Colmar : Alain Soral, poursuivi pour une « quenelle », relaxé
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Colmar : Alain Soral, poursuivi pour une « quenelle », relaxé

Son avocat avait plaidé la relaxe, affirmant que la "quenelle" n'est rien d'autre qu'un "bras d'honneur ou un doigt d'honneur" et non "un salut nazi inversé"

Alain Soral. (Crédit : Archives INA via YouTube)
Alain Soral. (Crédit : Archives INA via YouTube)

Le tribunal correctionnel de Colmar a relaxé vendredi l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, jugé pour avoir diffusé sur internet un cliché de lui effectuant une « quenelle » sur les marches de ce tribunal, les juges estimant que ce geste pouvant être assimilé à un salut nazi déguisé n’était dans ce contexte pas antisémite.

Une peine de six mois de prison avec sursis, assortie d’une mise à l’épreuve, avait été requise lors du procès, le 28 novembre dernier.

De son vrai nom Alain Bonnet, Alain Soral, absent à l’audience, était poursuivi pour « injure » et « incitation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Il avait diffusé sur son compte Twitter et sur son site internet « Egalité et Réconciliation » un cliché pris le 5 mai, le montrant en train de faire une « quenelle » sur les marches du tribunal de grande instance de Colmar.

La « quenelle » (bras tendu vers le bas et main opposée posée sur l’épaule) est un geste popularisé par le polémiste Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour des déclarations antisémites et qu’il qualifiait d' »antisystème ».

« Le tribunal a estimé que la diffusion (…) de la photographie (…) dans un lieu non mémoriel et sans lien avec la religion juive (un tribunal de grande instance, ndlr) ne constitue pas les infractions d’injure publique et de provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion », a indiqué dans un communiqué la procureure de la République de Colmar, Catherine Sorita-Minard.

M. Soral avait déjà été condamné pour une « quenelle », réalisée en revanche dans un tout autre contexte: le 18 février 2016, la cour d’appel de Paris l’avait condamné à 5 000 euros d’amende pour avoir fait ce geste au Mémorial de la Shoah de Berlin. Le cliché, pris à titre privé, avait été selon M. Soral « piraté » avant d’être diffusé.

Sur son site, le polémiste, qui était venu dans la région de Mulhouse (Haut-Rhin) pour une conférence, avait accompagné la photo prise à Colmar d’un texte évoquant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et la Licra.

Mais là encore, le tribunal de Colmar a estimé que ces associations n’étaient « pas clairement citées ou visées à raison de leur engagement mais davantage à raison de leur prise de position quant à l’exécution d’une décision de justice » passée concernant l’essayiste, poursuit Mme Sorita-Minard dans son communiqué.

La magistrate « va analyser la motivation du jugement » avant de prendre une décision quant à un éventuel appel, a-t-elle ajouté.

L’avocat d’Alain Soral, Damien Viguier, avait plaidé la relaxe en affirmant que la « quenelle » n’est rien d’autre qu’un « bras d’honneur ou un doigt d’honneur » et non « un salut nazi inversé ».

Mme Sorita-Minard avait au contraire pointé qu’Alain Soral, déjà condamné à de multiples reprises notamment pour négationnisme, était « en état de récidive » et « incit(ait) à la haine de l’autre » en diffusant sur internet son geste « délibéré, choquant et provocateur ».

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