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Bennett dit à Merkel que l’Iran est plus proche que jamais de l’arme nucléaire

Le Premier ministre a juré que Téhéran n'aurait jamais la bombe ; la chancelière a répété l'attachement de l'Allemagne à la sécurité du pays

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett accueille la chancelière allemande Angela Merkel pendant une réunion spéciale du cabinet à Jérusalem, le 10 octobre 2021. (Crédit : Amos Ben Gershom GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett accueille la chancelière allemande Angela Merkel pendant une réunion spéciale du cabinet à Jérusalem, le 10 octobre 2021. (Crédit : Amos Ben Gershom GPO)

Durant une rencontre spéciale du cabinet ministériel à laquelle a assisté, dimanche, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre Naftali Bennett a indiqué que le programme sur le nucléaire iranien n’avait « jamais été aussi avancé » et il a promis que l’État juif ne permettra pas à l’Iran de se doter de la bombe atomique.

« Une bombe atomique entre les mains d’un régime aussi radical, aussi violent, changerait le visage de la région et du monde », a déclaré Bennett au King David Hotel de Jérusalem. « Pour nous, ce n’est pas un problème stratégique. C’est une question existentielle. »

Bennett a indiqué qu’au cours des trois dernières années, la République islamique avait « fait un pas de géant dans sa capacité à enrichir de l’uranium ».

« Le monde attend, les Iraniens reportent et les centrifugeuses tournent », a-t-il ajouté.

Les négociateurs des États-Unis et des pays européens signataires de l’accord sur le nucléaire de 2015, le JCPOA, attendent encore le retour à la table des discussions d’Ebrahim Raissi, président iranien issu de la ligne dure du régime – des pourparlers dans l’impasse depuis le mois de juin à Vienne.

Bennett a aussi demandé aux ministres présents de se focaliser sur des dossiers bilatéraux déterminants avec l’Allemagne, et notamment sur le soutien apporté aux survivants de la Shoah, sur le renforcement des liens économiques et sur l’approfondissement des relations individuelles entre les deux pays.

« Je veux profiter de cette occasion pour vous faire part de la profonde reconnaissance de la part d’Israël de votre présence à nos côtés au fil des années, une présence en mots et, bien plus important, une présence en actes », a déclaré Bennett à Merkel en conclusion.

Merkel a pris part à cette rencontre du cabinet particulière après un entretien individuel avec Bennett et les deux dirigeants devraient ensuite participer à une conférence de presse conjointe.

Merkel ne devrait pas rencontrer l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, aujourd’hui chef de l’opposition. Elle ne devrait pas non plus s’entretenir avec les leaders palestiniens en Cisjordanie.

Merkel, actuellement à la tête d’un gouvernement de transition suite aux élections nationales – elle cédera sa place quand le nouveau gouvernement sera formé – visitera Yad Vashem et rencontrera aussi des leaders et des entrepreneurs hi-tech israéliens.

Scientifique de formation et aujourd’hui âgée de 67 ans, elle devrait également recevoir un doctorat honoraire au Technion-Institut des technologies de Haïfa.

Dans des déclarations conjointes faites dimanche matin avant leur réunion à huis-clos, Bennett a qualifié Merkel « d’amie chère d’Israël » et a insisté sur le fait que, sous la direction de la chancelière sortante, les liens entre les deux nations avaient été plus forts que jamais auparavant.

« Et nous sommes impatients de les renforcer encore davantage dans les secteurs du commerce, de la science, de la santé et, bien sûr, dans le domaine de la sécurité », a poursuivi Bennett.

Le Premier ministre n’a pas mentionné explicitement la Shoah pendant ces déclarations initiales faites au King David Hotel, affirmant simplement que « nous nous souvenons de l’Histoire, bien entendu, et nous regardons avec optimisme l’avènement d’un avenir meilleur ».

Bennett a ajouté que la présence de Merkel à la chancellerie allemande avait « ouvert la voie à un engagement continu de la part de l’Allemagne en faveur de la sécurité d’Israël, un engagement auquel nous accordons une grande valeur ».

Comme il le fait souvent, Bennett a évoqué la constitution de sa coalition idéologiquement très diversifiée, affirmant qu’elle formait « le gouvernement le plus divers de toute l’Histoire d’Israël ».

« Nous avons la droite et la gauche, des Juifs et des musulmans, des religieux et des laïcs, et ça fonctionne. Nous nous entendons très bien », a-t-il déclaré.

Bennett a aussi noté la présence de huit femmes ministres – c’est le nombre le plus élevé enregistré dans un gouvernement israélien – ajoutant : « Je pense que c’est l’une des raisons expliquant pourquoi il fonctionne si bien. »

La chancelière allemande Angela Merkel arrive à l’aéroport Ben-Gurion lors de sa tournée d’adieu en Israël, le 9 octobre 2021. (Crédit : Shlomi Amsalem/Foreign Ministry)

Merkel a répondu en soulignant le travail réalisé pendant les seize années de son mandat pour renforcer la relation bilatérale et garantir la sécurité de l’État juif.

« Je veux utiliser cette opportunité pour souligner que le sujet de la sécurité d’Israël sera toujours d’une importance déterminante, un sujet central pour les gouvernements allemands », a insisté Merkel.

Évoquant la Shoah, elle a expliqué qu’elle considérait comme « une chance qui nous est accordée par l’Histoire qu’après les crimes contre l’humanité commis pendant la Shoah », il ait été possible « de remettre le compteur à zéro et de ré-établir des relations aussi fortes entre l’Allemagne et Israël ».

Elle a aussi évoqué la coalition de Bennett et les négociations en cours en Allemagne concernant la formation d’un gouvernement après les récentes élections, affirmant : « En comparaison avec votre gouvernement, un gouvernement de coalition allemand semble être une affaire très simple. »

La chancelière devait initialement faire sa visite d’adieu au sein de l’État juif à la fin du mois d’août, mais ce séjour avait été annulé suite aux troubles entraînées par le retrait américain d’Afghanistan et aux attaques survenues à l’aéroport de Kaboul. L’Allemagne avait fait partie des pays qui avaient évacué leurs ressortissants et les Afghans qui avaient aidé ses forces à Kaboul au cours d’un déploiement dans le pays qui a duré presque deux décennies.

L’AFP a contribué à cet article.

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