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Biden aurait « couvert Netanyahu d’amour » pour hâter la fin du conflit à Gaza en 2021

Pour gagner la confiance du Premier ministre, le président a attendu pour appeler au cessez-le-feu que Gantz admette qu’Israël est à court de cibles et dise "Terminé !"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu salue le vice-président américain de l’époque, Joe Biden, à son arrivée au bureau du Premier ministre à Jérusalem, mercredi 9 mars 2016. (Crédit : Debbie Hill/AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu salue le vice-président américain de l’époque, Joe Biden, à son arrivée au bureau du Premier ministre à Jérusalem, mercredi 9 mars 2016. (Crédit : Debbie Hill/AP)

Le président américain Joe Biden aurait enjoint à ses principaux conseillers de « couvrir d’amour [le Premier ministre Benjamin] Netanyahu » afin d’obtenir rapidement un cessez-le-feu lors de la guerre de Gaza de 2021, selon les révélations faites dans un nouveau livre sur les deux premières années du mandat de Biden.

Cette stratégie diffère de celle de certains des prédécesseurs de Biden, qui avaient été prompts à lancer des appels publics en faveur d’un cessez-le-feu et à exhorter Israël à agir avec retenue lors de précédents conflits majeurs avec des groupes terroristes à Gaza. Cette approche semble toutefois avoir porté ses fruits, puisque la guerre de Gaza de mai 2021, baptisée par Israël « Opération Gardiens des murs », s’est achevée au bout de 11 jours, soit 40 jours de moins que la précédente, qui avait eu lieu en 2014.

Selon le nouveau livre du journaliste Franklin Foer, qui doit paraître la semaine prochaine, intitulé The Last Politician : Inside Joe Biden’s White House and the Struggle for America’s Future [Le dernier politicien : dans la Maison Blanche de Joe Biden et la lutte pour l’avenir de l’Amérique], Joe Biden se serait entretenu avec Netanyahu à six reprises pendant le conflit de 2021.

Le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont tiré plus de 4 000 roquettes et obus de mortier sur Israël pendant les 11 jours qu’ont duré les affrontements. Les combats ont fait une dizaine de victimes civiles en Israël, ainsi qu’un soldat ; plus de 250 Palestiniens ont également été tués, près de la moitié d’entre eux étaient des combattants, d’après Tsahal.

Foer intitule le chapitre sur la guerre de Gaza ‘Hug Bibi Tight’ [Enlacez Bibi bien fort] et explique que Biden a tiré les leçons de ses précédentes expériences avec Netanyahu : critiquer le Premier ministre ne ferait que se l’aliéner.

Dans l’un des extraits du livre obtenus par The Forward, Foer évoque l’un des appels téléphoniques entre les deux dirigeants après le bombardement par Israël d’un immeuble de 12 étages à Gaza qui abritait les bureaux des agences de presse Associated Press et Al Jazeera et qui, d’après l’armée israélienne, était utilisé par le Hamas.

Plutôt que de critiquer Netanyahu pour la frappe aérienne, Joe Biden a demandé au Premier ministre d’expliquer la stratégie d’Israël dans la guerre. « Joe Biden a passé plus d’une heure à mener son enquête de manière amicale », écrit Foer.

« Mais il voulait aussi exposer les faiblesses du raisonnement de Bibi. »

Et en essayant d’expliquer sa stratégie, Netanyahu aurait admis « par inadvertance » qu’il n’avait pas d’objectif défini avec la poursuite des frappes aériennes, écrit Foer.

De la fumée s’élève de la tour Al-Jalaa dans la ville de Gaza, qui abritait des appartements et plusieurs agences de presse, dont l’Associated Press et Al Jazeera, après une frappe aérienne israélienne, le 15 mai 2021. (Crédit : Atia Mohammed/Flash90)

Biden s’est néanmoins abstenu de tout commentaire, écrit M. Foer.

Dans ses propres mémoires, Netanyahu a choisi d’évoquer une autre partie de sa conversation avec Biden pendant la guerre de Gaza, en écrivant que le président américain était préoccupé par des questions d’ordre intérieur.

« Bibi, je dois reconnaître que je subis beaucoup de pression ici », rapporte Netanyahu en citant Biden dans « Bibi : My Story » [Bibi: Mon histoire]. « Ce n’est pas le Parti démocrate de Scoop Jackson », en référence au sénateur pro-israélien dont le long mandat s’est achevé dans les années 1980. « On me presse ici de mettre fin à cette situation dès que possible ».

Quelques jours plus tard, Foer écrit que le ministre de la Défense de l’époque, Benny Gantz, a informé les responsables américains que Tsahal n’avait plus de cibles à Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (R) et le ministre de la Défense Benny Gantz lors de la prestation de serment de la 24e Knesset. (Crédit: Bureau du porte-parole de la Knesset)

C’est à ce moment-là que Biden s’est mis à formuler ses préoccupations de manière plus claire à Netanyahu.

Le 19 mai, lors de leur quatrième conversation téléphonique, Biden aurait déclaré :  » Hey, buddy, we’re off the track here « , [He, mon ami, nous sommes hors-piste ici] après que Netanyahu a insisté pour faire traîner la guerre en longueur. Le président américain lui aurait alors dit : « C’est terminé ».

Deux jours plus tard, Netanyahu a accepté un cessez-le-feu.

Le chef du Likud, en poste depuis longtemps, a été remplacé un mois plus tard par un gouvernement d’union de courte durée dirigé par Naftali Bennett et Yair Lapid.

Depuis le retour au pouvoir de Netanyahu en décembre dernier, l’approche de Joe Biden à l’égard du chef du Likud semble avoir quelque peu changé.

Le président américain Joe Biden, à gauche, serrant la main du chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, à la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 14 juillet 2022. (Crédit : Bureau du Premier ministre)

Il aura mis quatre semaines à répondre à un appel du Premier ministre israélien, mais en a tout de même profité pour « parler avec nostalgie » d’Israël et de sa relation avec Netanyahu. Selon Foer, Joe Biden aurait dit à Netanyahu : « As-tu jamais imaginé que nous serions assis là où nous le sommes aujourd’hui ? ».

Depuis lors, Joe Biden a critiqué à plusieurs reprises Netanyahu et son gouvernement intransigeant sur leurs tentatives de refonte radicale du système judiciaire. Jusqu’au mois dernier, il s’est abstenu d’inviter Netanyahu à visiter la Maison Blanche, un privilège dont bénéficient généralement les premiers ministres israéliens bien plus tôt dans leur mandat.

Les deux hommes sont censés se rencontrer le mois prochain, mais on ne sait pas encore si cette rencontre aura lieu dans le bureau ovale ou dans les coulisses des Nations unies, à l’occasion de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale.

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