Bennett veut « remplacer Netanyahu » et il ne l’aidera pas à fuir la justice
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Bennett veut « remplacer Netanyahu » et il ne l’aidera pas à fuir la justice

Le chef de Yamina refuse d'exclure un partenariat avec le Likud mais indique avoir rejeté une offre récente de devenir ministre de la Défense pour entrer dans la coalition

Le leader de Yamina Naftali Bennett lors d'une manifestation contre l'intention de l'Etat de clore le projet Hilla, aux abords de la Knesset, le 12 août 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader de Yamina Naftali Bennett lors d'une manifestation contre l'intention de l'Etat de clore le projet Hilla, aux abords de la Knesset, le 12 août 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de Yamina, Naftali Bennett, a expliqué lundi que son objectif était de remplacer le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et il a précisé qu’il ne soutiendrait pas les initiatives législatives visant à aider le Premier ministre à éviter son procès pour corruption.

Bennett — qui s’est exprimé sur la Treizième chaîne quelques heures seulement avant le rejet de justesse d’un projet de loi qui aurait reporté l’échéance pour l’adoption d’un budget d’Etat pour l’année 2020, une échéance fixée à mardi minuit – a encore déclaré vouloir diriger le prochain gouvernement.

« Je le dis aux gens : ‘Si vous voulez que nous prenions la direction du pays, alors votez pour nous », a-t-il expliqué, qualifiant le gouvernement actuel de « gouvernement terrible qui ne s’intéresse qu’à ses chamailleries internes » pendant que les Israéliens « meurent et perdent leurs revenus ».

« Sans ambiguïté, mon objectif, notre objectif, c’est de remplacer Netanyahu. Je pense que Netanyahu et [le chef de Kakhol lavan] Benny Gantz ont échoué en mettant en place l’une des pires gouvernances de toute l’histoire de notre pays », a ajouté Bennett.

Yamina, actuellement dans l’opposition avec cinq sièges à la Knesset, augmenterait dans les sondages.

Cet essor dans les enquêtes d’opinion s’est toutefois essouflé, ces derniers jours, avec l’entrée dans la course du nouveau parti créé par l’ancien député du Likud, Gideon Saar. Bennett et Saar rivalisent pour le vote des électeurs de droite anti-Netanyahu.

Gideon Saar en visite à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 16 décembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Si les deux politiciens devaient refuser de servir aux côtés de Netanyahu, ils lui ôteraient très probablement la capacité de former un nouveau gouvernement, selon les derniers sondages.

Bennett a insisté, lundi, sur son objectif de renverser Netanyahu – mais il ne s’est pas totalement engagé à refuser un éventuel partenariat avec lui, comme ont pu le faire Saar et d’autres parties.

« Mon bloc se contente de dire quelque chose de très simple : ‘Donnez-nous suffisamment de sièges et nous prendrons la direction du prochain gouvernement que nous formerons nous-mêmes », a affirmé Bennett, qui a ajouté qu’il souhaitait intégrer un gouvernement aux côtés de « tous ceux qui soutiennent un Etat juif et démocratique et qui souhaitent mettre de côté leurs différences pendant deux minutes pour se concentrer sur les revenus et la santé des citoyens ».

Alors qu’il lui était demandé de manière répétée s’il accepterait de rejoindre Netanyahu après un éventuel scrutin, Bennett a indiqué que son parti évaluerait la situation après le vote.

« Si nous obtenons quelques sièges de plus que dans le dernier sondage, alors nous prendrons la tête du gouvernement. Si ce n’est pas le cas, alors nous profiterons du pouvoir qui nous sera néanmoins donné et nous ne nous soumettrons à personne : Nous verrons alors quel sera le bon chemin à emprunter pour nous », a-t-il continué.

Et pourtant, pour montrer qu’il était hautement improbable qu’il rejoigne Netanyahu, Bennett a déclaré qu’il avait rejeté, ces dernières semaines, une offre de devenir ministre de la Défense et de recevoir deux autres importants ministères s’il acceptait d’intégrer la coalition.

Le ministre de la défense Naftali Bennett de Yamina, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion des partis de droite, le 4 mars 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a aussi dit qu’il refuserait « catégoriquement » de soutenir une loi qui permettrait à Netanyahu d’échapper à ses déboires judiciaires.

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