Conscription/Ultra-orthodoxes: Gantz demande que le projet de loi soit repoussé
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Conscription/Ultra-orthodoxes: Gantz demande que le projet de loi soit repoussé

Selon des sources, le ministre de la Défense n'a pas assez de temps pour adopter la loi avant la date-butoir de mi-juin ; Lapid accuse son ex-allié de "capituler" face aux Haredim

Des soldats de l'unité ultra-orthodoxe Netzah Yehuda de l'armée israélienne. (Crédit : Yaakov Naumi / Flash90)
Des soldats de l'unité ultra-orthodoxe Netzah Yehuda de l'armée israélienne. (Crédit : Yaakov Naumi / Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a demandé mardi à la Cour suprême de justice de reporter la date-butoir pour l’adoption d’une législation réglementant le service militaire des membres de la communauté ultra-orthodoxe d’Israël.

Des sources proches du chef de Kakhol lavan ont déclaré au site d’information Ynet que la demande avait été soumise parce que Gantz n’est entré en fonction qu’il y a trois semaines. La loi doit être adoptée d’ici le 16 juin selon l’ordonnance du tribunal, un délai que les sources ont jugé trop court pour faire avancer un texte de loi aussi important.

La communauté ultra-orthodoxe a toujours bénéficié d’une exemption en faveur des études religieuses en séminaire, et beaucoup de ses membres échappent au service militaire, qui est obligatoire pour tous les autres Israéliens juifs. Or, une opposition de la part de nombreux citoyens, qui veulent que les ultra-orthodoxes aident à assumer le fardeau de la défense du pays, persiste.

De multiples versions du projet de loi pour les ultra-orthodoxes ont été avancées par la Knesset et rejetées par la Cour suprême de justice au cours d’une saga juridique et politique qui dure maintenant depuis dix ans.

La demande de prolongation de Gantz a été rapidement dénoncée par le chef de l’opposition et ancien allié Yaïr Lapid, qui s’est positionné comme un contrepoids aux ultra-orthodoxes sur les questions de religion et d’État.

Lapid en 2014, alors ministre du gouvernement, avait présenté une version de la loi qui obligerait plus d’hommes ultra-orthodoxes à servir. Cette loi a été annulée un an plus tard, lorsqu’il a quitté le gouvernement et que les partis ultra-orthodoxes sont revenus dans la coalition.

Benny Gantz (à droite) et Yair Lapid de Kakhol lavan lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

« Il est très triste de voir l’ancien chef d’état-major [de Tsahal] demander du temps à l’État pour essayer d’expliquer pourquoi il a cédé aux exigences ultra-orthodoxes concernant le recrutement au sein de Tsahal. [La notion de] fardeau égal sera enterrée. Seuls les pigeons continueront à servir, et tout cela sous les auspices du ministre de la Défense Gantz et du ministre des Affaires étrangères Ashkenazi », a déclaré M. Lapid, en faisant référence aux deux anciens chefs d’état-major, désormais à la tête de Kakhol lavan.

L’impasse politique dans laquelle se trouve Israël depuis un an et demi, résolue le mois dernier, peut être attribuée aux querelles sur l’enrôlement des étudiants de yeshiva.

En mai dernier, moins de deux mois après que les électeurs ont semblé donner à Netanyahu un mandat pour former un nouveau gouvernement, les pourparlers de coalition se sont effondrés. Le point de friction était un projet de loi obligeant les hommes ultra-orthodoxes à participer au service militaire obligatoire d’Israël.

Les partis ultra-orthodoxes voulaient assouplir le texte de loi, tandis qu’Avigdor Liberman, chef du parti laïc de droite Yisrael Beytenu, a insisté sur le fait qu’il ne rejoindrait pas le gouvernement tant que la loi ne serait pas adoptée dans sa forme actuelle.

Des manifestants extrémistes ultra-orthodoxes protestent contre le projet de loi de l’armée et bloquent l’entrée de Jérusalem, le 26 novembre 2017. (Flash90)

Le projet de loi élaboré par le ministère de la Défense, alors en cours de discussion, prévoyait de fixer des objectifs annuels minimum pour la conscription des ultra-orthodoxes qui, s’ils n’étaient pas atteints, entraîneraient des sanctions financières pour les yeshivot où les étudiants en question étudient. Dans le même temps, il aurait également officialisé les exemptions pour la grande majorité des étudiants des yeshivot.

Le nouveau projet de loi devrait être assoupli. L’actuel gouvernement de coalition est toujours dépendant du soutien des partis ultra-orthodoxes, qui ont par le passé menacé de se retirer à moins que des changements radicaux ne soient apportés au projet de loi.

En décembre, l’armée a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la hausse du nombre de soldats ultra-orthodoxes enrôlés depuis des années, suite à un reportage de la chaîne de télévision Kan sur le sujet. Selon ce reportage, Tsahal a publié pendant plusieurs années de faux chiffres concernant le nombre de personnes de la population ultra-orthodoxe rejoignant l’armée, parfois en doublant ou en triplant les chiffres réels, donnant ainsi l’impression que l’armée était plus proche des quotas fixés par la loi qu’elle ne l’était en réalité.

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