D’éminents rabbins haredim recommandent de ne pas se rendre au mur Occidental
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D’éminents rabbins haredim recommandent de ne pas se rendre au mur Occidental

Chaim Kanievsky et Gershon Edelstein, d'éminentes personnalités de la communauté ultra-orthodoxe lituanienne, mettent en garde contre le danger d'une visite à la Vieille Ville

Des Juifs ultra-orthodoxes au mur Occidental en juin 2011. Illustration. (Crédit : Sophie Gordon/Flash90)
Des Juifs ultra-orthodoxes au mur Occidental en juin 2011. Illustration. (Crédit : Sophie Gordon/Flash90)

Deux éminentes personnalités de la communauté ultra-orthodoxe ont mis en garde, dimanche, les fidèles, leur demandant de ne pas se rendre au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, pour la fête de Shavouot, citant les dangers entraînés par les violences entre les communautés juives et arabes du pays.

Chaim Kanievsky et Gershon Edelstein, considérés comme de hautes autorités au sein de la population haredim d’origine lituanienne, ont appelé à éviter tout péril et à ne pas se livrer à des provocations dans le contexte actuel.

Leur plaidoyer, qui a été publié en première page du journal Yated Ne’eman – dont la cible est la communauté ultra-orthodoxe – survient après plusieurs jours d’affrontements meurtriers dans les villes de tout le pays entre citoyens juifs et arabes. Ce sont parmi les pires violences ethniques connues sur le territoire israélien depuis des années.

Il faut faire attention « en ces journées où nos ennemis relèvent la tête, Dieu nous en préserve, et qu’ils tentent de nuire à la communauté en Terre sainte », ont écrit les rabbins.

Le rabbin Chaim Kanievsky participe à un événement de campagne pour le parti ultra-orthodoxe Degel HaTorah dans la ville de Safed, au nord du pays, le 26 février 2020. (David Cohen/Flash90)

Shavouot, qui commence dimanche soir, fête le don de la Torah aux Israélites, comme le raconte la bible. A Jérusalem, cette célébration d’une journée est marquée par le pèlerinage de milliers de fidèles au mur Occidental, avant l’aube, où ils vont prier.

Les deux itinéraires les plus communs obligent à emprunter les allées étroites de la Vieille Ville, l’un traversant une partie du marché arabe où les résidents vivent au-dessus des boutiques. Même si les magasins sont fermés à cette heure de la nuit, le passage des fidèles par le marché est souvent accompagné par des chants et des danses bruyantes.

« Il est convenable de ne pas se mettre en danger et de ne pas se rendre au mur Occidental pour Shavouot et également dans d’autres endroits, et il faut être vigilant et ne pas traverser de lieux susceptibles de représenter une provocation pour les nations [les non-Juifs] », ont encore écrit les rabbins.

Kanievsky et Edelstein ont averti qu’il ne fallait pas, « Dieu nous en préserve, commettre toute action susceptible de provoquer les nations, car ce n’est pas ce que nous enseigne la Torah ».

Ils ont aussi vivement recommandé aux fidèles de se tenir à l’écart des manifestations et « de ces lieux où les esprits haineux se rassemblent ».

Le Rabbi Gershon Edelstein, directeur de la yeshiva Ponovitz, chez lui après avoir allumé les bougies le quatrième soir de Hanoukkah, à Bnei Brak, le 5 décembre 2018. (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)

La Fondation du patrimoine du mur Occidental, qui administre le secteur du mur, a indiqué dans un communiqué qu’elle s’était préparée en s’attendant à ce que de nombreux milliers de fidèles arrivent, comme c’est habituellement le cas.

L’année dernière, le public, au mur Occidental, avait été très peu nombreux en raison des limites imposées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Vestige du second des deux Temples juifs qui se dressaient sur le mont du Temple, l’emblématique mur Occidental est le lieu le plus saint où les Juifs peuvent prier.

Les tensions entre les communautés arabes et juives sont montées en flèche, dégénérant en violences et transformant certaines villes qui étaient, jusque-là, des symboles de coexistence ethniques en zones de guerre. La police a paru mal préparée pour gérer ces troubles, les plus graves depuis des années.

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