Rechercher

COVID : Le responsable d’une organisation parapublique pressé de rendre des comptes

Alon Beer, PDG de Shalom Corps, a été convoqué pour s'expliquer sur des attaques personnelles contre des responsables du ministère de la Santé, durant la pandémie

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Alon Beer, récemment été nommé PDG du Shalom Corps, dans une photographie non datée. (Crédit : Mosaic United)
Alon Beer, récemment été nommé PDG du Shalom Corps, dans une photographie non datée. (Crédit : Mosaic United)

Récemment nommé à la tête de l’organisation parapublique de bénévoles Shalom Corps, Alon Beer risque d’être démis de ses fonctions, accusé depuis jeudi de s’en être pris à de hauts responsables de la santé, durant la pandémie, en les qualifiant de « tueurs » et de « meurtriers ».

Sur son compte Twitter personnel, Alon Beer, nommé PDG du Shalom Corps le mois dernier, n’a pas hésité à colporter ce qui peut être considéré comme des théories du complot sur le vaccin contre la COVID-19.

Le Shalom Corps, inspiré du Corps de la paix des États-Unis, est une initiative financée conjointement par le ministère de la Diaspora, l’Agence juive et Mosaic United.

Beer a été convoqué pour une audition, afin de s’expliquer sur ses propos passés, a déclaré l’Agence juive. Il pourrait être licencié ou encourir d’autres mesures punitives.

« L’Agence juive annonce que le conseil d’administration du Shalom Corps a accepté de tenir une audience immédiate concernant Alon Beer, en plus de l’enquête approfondie sur les propos blessants qui lui sont attribués », a précisé l’Agence juive dans un communiqué.

« Nous n’étions pas au courant de ses déclarations et reconsidérerons donc le recrutement de Beer à la lumière des conclusions de l’enquête », a déclaré l’organisation.

Les propos de Beer, tenus en 2020 et 2021, ont été rendus publics, jeudi, par le journal Yedioth Ahronoth.

Mosaic United, organisation philanthropique juive, assure ne pas avoir été informée de l’existence de ces publications (sur Twitter) fustigeant les fonctionnaires du ministère de la Santé lorsqu’elle a examiné sa candidature au poste de PDG. Beer était l’un des 170 candidats pour le poste.

« Nous n’étions pas au courant de ces propos auparavant. Nous prenons la question très au sérieux : elle est en cours d’examen », a déclaré l’organisation dans un communiqué.

On peut se demander pour quelle raison les organisations n’ont pas examiné le fil Twitter de Beer lors de l’examen de sa candidature au poste de PDG.

Le ministère de la Diaspora et l’Agence juive ont dénoncé les propos de Beer.

« Le ministère s’oppose farouchement aux propos de M. Alon Bar, qui ne reflètent ni ne représentent en aucune manière la position du ministère », a déclaré le ministre de la Diaspora, Nachman Shai, dans un communiqué.

« Nous tenons à souligner que les propos blessants à l’encontre de fonctionnaires sont inacceptables, particulièrement envers les fonctionnaires de la santé, dont nous apprécions le dévouement et le profond engagement », a ajouté l’Agence juive.

La Dr. Sharon Alroy-Preis, chef de la santé publique au ministère de la Santé, s’adresse à une réunion de la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset, le 28 novembre 2021. (Crédit : Noam Moskowitz/porte-parole de la Knesset)

Les propos au vitriol de Beer étaient surtout dirigés contre la Dr. Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au ministère de la Santé, en charge de l’élaboration d’une grande partie des politiques publiques liées au coronavirus, dont le confinement, la vaccination et le port du masque – que Beer a grandement contestés.

Beer a fondé une organisation connue sous le nom de Public Emergency Council, groupe composé d’universitaires et de professionnels de la santé opposés aux mesures prises par le gouvernement en matière de COVID-19.

Alroy-Preis, l’une des principales conseillères du gouvernement en matière de COVID-19, a été et continue d’être la cible de harcèlement et de critiques virulentes. Elle a souvent bénéficié d’un garde du corps en raison de menaces.

Dans ses publications sur Twitter, Beer a traité Alroy-Preis de menteuse, insinuant qu’elle avait pactisé de manière occulte avec la société pharmaceutique Pfizer, productrice du vaccin contre le coronavirus le plus souvent administré en Israël.

Beer s’en est également pris à une autre conseillère du gouvernement en matière de coronavirus, la Dr. Galia Rahav, cheffe de l’unité des maladies infectieuses à l’hôpital Sheba.

« Galia Rahav a mis Israël à feu et à sang. Elle a le sang de milliers de personnes sur les mains », a-t-il écrit dans un tweet du 5 mars 2021.

Beer a également jeté à plusieurs reprises des doutes sur l’innocuité et l’efficacité du vaccin contre le coronavirus, laissant croire qu’il causait des problèmes de fertilité entre autres problèmes de santé.

L’intéressé a campé sur ses positions, affirmant au Yedioth Ahronoth que ses publications passées étaient des critiques légitimes.

« Heureusement, nous vivons dans un pays démocratique, où l’on est libre d’exprimer des positions opposées à celles de l’État », a-t-il déclaré au journal.

Beer a également nié s’être opposé au vaccin, notant que lui et d’autres membres du Conseil d’urgence publique avaient été vaccinés.

Avant de rejoindre le Shalom Corps, Beer a dirigé la Société israélienne pour le développement international, organisation faîtière regroupant différents mouvements actifs en matière de développement international et d’aide humanitaire.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...