Décès de David Shuker, dernier Juif de la communauté d’Arabie saoudite, de Najran
Cet Israélien, né dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite en 1944, alors considéré comme faisant partie du Yémen n'a jamais obtenu l'autorisation d'y retourner
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David Shuker, un Israélien qui se présentait comme le dernier survivant de la communauté juive de Najran en Arabie saoudite, est décédé, ont annoncé mercredi des sources communautaires. Il était âgé de 82 ans.
Au mois d’octobre 2022, Shuker avait lancé plusieurs appels publics aux responsables du royaume pour qu’ils lui permettent de se rendre sur son lieu de naissance avant de mourir – notamment dans une tribune libre qui avait été publiée dans le Wall Street Journal.
« Je demande au prince héritier Mohammed ben Salmane et à son père, le roi Salmane, de me permettre de me rendre dans ma ville natale, Najran, tant que je suis encore debout… pour voir où mes grands-parents sont enterrés », avait dit Shuker, ancien maire de la ville de Bnei Ayish, une ville située à proximité d’Ashdod, à la Treizième chaîne à l’époque.
Malgré les discussions portant sur une éventuelle normalisation des liens entre l’Arabie saoudite et Israël, ces dernières années, les Israéliens restent interdits d’entrée dans le royaume – et la demande n’avait pas été acceptée.
Shuker était né à Najran, une ville située à la frontière sud-ouest de l’Arabie saoudite, en 1944. Autrefois considérée comme partie intégrante du Yémen, la localité avait été conquise par l’Arabie saoudite lors de la création du royaume en 1934. Elle était connue pour abriter une petite communauté juive – mais les persécutions liées à la création d’Israël avaient poussé la majorité de ses membres à fuir vers le Yémen, puis vers Israël.
« Après la création de l’État d’Israël en 1948, les Juifs avaient été convoqués par les représentants du roi pour se rassembler sur la place principale », avait écrit Shuker dans le WSJ. « Un convoi de chameaux attendait là, avec 260 personnes, pour la plupart des enfants comme moi. Les biens de nos familles avaient été chargés sur les chameaux et, avant le coucher du soleil, nous avions commencé à marcher vers la frontière yéménite ».
De là, sa famille avait ensuite été emmenée en Israël en 1951.
Avant d’être expulsés, les Juifs étaient présents en Arabie saoudite depuis des siècles, selon les historiens.
« Les Juifs vivaient à Najran bien avant la domination saoudienne. En fait, il y a des preuves qui indiquant que des Juifs y vivaient déjà il y a 2 000 ans », avait dit Shuker au cours d’un entretien avec la Treizième chaîne, en 2022. Certaines traditions remontaient aux dix tribus perdues d’Israël.
« Nous étions ouvertement juifs. Les relations entre les communautés juive et musulmane étaient très étroites. Ils nous aidaient même à respecter le Shabbat », avait-il raconté. Mais « les dirigeants nous traitaient comme des citoyens de seconde zone… Les Juifs n’étaient pas égaux aux musulmans ».
« Contrairement à la règle en vigueur dans le Yémen voisin, les Juifs de Najran étaient autorisés à porter le poignard traditionnel, le jambiya, à leur ceinture », avait écrit Shuker dans le WSJ. « À ce jour, je me souviens encore des soldats du roi qui me gâtaient en me donnant des bonbons et qui me caressaient mes cheveux bouclés ».
Dans un article annonçant son décès, le Centre du patrimoine des communautés juives yéménites et israéliennes a qualifié Shuker de « personnalité publique aux multiples facettes, dont l’image est intimement liée à l’histoire des Juifs du Yémen en général et de la communauté de Najran en particulier ».
« Son histoire est celle des Juifs yéménites : tradition, foi, travail et préservation de l’identité de génération en génération », a ajouté l’organisation. Aujourd’hui, les registres officiels indiquent qu’aucun Juif ne vit en Arabie saoudite, même si on estime qu’entre quelques dizaines et plusieurs milliers y vivent pour des raisons commerciales, financières ou diplomatiques.
Heartbreaking news this morning: David Shuker, known as the "last Jew from Saudi Arabia," has passed away.
He died without ever being allowed to return to the land where he was born. The land he loved. The land he longed to see one last time.
He was barred from reentering Saudi…— Amjad Taha أمجد طه (@amjadt25) February 24, 2026
L’Arabie saoudite et Israël n’ont pas de relations diplomatiques officielles – mais les liens se sont discrètement réchauffés ces dernières années, en grande partie en raison de leurs inquiétudes communes face à l’Iran et en ce qui concerne la sécurité régionale. L’Arabie saoudite a parfois fait preuve d’une ouverture prudente à la normalisation dans le cadre des accords d’Abraham. Toutefois, les deux pays n’entretiennent pas de relations ouvertes et les citoyens israéliens ne peuvent pas se rendre dans ce pays.
la Communauté du Times of Israël !







