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De nouveaux camps romains identifiés en Jordanie grâce à Google Earth

Ces camps laissent penser à une campagne menée en Arabie qui était jusque là inconnue ; ils pourraient être liés à la conquête du royaume nabatéen

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un site qui aurait hébergé, selon les chercheurs, les vestiges d'un camp romain temporaire dans le désert d'Arabie. (Crédit : APAAME)
Un site qui aurait hébergé, selon les chercheurs, les vestiges d'un camp romain temporaire dans le désert d'Arabie. (Crédit : APAAME)

Des archéologues ont identifié trois sites qui semblent avoir été des camps militaires temporaires – des sites qui se trouvent sur des territoires situés dans le nord de l’Arabie et qui laissent penser à une campagne précédemment inconnue.

Cette découverte a été faite par le biais de captures d’images à distance, avec notamment des photographies de Google Earth.

La recherche effectuée par l’école d’archéologie de l’université d’Oxford, une recherche publiée dans le journal Antiquity, a indiqué qu’il n’était pas encore possible de dater les camps, qui se trouvent à l’Est de Bavir, en Jordanie. Elle laisse toutefois entendre qu’ils peuvent être entrés dans le cadre de l’annexion par les Romains du royaume nabatéen, centré autour de Petra, une ville du désert.

Cette annexion avait eu lieu en l’an 106 de l’ère commune.

Michael Fradley, à l’origine de la recherche, a déclaré à la BBC que « nous sommes presque certains qu’ils ont été construits par l’armée romaine ».

Même si l’étude n’a pas mentionné Masada, un site montagneux du sud d’Israël que les Romains, selon la légende, auraient assiégé, il y a des vestiges d’un camp romain datant d’à-peu-près la même période sur la base de la montagne.

Les chercheurs ont analysé des images satellites du sud de la Jordanie issues du projet EAMENA (Archéologie en péril du Moyen-Orient et en Afrique du nord) qui utilise des photos capturées par Google Earth. Ils ont découvert une légère trace d’un camp et ils ont par ailleurs identifié deux sites supplémentaires à l’Est, le plus éloigné étant situé près de la frontière entre la Jordanie contemporaine et l’Arabie saoudite. Les camps ont ultérieurement été photographiés en novembre 2022 dans le cadre du projet AAJ (Archéologie aérienne en Jordanie).

Les camps, avaient estimé les chercheurs, « ont la forme classique des forteresses ou des camps romains, la forme d’une carte de jeu ».

Les images montraient des entrées symétriques typiques des camps temporaires de l’armée romaine lorsqu’elle était en marche.

« Les forts et les forteresses romaines montrent comment Rome détenait une province mais les camps temporaires montrent comment les Romains parvenaient en premier lieu à acquérir ces territoires », a déclaré Mike Bishop, expert de l’université d’Oxford sur l’armée romaine, à la BBC.

Le plus grand de ces camps est de 125 mètres sur 105 mètres et les deux autres sont d’environ 95 mètres sur 65 mètres. Ils sont trop éloignés les uns des autres pour que les troupes d’infanterie aient pu les rejoindre en une seule journée, ce qui vient soutenir l’hypothèse qu’ils avaient accueilli des cavaliers, voire des chameaux.

Selon les chercheurs, il n’y a que quatre autres exemples possibles de camps romains temporaires qui ont été découverts en Jordanie, avec notamment un qui se trouve à Azaima, au nord de la mer Morte.

La campagne contre le royaume nabatéen qui avait été menée par Marcus Aemilius Scaurus en l’an 62 de l’ère commune est racontée par Josephus, historien juif de l’époque, qui avait aussi consigné la destruction du Second Temple de Jérusalem, en l’an 70 de l’ère commune.

Josephus avait aussi écrit sur le siège de Masada, dans la région de la mer Morte, et sur la conquête de la forteresse par les Romains, trois ans plus tard.

Après la destruction du Second Temple de Jérusalem, des rebelles avaient résisté pendant trois ans à l’armée romaine qui avait construit un camp à la base de la montagne, dont les vestiges sont encore visibles aujourd’hui. Sept autres camps romains avaient aussi été identifiés dans le secteur.

De grosses pierres qui étaient lancées par les Romains aux défenseurs de la forteresse sont encore visibles sur le site de cette dernière, au sommet de la montagne, ainsi que des vestiges de la rampe qui avait été finalement utilisée par les attaquants pour entrer sur le site. Les résistants, au sein de la forteresse, se seraient suicidés pour éviter d’être capturés par les Romains.

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