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Autour des barrages, la diplomatie n’est pas un long fleuve tranquille

Alors que s'ouvre mercredi à New York la conférence de l'ONU sur l'eau, plusieurs barrages fluviaux à travers le monde attisent les tensions entre pays en amont et en aval

Le Nil coule depuis le Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD) à Guba, en Éthiopie, le 19 février 2022. (Crédit : Amanuel SILESHI / AFP)
Le Nil coule depuis le Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD) à Guba, en Éthiopie, le 19 février 2022. (Crédit : Amanuel SILESHI / AFP)

Le Nil

L’Egypte, qui tire du fleuve 97 % de ses besoins en eau, voit rouge lorsque l’Ethiopie entame en 2011 la construction de son Grand barrage de la renaissance (Gerd) sur le Nil Bleu, qui rejoint au Soudan le Nil Blanc pour former le Nil.

La position du Soudan varie au cours des années, tantôt proche d’Addis Abeba, tantôt proche du Caire. Dernier revirement en date, le général Abdel Fattah al-Burhane, à la tête du pays, affiche en janvier son « accord » avec le méga-barrage.

L’Ethiopie considère le Gerd comme essentiel à son développement et estime qu’il ne perturbera pas le débit du fleuve.

Cette vue générale montre le site du Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD) à Guba, en Éthiopie, le 19 février 2022. (Crédit : Amanuel SILESHI / AFP)

Le Tigre et l’Euphrate 

En 1981, la Turquie se lance dans la construction d’un gigantesque complexe hydraulique sur les deux fleuves, appelé le projet du sud-est anatolien (GAP) et constitué de nombreux barrages.

Sur l’Euphrate, en aval, le débit diminue de 40 % pour la Syrie et de 90 % pour l’Irak.

Ce dossier alimente toujours les tensions entre Ankara et Bagdad. Alors que l’Irak demande régulièrement à la Turquie de libérer plus d’eau pour combattre la sécheresse, l’ambassadeur de Turquie en Irak, Ali Riza Güney, a provoqué l’indignation en juillet en accusant les Irakiens de gaspiller l’eau.

Cette photo prise le 26 juillet 2021 montre une vue de l’Euphrate près du barrage de Tabqa de 1973 (non visible) dans la province de Raqqa, dans l’est de la Syrie. (Crédit : Delil SOULEIMAN / AFP)

Le Mékong

La Chine, qui a érigé ou financé des dizaines de barrages sur son territoire et chez ses voisins en aval du Mékong, est accusée d’avoir exacerbé la sécheresse du fleuve, ce qu’elle récuse.

Le Mékong abrite la biodiversité aquatique la plus importante du monde après l’Amazone, avec notamment 1 300 espèces de poissons. Et il est vital pour la survie de dizaines de millions de personnes en Asie du Sud-Est.

En 2019, la société américaine Eyes on Earth, s’appuyant sur des données satellitaires, accuse Pékin d’avoir retenu de grandes quantités d’eau, amenant le fleuve en aval par endroits à son plus bas niveau en plus de 50 ans. Washington impute alors à Pékin la responsabilité de graves sécheresses au Laos, en Thaïlande, au Cambodge et au Vietnam, des accusations rejetées par la Chine.

Le ministère chinois des Affaires étrangères fait au contraire valoir que « la Mekong River Commission (MRC) a publié des rapports de recherche selon lesquels la cascade de réservoirs du fleuve Lancang en Chine a pour fonction de limiter les inondations pendant la saison des pluies et de libérer l’eau pendant la saison sèche, ce qui contribue à maintenir la stabilité du débit du Mékong ».

L’Indus

Le Traité des eaux de l’Indus, péniblement ratifié en 1960 sous l’égide de la Banque mondiale, régule la répartition de l’eau entre Pakistan et Inde. Mais il fait l’objet de nombreux contentieux.

Le Pakistan craint que l’Inde ne coupe l’eau lors des saisons stratégiques pour l’agriculture, une menace brandie par New Delhi ces dernières années.

Les tensions sont notamment palpables sur le Neelum, un sous-affluent de l’Indus, sur lequel les deux pays ont bâti des centrales hydroélectriques concurrentes. Le Pakistan, craignant que la centrale indienne ne réduise l’eau qui lui parvient, a saisi la Banque mondiale de plusieurs recours.

Le rio Parana

Le barrage et la centrale hydroélectriques d’Itaipu, situés sur le fleuve Parana à la frontière entre le Brésil et le Paraguay, sont régulièrement source de tensions entre les deux pays, qui en sont copropriétaires.

Signé en 1973 au début de la construction de l’ouvrage, le traité répartissant l’énergie produite entre les deux pays est rapidement remis en cause par Asuncion, qui souhaite percevoir davantage d’argent pour l’énergie vendue au Brésil, consommateur d’environ 85 % de l’électricité produite.

Des oiseaux survolent la rivière Old Parana, lors d’une sécheresse à Rosario, en Argentine, le 29 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Victor Caivano, File)

Le Brésil accepte en 2009 de tripler la somme versée annuellement au Paraguay, mais refuse alors que l’énergie produite puisse être vendue à des pays tiers.

En 2019, un nouvel accord de distribution de l’énergie est annulé trois mois après sa signature secrète, sur fond de crise politico-diplomatique entre les deux pays, toujours autour du prix de l’électricité vendue au Brésil, qui serait, selon certains experts, préjudiciable pour le Paraguay. Les conditions financières seront de nouveau un élément central de la renégociation du traité convenue pour 2023, mais à court terme, le Paraguay estime déjà qu’il n’y a pour l’heure pas de consensus entre les deux pays.

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