Corée du Nord/armes chimiques : « une source d’inquiétude, » selon l’OIAC
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Corée du Nord/armes chimiques : « une source d’inquiétude, » selon l’OIAC

On estime à entre 3 000 et 5 000 tonnes le volume des armes chimiques dans l'arsenal nord-coréen

Du gaz sarin stocké en 105 mm aux États-Unis. Illustration (Crédit : autorisation)
Du gaz sarin stocké en 105 mm aux États-Unis. Illustration (Crédit : autorisation)

L’armement chimique nord-coréen constitue une « source d’inquiétude pour la paix et la stabilité » dans la péninsule coréenne, a déclaré mercredi l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), appelant à faire pression sur Pyongyang pour s’en débarrasser.

La détention d’armes chimiques par la Corée du Nord « devrait être une source d’inquiétude pour la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne et au-delà », a déclaré le directeur général de l’OIAC Ahmet Üzümcü.

On estime à entre 3 000 et 5 000 tonnes le volume des armes chimiques dans l’arsenal nord-coréen, a-t-il dit dans un entretien avec l’AFP, tandis que Pyongyang assure ne pas posséder d’armes chimiques.

D’après le groupe de réflexion américain Nuclear Threat Initiative (Initiative sur la menace nucléaire), la Corée du Nord possède des agents neurotoxiques, comme le gaz sarin et le VX, version hautement mortelle du gaz sarin considérée comme une arme de destruction massive.

« La communauté internationale devrait être préoccupée par la Corée du Nord en raison de son imprévisibilité, a dit M. Üzümcü. « Je pense qu’elle devrait faire davantage pression » pour tenter de pousser Pyongyang à signer la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, a-t-il ajouté.

Le régime nord-coréen n’a pas répondu à plusieurs lettres rédigées par le directeur général de l’OIAC et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres sur ces questions. La dernière requête a été envoyée en mars, a souligné M. Üzümcü.

« Toutes les démarches ainsi que les demandes de rencontre avec les représentants nord-coréens sont malheureusement restées sans réponse », a-t-il déploré. « Ils ne voulaient pas nous rencontrer et discuter de ces questions ».

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, lors d'une conférence de presse à sa résidence officielle à Tokyo, le 20 mars 2014. (Crédit : Kazuhiro Nogi/AFP)
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, lors d’une conférence de presse à sa résidence officielle à Tokyo, le 20 mars 2014. (Crédit : Kazuhiro Nogi/AFP)

La Corée du Nord pourrait avoir la capacité de tirer un missile porteur de gaz hautement toxique sarin, a déclaré en avril le Premier ministre japonais Shinzo Abe, dont les propos ont été reproduits par les médias.

Et en 2009, l’International Crisis Group (ICG) avait averti que, outre le danger nucléaire qu’elle faisait courir, la Corée du Nord possédait également un important stock d’armes chimiques et bactériologiques.

Selon ce centre de réflexion dont le siège est à Bruxelles, cet arsenal inclut aussi des gaz sarin et moutarde, du phosgène, du gaz tabun et d’autre agents neurotoxiques pouvant être projetés par avion, missile ou tirs d’artillerie.

L’OIAC a pressé en avril la Corée du Nord de rejoindre « sans tarder » la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, ce pays comptant, avec l’Egypte, Israël et le Soudan du Sud, parmi les derniers à ne pas l’avoir encore fait.

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