer : il ne peut pas y avoir de transparence totale pour Dimona, mais on peut mettre au point un plan adapté à tous les scénarios possibles. Et il faut le faire. Le cœur de la centrale doit être productif ; mais la sécurité avant tout.

La Commission de l’énergie atomique israélienne comprend une autorité de sûreté nucléaire, mais elle rend directement des comptes au Premier ministre. La commission ne peut pas bloquer une demande de sécurité émise par l’autorité. C’est bien, mais je pense qu’il est temps de procéder à une réforme, qui rendrait l’autorité pleinement indépendante de la commission. C’est ce qui se passe en France, par exemple.

L’âge du cœur de Dimona, qui approche les 60 ans, n’est pas une source d’inquiétude ?

Cela implique plus de vérifications et de procédures — comme pour une vieille voiture. Ce n’est pas l’idéal, mais personne ne va nous en donner un nouveau. Nous ne sommes pas signataire du Traité de non-prolifération [TNP].

Vue partielle de la centrale nucléaire de Dimona, dans le Néguev, au sud d’Israël, le 8 septembre 2002. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Nous ne pouvons pas construire le nôtre ?

Nous devons rester discrets. L’Iran [qui a ratifié le traité] demande pourquoi Israël ne l’a pas signé. Bien sûr, le fait est que quatre des cinq pays le violant se trouvent dans cette région — l’Iran, l’Irak, la Libye et la Syrie, le cinquième étant la Corée du Nord. Le TNP n’a pas l’air de fonctionner là-bas.

Pensez-vous que la Russie ait tiré toutes les leçons de Tchernobyl ? Elle utilise toujours 10 réacteurs du même type que celui qui a explosé, avec certes des améliorations sécuritaires.

Les Russes semblent avoir des problèmes d’exploitation. Le sous-marin [nucléaire] Koursk [perdu en mer en 2000, avec la mort des 118 membres de l’équipage]. L’incendie sous-marin [survenu à bord du navire nucléaire Locharik le mois dernier et ayant fait 14 morts]. Tchernobyl. Il y a peut-être un problème dans leur façon de planifier les choses.

Le château du sous-marin nucléaire Kursk russe apparaît à la surface dans le port de Roslyakovo, près de Mourmansk, en Russie, le 23 octobre 2001. (Crédit : AP Photo/Pool, File)

Que pensez-vous de l’accord nucléaire signé avec l’Iran en 2015 [défendu par le président Obama et dénoncé par le Premier ministre, dont s’est retiré le président Trump en mai 2018] ?

Il est raisonnable. Il y a des failles. Je comprends que le Premier ministre ne veuille pas en faire partie. Il ne voulait pas lui accorder une légitimité. Il n’aborde pas la question du système de livraison [d’une éventuelle tête nucléaire] — les missiles balistiques. Il n’aborde pas celle du terrorisme. Mais ce n’était pas son but.

Certaines clauses n’arriveront à expiration que dans 10 ans environ, mais même après cela, il existe un accord d’inspection avec l’AIEA, un protocole supplémentaire encore plus rigoureux.

Si Trump arrive à obtenir mieux, d’accord. Mais ce n’est pas facile de parvenir à un accord avec les P5+1. Il ne fait pas de progrès avec l’Iran, ou avec la Corée. Mais les sanctions commencent à avoir leur effet. Il arrivera peut-être à ce qu’il veut.

Vous décrivez une position à l’opposé de celle de Netanyahu.

Un État qui veut la bombe l’aura quoi qu’il arrive. Un État qui développe un programme secret ne sera pas mis à mal par l’AIEA, mais plutôt par les agences de renseignements de pays comme Israël ou les États-Unis. L’AIEA ira alors vérifier les allégations.

Dans 6-12 mois, nous verrons si Trump parvient à un meilleur accord ou à une meilleure réalité. Mais l’accord n’est certainement pas un désastre.

Mais Netanyahu affirme que l’Iran ment toujours sur son programme nucléaire et semble croire que l’AIEA n’est pas suffisamment sérieuse dans ses enquêtes, ou ne dispose pas des clauses suffisantes pour effectuer des inspections efficaces.

