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Bennett : le système de défense aérienne au laser, un « élément stratégique décisif »

Selon Bennett, le Faisceau de fer ne coûtera que 2 $ par pièce pour intercepter les cibles, "appauvrissant" les ennemis à qui les missiles et drones coutent beaucoup plus cher

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) découvre le nouveau système de défense aérienne au laser dans une usine d'armement de Rafael en Israël, le 31 mai 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) découvre le nouveau système de défense aérienne au laser dans une usine d'armement de Rafael en Israël, le 31 mai 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Le Premier ministre Naftali Bennett a visité mardi un système de défense aérienne au laser que le ministère de la Défense est en train de mettre au point, le saluant comme un « élément stratégique décisif » pour Israël, avant le déploiement expérimental prévu.

Cela fait déjà plusieurs années que le ministère met au point ce système de défense au laser, qui a abattu des drones, des roquettes non guidées et des missiles guidés antichars lors d’une série de tests en mars.

« C’est un élément décisif car non seulement nous battons l’ennemi sur le plan militaire, mais nous l’appauvrissons aussi sur le plan financier. Jusqu’à aujourd’hui, l’interception de chaque roquette nous coûtait beaucoup d’argent. Aujourd’hui, ils peuvent investir des dizaines de milliers de dollars dans une fusée tandis que nous ne dépenserons que les deux dollars du coût de l’électricité pour intercepter la fusée », a déclaré Bennett.

Le département de recherche et développement du ministère avait initialement prévu de déployer le système antimissile en 2024, mais l’armée a fait pression pour un déploiement plus rapide. Bennett a annoncé en février qu’Israël déploierait le système dans l’année.

En mars, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré : « Cela prendra du temps, ce n’est pas un processus court, mais nous le ferons dans les plus brefs délais possibles ».

Cette décision était apparemment motivée par la crainte que, dans un futur conflit, l’armée ne dispose pas de suffisamment de missiles d’interception pour le Dôme de fer et d’autres systèmes de défense aérienne afin d’abattre les roquettes, missiles et drones entrants.

Le système de laser terrestre – baptisé Faisceau de fer – qui est en cours de développement avec le fabricant d’armes Rafael, n’est pas destiné à remplacer le Dôme de fer ou les autres systèmes de défense aérienne d’Israël, mais à les compléter, en abattant les petits projectiles et en laissant les plus gros pour les batteries de missiles plus robustes.

Présentation au Premier ministre Naftali Bennett (à droite) d’un mortier intercepté par un nouveau système de défense aérienne au laser dans une usine d’armement de Rafael en Israël, le 31 mai 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Selon le ministère, Israël est l’un des premiers pays au monde à avoir réussi à employer des technologies laser puissantes pour développer un système de défense aérienne opérationnel et à faire la démonstration d’interceptions dans des scénarios opérationnels.

Des centaines de millions de shekels ont été alloués aux dernières étapes du développement et à la phase d’essai, au cours de laquelle le système sera placé à la frontière avec la bande de Gaza. Il n’a pas été immédiatement précisé quand débuterait le déploiement initial.

Selon le ministère de la Défense, tant que la source d’énergie du laser est constante, il n’y a aucun risque de manquer de munitions.

L’inconvénient d’un système laser est qu’il ne fonctionne pas bien en cas de faible visibilité, notamment en cas de ciel très nuageux ou d’autres conditions météorologiques défavorables. C’est pourquoi, le ministère a l’intention de faire installer le système sur les avions aussi, ce qui permettrait de contourner cette limitation en plaçant le système au-dessus des nuages. Mais il faudra encore attendre quelques années, ont déclaré les responsables du ministère.

« Nous sommes actuellement dans une période de stabilité sécuritaire, mais nous sommes stratégiquement préparés, sur tous les théâtres, pour tous les scénarios », a déclaré M. Bennett mardi.

Le système de défense aérienne au laser « Iron Beam » intercepte une cible au-dessus du sud d’Israël, en mars 2022. (Crédit : ministère de la Défense)

Le Hezbollah, groupe terroriste libanais, disposerait d’un arsenal de quelque 130 000 roquettes, missiles et obus de mortier qui, selon l’armée, pourraient être utilisés contre Israël dans une guerre future.

Les deux principaux groupes terroristes de la bande de Gaza, le Hamas et le Jihad islamique palestinien, posséderaient aussi chacun des milliers de roquettes et d’obus de mortier, même après avoir tiré plus de 4 000 projectiles sur Israël pendant la guerre de 11 jours de l’année dernière.

Les responsables militaires israéliens ont aussi déclaré qu’ils avaient constaté une tendance croissante chez les Iraniens à utiliser des drones ces dernières années, surnommant ce phénomène de « terrorisme des drones« .

Contre ces menaces et d’autres, Israël exploite un réseau de défense aérienne à plusieurs niveaux, composé du Dôme de fer à courte portée, de la fronde de David à moyenne portée et des systèmes Arrow et Patriot à longue portée.

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