Bientôt débarrassé du virus? Des experts rejettent les déclarations de Netanyahu
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Bientôt débarrassé du virus? Des experts rejettent les déclarations de Netanyahu

Les propos du Premier ministre s'apparentent davantage à "un argument de campagne", déclare un immunologiste

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d'une conférence de presse à la Knesset à Jérusalem, le 2 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d'une conférence de presse à la Knesset à Jérusalem, le 2 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Des médecins et des experts sanitaires ont balayé d’un revers de manche l’affirmation du Premier ministre Benjamin Netanyahu selon laquelle la « fin de la Covid » est proche au vu du succès l’actuelle campagne de vaccination.

« C’est une déclaration politique sans rigueur scientifique, » explique le Professeur Hagai Levine, épidémiologiste et ancien président de l’Union des Médecins Israélien au Times of Israël.

Levin est connu pour ses critiques du gouvernement, et a récemment fait une brève apparition en politique. Nombre d’autres n’ayant aucune ambition politique partagent néanmoins son point de vue.

Selon le Professeur Tomer Hertz, immunologiste à l’Université Ben Gurion, ce que déclare Netanyahu « est un argument de campagne identique à tous ceux qu’il a déjà utilisés. »

Le Premier ministre met en avant le succès de la campagne de vaccination, qui a permis à plus de 4 millions de personnes – soit les deux tiers des personnes éligibles au vaccin – de recevoir leur première injection. Netanyahu prédit que grâce à ce succès, le pays pourra se débarrasser de la Covid.

Il a déclaré lundi, dans une rare interview accordée à la Douzième chaîne de télévision : « Si 570 000 personnes de plus de 50 ans sont vaccinées, ce ne sera pas seulement le dernier confinement, mais cela marquera aussi la fin de l’ère Covid. »

Levin a rejeté cette position comme étant « non factuelle et exagérée ». Et il a demandé :  » Et qu’en est-il des personnes en dessous de 50 ans ? Et que fera-t-on dans le futur s’il apparaît de nouveaux variants que le vaccin ne protégerait pas ? »

Hertz a renchéri au sujet des préoccupations concernant les jeunes non-vaccinés et conclu que les propos de Netanyahu étaient « totalement infondés ».

Il a dit : « Nous serons dans une situation meilleure, c’est certain. Mais nous aurons encore de jeunes adultes et des enfants non-vaccinés, qui pourront être infectés. Et Hertz d’ajouter : « La situation est bien pire que ce qu’il tente de nous dépeindre. »

Dr. Tomer Hertz. (Autorisation)

La Professeure Ronit Calderon-Margalit, de l’université Hébraïque, considère l’affirmation de Netanyahu comme « hors de propos ». « Le virus va continuer de circuler chez les jeunes adultes et les enfants. Certains seront gravement malades, même si le nombre sera plus réduit. »

Elle fait partie d’une équipe interdisciplinaire à l’Université Hébraïque. Le Prof. Nadav Katz, le statisticien de l’équipe souligne : « Nous sommes d’accord sur le fait qu’une large et rapide vaccination de la population la plus fragile, en particulier ceux de plus de 50 ans, est importante et essentielle. Néanmoins, nous ne résoudrons jamais totalement le problème, et nous ne pourrons créer des mesures de sécurité adéquates pour la population plus jeune avec la venue de nouveaux variants. »

Le Professeur Dan Yamin, directeur du Laboratoire d’analyse et de modélisation épidémique de l’Université de Tel Aviv, a pris une position différente, et explique que Netanyahu a soulevé une question dont il est le seul à avoir la réponse.

« Ce qui est absurde c’est qu’il est le seul à pouvoir décider ce qui est correct ou non, » dit Yamin.

« Le gouvernement a le pouvoir de dire que la situation actuelle de la pandémie est moins mortelle que la grippe, et qu’en l’occurrence c’est acceptable que des personnes soient infectées par la Covid, en particulier les jeunes. Il s’agit ici d’une stratégie politique. » « Si le gouvernement suit cette direction, Netanyahu a raison. Et s’il s’y oppose, seul Netanyahu décidera. »

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