En 2003, les États-Unis envahissaient l’Irak. Saddam a perdu. L’Iran pensait être le prochain sur la liste. Ils ont alors arrêté leur programme secret. Mais ils n’ont rien révélé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, prononce un discours sur les archives iraniennes obtenues par le Mossad, documentant le programme nucléaire iranien, au ministère de la Défense à Tel Aviv le 30 avril 2018. (Crédit : AFP / Jack Guez)

Le Premier ministre dit que nous avons révélé qu’ils développaient des armes nucléaires. Que toutes les preuves sont là, qu’ils ont menti. Et que s’ils ont menti par le passé, ils mentiront de nouveau.

Moi, je crois que s’ils veulent en développer, ils le feront. Sauf s’ils décident que ce n’est pas dans leur intérêt de le faire, comme ce fut le cas de la Libye.

Il faut donc les moyens de renseignements d’Israël et des États-Unis [pour les surveiller de près]. Nous n’avons pas découvert de violation en cours. Et l’AIEA dit que l’accord est respecté [même si le mois dernier l’Iran a déclaré avoir dépassé les limites fixées concernant les réserves d’uranium appauvri et annoncé qu’il enrichissait de l’uranium au-dessus du niveau limite de 3,67 fixé par l’accord].

L’Iran indique aujourd’hui qu’il augmentait ses niveaux d’uranium enrichi, car Trump s’est retiré de l’accord. Je pense que c’est un cas de donnant-donnant. Ils ne rompent pas l’accord. Et il ne les attaque pas.

Trouvez-vous les droits d’inspection de l’AIEA accordés par l’accord adaptés ?

L’AIEA peut inspecter les sites déclarés, et si elle obtient des informations [concernant des activités suspectes], elle peut exiger de voir d’autres sites. En 2009, lorsque [l’usine d’enrichissement que l’Iran avait bâtie en secret dans un flanc montagneux près de] Qom a été révélée, nous avons transmis les informations à l’agence, et elle est allée vérifier.

(De gauche à droite) La secrétaire générale du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) Helga Schmid, la directrice générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique AIEA Yukiya Amano et le député politique au ministère des Affaires étrangères de l’Iran Abbas Araghchi assistent à une réunion spéciale de la Commission mixte des parties au JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) sur l’accord nucléaire iranien au palais de Coburg, à Vienne, en Autriche, le 25 mai 2018. (AFP Photo/Joe Klamar)

Je devrais souligner que cela fait quatre ans que je ne suis plus en poste [à la tête de la commission de l’énergie atomique]. Mais quand j’allais voir [le directeur de l’AIEA récemment disparu, Yukiya] Amano, il disait, si vous avez des preuves [d’activités nucléaires iraniennes secrètes], donnez-les nous. De préférence, toutes à la fois [si d’autres pays en ont aussi]. Alors je pourrais envoyer mes inspecteurs.

Je pense véritablement que l’AIEA n’aurait pas dû prendre part à l’accord. Elle devrait être un organe de surveillance, d’inspection. C’est ce qu’Israël voulait à juste titre. C’est Obama qui a encouragé l’AIEA à en être partie.

Le Premier ministre a également raison quand il dit que c’était une erreur de ne pas avoir sanctionné l’Iran pour ses précédents efforts d’armement nucléaire. On aurait dû demander à l’Iran de s’expliquer sur son comportement passé. Lorsque l’Afrique du Sud a arrêté, elle a tout révélé. Ça revêt une symbolique importante. Il y avait peut-être huit sujets sur lesquels ils devaient s’expliquer auprès de l’agence. À Parchin, par exemple, ils ont tout nettoyé pour dissimuler toute trace. L’AIEA l’a vu. Ça n’a jamais été clarifié. C’était une erreur.

L’Iran dispose-t-il déjà de la bombe, grâce à la Corée ?

Je ne sais pas. En Syrie, où nos services de renseignements pensent savoir ce qu’il se trame, ils bâtissaient un programme d’armement nucléaire sous nos yeux. [Israël a confirmé l’année passée avoir détruit le réacteur du président construit par la Corée du Nord lors d’un raid aérien en 2007.] Nous devons être vigilants à tout instant.

