Craignant de perdre des voix, Netanyahu demande aux partis de droite de s’unir
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Craignant de perdre des voix, Netanyahu demande aux partis de droite de s’unir

Le Premier ministe encourage HaBayit HaYehudi et Otzma Yehudit à s'unir plutôt que risquer de ne pas franchir le seuil électoral, et craint l'émergence d'un bloc de centre-gauche

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Bezalel Smotrich célèbre sa victoire aux élections pour la direction de son parti National Union à l'hôtel Crown Plaza de Jérusalem, le 14 janvier 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Bezalel Smotrich célèbre sa victoire aux élections pour la direction de son parti National Union à l'hôtel Crown Plaza de Jérusalem, le 14 janvier 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a contacté les chefs des petits partis de droite et les a appelés à s’unir pour éviter qu’un parti n’ait pas assez de votes en avril pour franchir le seuil électoral.

Netanyahu a demandé au président du parti Union nationale Bezalel Smotrich de fusionner avec le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, et au président du parti Shas Aryeh Deri de s’unir avec le parti YaHadout HaTorah pour former un bloc ultra-orthodoxe, selon la Douzième chaîne dimanche.

Dans un communiqué, Netanyahu a déclaré qu’il tentait d’obtenir la fusion de certaines formations dans l’espoir qu’elles obtiennent suffisamment de voix pour dépasser le seuil électoral et le soutiennent, s’il devait former un gouvernement à l’issue des élections du 9 avril.

« Netanyahu appelle HaBayit HaYehudi à s’unir avec l’Union nationale et Otzma [Yehudit] pour que le bloc de droite ne perde pas de sièges, ce qui pourrait se traduire par la formation d’un gouvernement de gauche », a-t-il dit dans un communiqué.

Itamar Ben Gvir (à droite) lors du lancement de la campagne du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit à Bat Yam,, le 5 janvier 2019. (Crédit : Otzma Yehudit)

L’Union nationale de Smotrich devrait négocier avec les dirigeants de HaBayit HaYehudi, censé ratifier lundi la nomination de l’ancien grand-rabbin de l’armée Rafi Peretz à sa tête. Les deux partis devraient se présenter sur une liste commune, mais motivé par sa propre victoire, Smotrich briguerait la tête de la liste.

HaBayit HaYehudi et Shas ont frôlé le seuil électoral, fixé à 3,25 % lors des intentions de vote ces dernières semaines, ce qui fait craindre à Netanyahu la possibilité de perdre des votes de droite. De nombreux électeurs de HaBayit HaYehudi ont migré vers HaYamin HaHadash, chapeauté par Naftali Bennett et Ayelet Shaked.

L’Union nationale et Otzmah Yehudit ne devraient pas franchir le seuil électoral s’ils ne s’allient pas.

Les listes des partis doivent être finalisées le 21 février.

Les récents sondages ont montré qu’une alliance entre les partis Hossen LeYisrael de Benny Gantz et Yesh Atid de Yair Lapid pourrait surpasser le Likud et déloger Netanyahu.

Benjamin Netanyahu à la cyber conférence à Tel Aviv, le 29 janvier 2019 (Crédit : Gilad Kavalerchik)

Par le passé, Netanyahu a renforcé sa position en récoltant les votes des partis de droite, mais le seuil électoral étant relativement haut, il est contraint de concentrer sa campagne ailleurs, de peur qu’ils ne restent à la porte de la Knesset, selon la Douzième chaîne.

Le soutien de Netanyahu à une fusion avec le parti extrémiste Otzma Yehudit, qui augmenterait les chances de la faction d’entrer dans l’arène politique, a suscité la critique des élus.

« Le fait que Netanyahu cherche à faire entrer à la Knesset la faction kahaniste de (Itamar) Ben Gvir, de (Michael) Ben Ari et de (Bentzi) Gopstein est une preuve de plus qu’il a complètement perdu les pédales », a tweeté Lapid en référence aux membres de Otzma Yehudit, qui soutient ouvertement l’idéologie de Meir Kahane. Le parti Kach, du rabbi d’extrême-droite avait été interdit en Israël en vertu des lois anti-terroristes dans les années 80.

« Il n’y a pas que [Menachem] Begin qui aurait été choqué. Il y a trois ans, Netanyahu lui-même aurait été horrifié par cette idée », a conclu Lapid.

Samedi, Netanyahu s’est tourné vers des responsables du Likud pour tenter de réserver davantage de places sur la liste du parti. Certains y ont vu un signe qu’il tentait d’intégrer des personnalités où une petite faction.

Aryeh Deri, à droite, président du parti Shas, et le ministre de Yahadout HaTorah Yaakov Litzman pendant une rare réunion conjointe des deux formations à la Knesset, le 19 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon les sondages, le Likud obtiendrait une trentaine de sièges, mais ces chiffres pourraient grimper s’il s’allie avec un rival de droite. Hossen LeYisrael, un parti centriste formé par l’ancien général Benny Gantz, est pressenti pour décrocher une vingtaine de sièges si les élections avaient lieu aujourd’hui. Selon des sondages menés la semaine dernière, une fusion entre Hossen LeYisrael et Yesh Atid obtiendrait environ 35 sièges et le bloc pourrait se renforcer davantage si d’autres partis de centre-gauche s’y associaient.

Le président du parti Yesh Ati Yair Lapid (g) et celui du parti Hossen LeYisrael Benny Gantz. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90, Hadas Parush/Flash90)

L’appel de Netanyahu à ces trois places réservées survient à l’avant-veille des primaires du Likud, qui auront lieu mardi.

Dans une lettre explicative, Netanyahu affirme qu’il est « convaincu que cela est nécessaire pour augmenter nos chances de gagner ces élections ».

« Chers membres du Likud, nous sommes face à une campagne difficile. La gauche et les médias déploient d’intenses efforts pour renverser le gouvernement du Likud. Nous devons nous préparer de façon adéquate », a-t-il écrit.

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