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Chypre : ouverture du procès de la touriste britannique

Ses avocats vont déposer des témoignages montrant que les Israéliens qu'elle accusait de viols ont parlé de manière "grossière et agressive" des relations sexuelles avec elle

Une adolescente britannique (à gauche), accusé d'avoir prétendu avoir été violée par un groupe de touristes israéliens, couvrant son visage alors qu'elle arrive à son procès au tribunal de Famagusta à Paralimni à l'est de Chypre, le 2 octobre 2019. (Iakovos HATZISTAVROU/AFP)
Une adolescente britannique (à gauche), accusé d'avoir prétendu avoir été violée par un groupe de touristes israéliens, couvrant son visage alors qu'elle arrive à son procès au tribunal de Famagusta à Paralimni à l'est de Chypre, le 2 octobre 2019. (Iakovos HATZISTAVROU/AFP)

Le procès d’une jeune femme britannique de 19 ans accusé d’avoir faussement prétendu avoir été violée par 12 adolescents israéliens en juillet a commencé mercredi.

La femme a plaidé non coupable à l’accusation d’avoir porté le faux témoignage d’avoir été violée par des adolescents israéliens à la station balnéaire d’Ayia Napa à l’est de Chypre.

Si elle était condamnée, elle pourrait risquer jusqu’à un an de prison et une amende d’environ 1 700 euros.

La police chypriote avait immédiatement arrêté le groupe d’Israéliens, les maintenant en détention pendant presque deux semaines jusqu’à ce que la jeune femme rétracte ses accusations lors d’un interrogatoire, affirmant qu’elle avait eu des relations sexuelles consenties avec certains des suspects.

La jeune femme aurait déclaré aux enquêteurs avoir déposé plainte pour viol parce qu’elle s’était sentie « en colère et insultée » quand certains Israéliens avaient enregistré une vidéo d’elle ayant un rapport sexuel consenti avec certains d’entre eux.

Mercredi, ses avocats, qui affirment qu’elle a subi des pression pour modifier sa déposition, ont présenté au tribunal de Famagusta les sms envoyés entre les Israéliens. Les avocats affirment que ces messages montrent que le viol présumé a été organisé à l’avance.

Dans un message, un des Israéliens écrit : « Elle va se faire b***** ce soir » par « eux tous » et ajoute qu’ils auraient une « partouze » avec elle.

L’un des suspects a ensuite déclaré à la police lors de l’interrogatoire que le groupe avait évoqué l’idée d’avoir des relations sexuelles avec la jeune femme de manière « grossière et agressive », ont rapporté des médias britanniques mercredi.

« Ils ont dit qu’ils allaient rester dans notre appartement parce que la fille anglaise allait venir plus tard et qu’ils allaient la b***** – eux tous », ont déclaré des avocats de la défense en citant la déposition d’un suspect, selon un article du journal Daily Mail.

« Ils en parlaient et riaient, en disant qu’il allaient avoir une ‘partouze’ avec elle, continuait la déposition. Ils disaient cela de manière grossière et agressive et ils semblaient être prêts – chacun d’entre eux – à la ‘b*****’ cette nuit là. »

Michael Polak (droite) du groupe d’aide juridique Justice Abroad arrive au tribunal de Famagusta à Paralimni à l’est de Chypre, le 2 octobre 2019. (Iakovos HATZISTAVROU / AFP)

Le jeune femme, dont le nom ne peut pas être publié dans les médias, était au tribunal avec ses parents et un avocat britannique, Lewis Power QC, mais aussi l’avocat Michael Polak, de Justice Abroad, un groupe d’assistance juridique britannique.

Ses avocats ont déclaré que leur cliente souffrait de stress post-traumatique à cause de la gestion de l’affaire par les autorités chypriotes et de sa détention pendant un mois dans une prison à Nicosie avant sa libération sous caution fin août.

Le procès a été ajourné jusqu’au 15 octobre pour donner à l’équipe de défense plus de temps pour examiner les nouvelles preuves. Ses avocats ont demandé sa remise en liberté, mais la demande a été rejetée. Les juges ont cependant assoupli les conditions de sa libération sous caution, lui imposant de venir pointer seulement une fois par semaine au commissariat de police de Nicosie, au lieu de trois fois par semaine auparavant.

Ses avocats ont déclaré aux journalistes qu’ils avaient l’intention de plaider que leur cliente avait été forcée à rétracter ses accusations et que l’accusation de viol n’a pas fait l’objet d’une enquête sérieuse. Ils ont souligné qu’il n’y avait pas d’enregistrement de son interrogatoire de huit heures qui l’a conduit à signer l’aveu et qu’aucun avocat n’était présent à ce moment-là.

Les adolescents israéliens disculpés d’accusations de viol à Chypre retrouvent leur famille à l’aéroport Ben Gurion, le 28 juillet 2019. (Crédit : Flash90)

Douze Israéliens avaient été arrêtés le 17 juillet, et cinq avaient été libérés le 25 juillet après qu’aucune preuve n’avait été retrouvée contre eux dans l’affaire. Les sept autres avaient été libérés trois jours plus tard après que la police avait déclaré que la jeune femme était revenue sur ses accusations de viol. Ils sont tous rentrés en Israël et ont été accueillis par des scènes de joie que certains commentateurs ont considéré être inappropriées dans ces circonstances.

L’AFP a contribué à cet article.

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