Bat Yam : L’Arabe battu par des extrémistes juifs lance un appel au calme
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Bat Yam : L’Arabe battu par des extrémistes juifs lance un appel au calme

Saeed Mousa décrit l'agression sans pitié des extrémistes, qui a été filmée : "J'allais à la plage. Qu'ai-je fait pour mériter ça ? Je suis né Arabe, c'est ma faute ?"

Saeed Mousa, un Arabe israélien agressé par des extrémistes juifs, à l'hôpital Ichilov, le 14 mai 2021. (Capture d'écran)
Saeed Mousa, un Arabe israélien agressé par des extrémistes juifs, à l'hôpital Ichilov, le 14 mai 2021. (Capture d'écran)

Un homme arabe qui a été attaqué mercredi et sauvagement frappé par des Juifs, à Bat Yam, a raconté son agression. Il a lancé un appel en faveur de la coexistence entre Juifs et Arabes.

Saeed Mousa, père de quatre enfants et originaire de Ramle, se trouvait à bord de sa voiture alors qu’il était parti profiter de la fraîcheur sur la plage, à la tombée de la nuit, lorsqu’il a été accosté par des dizaines d’extrémistes juifs de droite, sortis pour fomenter des troubles et commettre des actes de vandalisme qui, selon eux, venaient répondre aux émeutes arabes et aux violences qui ont éclaté pendant la semaine.

Mousa se trouvait au volant lorsque les voyous ont remarqué qu’il était Arabe. Ils l’ont agressé.

« J’étais allé à la plage. Je ne savais pas qu’ils avaient commencé à faire une distinction entre Juifs et Arabes dans le pays », a-t-il confié à la Douzième chaîne depuis son lit d’hôpital, à l’hôpital Ichilov.

Lynchage d’un Arabe à Bat Yam, diffusé en direct à la télévision le 12 mai 2021. (Capture d’écran)

« J’étais sur la route. Un individu est arrivé et il m’a dit : ‘Quoi, tu es Arabe ?’ et je lui ai répondu : ‘Oui, il y a un problème ?’. Après ça, j’ai vu 30 personnes se jeter sur ma voiture », a-t-il relaté.

Mousa a tenté d’échapper à ses agresseurs en reculant, mais il a embouti le véhicule qui se trouvait derrière lui. Il a alors appuyé sur l’accélérateur, les attaquants s’écartant vivement de sa trajectoire, avant de rentrer dans une autre voiture. Il a alors été sorti de l’habitacle par les extrémistes qui, pour certains, ont affirmé que la victime avait tenté d’écraser des piétons, et il a ensuite été battu avec férocité.

« J’ai essayé de m’enfuir », a-t-il expliqué. « Quoi ? Si j’ai voulu blesser des gens ? Non, j’ai essayé de fuir mais je n’y suis pas parvenu. Vous avez bien vu ce qu’il s’est passé ».

Mousa a été pris en charge à Ichilov dans un état grave. Son état s’était beaucoup amélioré samedi.

« J’allais à la plage, pour prendre un peu de temps libre. Je ne pensais pas que j’allais revenir à mes enfants dans cet état », continue-t-il, le visage rempli d’hématomes. « Qu’est-ce qu’on me reproche ? Je suis né Arabe, c’est ma faute ? »

Malgré la violente attaque qui a été filmée en direct par la chaîne Kan, Mousa a appelé à la paix entre Juifs et Arabes.

« Nous sommes tous des êtres humains. Nous vivons tous ensemble depuis longtemps », s’est-il exclamé.

La semaine dernière a été marquée par une escalade des tensions ethniques entre Juifs et Arabes dans les villes israéliennes, dans le contexte du conflit armé à Gaza.

Mercredi, l’État juif a connu sa pire nuit d’émeutes entre Juifs et Arabes depuis des années, alors que les scènes d’agitations, d’échauffourées, de rassemblements haineux et un désordre social croissant se sont multipliés dans de nombreuses villes, dont certaines étaient considérées comme des symboles de coexistence.

Plusieurs personnes, Juives et Arabes, ont été attaquées et grièvement blessées dans des fusillades et dans des agressions physiques.

Jeudi soir, deux civils et un policier auraient essuyé des tirs de la part d’attaquants arabes à Lod et à Ramlé et, à Jaffa, un soldat de 19 ans se trouvait dans un état grave après avoir été violemment frappé, souffrant d’une fracture du crâne et d’une hémorragie cérébrale, a noté l’hôpital Ichilov de Tel Aviv.

A Jaffa, vendredi soir, une bombe artisanale a été lancée en direction d’une habitation du quartier Ajami, blessant deux enfants arabes – un garçon de 12 ans et une fillette de 10 ans. La police a immédiatement ouvert une enquête. Des images enregistrées par les caméras de sécurité montrent deux individus encagoulés marchant dans une allée, à proximité de la maison, avant qu’elle ne soit attaquée.

Mor Ganashvili, Un Israélien agressé par des Arabes, à l’hôpital Ichilov, le 14 mai 2021. (Capture d’écran : Vidéo)

Mor Ganashvili, un homme qui a été grièvement blessé mercredi après avoir été agressé par un voyou arabe à Akko, une ville du nord du pays, a déclaré à la Douzième chaîne qu’il avait cru qu’il ne s’en sortirait pas vivant.

« Cette foule s’est jetée sur ma voiture. Des individus ont essayé d’ouvrir la porte pour me faire sortir et m’agresser », a-t-il commenté, vendredi, devant les caméras de la chaîne.

Les responsables israéliens ont appelé au calme tout en faisant appel aux réservistes de la police et de la police des frontières, les forces de l’ordre ayant été dépassées par le nombre d’incidents violents survenus sur tout le territoire.

Des centaines de personnes ont été arrêtées pour avoir pris part à ces émeutes.

Les mouvements de protestation arabes en soutien aux Palestiniens et sur le mont du Temple/Haram al-Sharif se sont propagés, au début de la semaine dernière, dans tout le pays – entraînant des attaques de représailles des Juifs. Plusieurs personnes ont été blessées par balle et d’autres ont été lynchées par des foules déchaînées. Un grand nombre de ces agressions ont été filmées.

Des secouristes évacuent un homme blessé lors d’affrontements entre Arabes et Juifs à Akko, dans le nord d’Israël, le 12 mai 2021. (Crédit : Roni Ofer/Flash90)

Vendredi, les services de sécurité du Shin Bet ont fait savoir qu’elles aideraient aux efforts de prévention des violences entre Juifs et Arabes dans les villes où coexistent les deux communautés – des violences que l’agence a qualifié de « terrorisme à tous les égards ».

« Nous ne permettrons pas aux émeutiers violents d’imposer la terreur dans les rues d’Israël, Arabes ou Juifs de la même façon », a déclaré le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, qui a ajouté que le Shin Bet « utilisera toutes ses capacités d’action contre tous ceux qui s’en prendront aux citoyens israéliens, Juifs et Arabes, et ce jusqu’à ce que le calme soit revenu dans les rues du pays ».

Ces émeutes surviennent alors qu’un conflit oppose Israël et les groupes terroristes de Gaza qui ont envoyé 2 300 roquettes tirées depuis l’enclave côtière, tuant dix Israéliens. L’armée a répondu par des frappes aériennes à Gaza, des frappes qui ont fait 145 morts, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas. L’État juif a fait savoir que des dizaines de personnes tuées à Gaza appartenaient à des groupes terroristes.

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