Le pilote d’un avion de chasse F-15I, du 69e Escadron de l’armée de l’air israélienne, monte dans son avion avant une opération de bombardement d’un réacteur nucléaire syrien à Deir Ezzor le 5 septembre 2007. (Tsahal)

Devrions-nous nous inquiéter d’autres programmes d’armement potentiels dans la région ?

L’Iran dit, l’Arabie Saoudite est notre ennemi. L’Irak était notre ennemi. Nous avons la Russie au nord. Nous ne sommes pas une puissance régionale. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être une puissance nucléaire.

Donc l’Arabie Saoudite et l’Égypte disent, si l’Iran se dote de l’arme nucléaire, alors nous aussi.

Nous devons savoir si le régime saoudien est stable, transparent, fiable. Notons que les Saoudiens ont passé un accord avec la Chine pour des missiles balistiques à longue portée. Il y a des rumeurs d’accord avec le Pakistan pour leur donner la bombe. Des rumeurs.

Dès qu’il y aura un programme nucléaire [pacifique] dans la région, nous devrons être sur nos gardes. Le Pakistan et l’Inde ont développé leur bombe dans le cadre du programme Atoms for Peace [le Pakistan grâce aux États-Unis ; l’Inde avec l’aide du Canada], bien qu’ils eussent promis le contraire.

Cela commencera par un programme civil, mais l’Égypte, l’Arabie Saoudite ne sont pas les États les plus stables qui soient. Tout peut arriver.

La Russie fait pression sur la Jordanie pour qu’elle l’autorise à lui mettre au point un programme nucléaire pacifique. Le réacteur de Bouchehr [de l’Iran], commencé par l’Allemagne, a été finalisé par la Russie.

Revenons-en à l’Iran, vers qui tous les regards sont tournés actuellement, et à ce dont Israël doit s’inquiéter.

Ils n’ont pas commis de violation majeure de l’accord. Ils pourraient dire que c’est le cas de Trump [quand il s’en est retiré]. L’accord limite l’enrichissement à 3,67 %, mais un signataire du TNP peut enrichir jusqu’à 20 %. Les deux camps s’adonnent à une stratégie de la corde raide — ils se provoquent et se testent en permanence.

Ce qui nous conduit aux préoccupations maritimes sur lesquelles vous vous concentrez aujourd’hui.

Ce qu’il se passe dans le détroit d’Ormuz, [l’intimidation et désormais la saisie de pétroliers par l’Iran], est entièrement lié à l’accord nucléaire. Les sanctions ont un effet. L’Iran dit que s’il est sanctionné et ne peut pas vendre de pétrole, il s’assurera qu’aucun autre pays ne le puisse non plus.

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L’Iran prévient que s’il est attaqué, il fermera le détroit. Eh bien, 20 % du pétrole mondial passe par le détroit d’Ormuz. [Certains évaluent plutôt à 30 %]

Un hélicoptère livre des équipements au porte-avions américain USS Abraham Lincoln en Méditerranée qui se dirige vers le Golfe persique, le 8 mai 2019. (Crédit : US Navy/Michael Singley)

Ils calibrent. Ils saisissent des pétroliers pour montrer qu’ils disposent eux aussi de moyens stratégiques.

Et où se tient Israël par rapport à cette escalade des tensions ?

Nous n’avons pas acheté de pétrole à l’Iran depuis l’époque du shah. Nous ne naviguons pas dans le détroit d’Ormuz. Mais l’attaque d’août dernier à Bab al-Mandab [l’étroit détroit dans le sud de la mer Rouge en face du Yémen, de Djibouti et de l’Érythrée] sur des pétroliers saoudiens par des rebelles houthis alliés à l’Iran a prouvé qu’Israël devait s’inquiéter. Nous réalisons un tiers de nos échanges commerciaux avec l’Extrême-Orient.

Et là, en revanche, nos bateaux circulent.

Oui, et nous sommes vulnérables dans cette zone. Ils peuvent directement nous prendre pour cible. Quand un ministre dit que nous sommes le seul pays à tuer des Iraniens…

…ça n’aide pas. Pour finir, votre opinion sur l’accord de 2015, qui serait « raisonnable », selon vous, fait-elle consensus parmi les experts israéliens ?

Je me trompe peut-être. Il se peut que Trump obtienne un meilleur accord. Mais j’en doute.

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