Démolitions en Cisjordanie : le bureau de Netanyahu réprimandé par Mandelblit
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Démolitions en Cisjordanie : le bureau de Netanyahu réprimandé par Mandelblit

L'Etat consent à ne pas détruire les avants-postes en raison des pressions du bureau du Premier ministre tout en démolissant les constructions palestiniennes illégales

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des employés de l'Administration civile démolissent deux structures dans l'avant-poste illégal de Shevah Ha'aretz près de Yitzhar, le 24 octobre 2019. (Autorisation)
Des employés de l'Administration civile démolissent deux structures dans l'avant-poste illégal de Shevah Ha'aretz près de Yitzhar, le 24 octobre 2019. (Autorisation)

Le bureau du procureur général a réprimandé le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui, selon lui, intervient régulièrement pour bloquer les initiatives de destruction, par les forces chargées de l’application de la loi, des avants-postes israéliens en Cisjordanie.

Dans un courrier du mois d’octobre dont le contenu a été dévoilé jeudi par le quotidien Haaretz , le vice-procureur-général Erez Kaminitz a écrit au directeur du bureau du Premier ministre, Ronen Peretz, en le réprimandant sur « l’augmentation très alarmante du nombre de dossiers qui, à notre grande inquiétude, semble révéler l’existence d’une tendance très problématique qui viserait à saper l’Etat de droit ».

Parmi les cas cités par Kaminitz, des ordonnances de démolition concernant l’avant-poste de Sde Ephraim, à côté de Modiin Illit, celui de Givat Assaf, près de Beit El et de Havat Negohot, dans le sud de la Cisjordanie. Le vice-procureur-général a indiqué qu’une tactique fréquente utilisée par le bureau du Premier ministre pour empêcher les destructions était de de demander à l’administration civile – instance du ministère de la Défense chargée de faire appliquer la loi contre les constructions illégales en Cisjordanie – de reporter les exécutions de démolition. Les structures mobiles ne peuvent être enlevées si elles ont obtenu la permission de rester plus de 60 jours, selon la loi martiale appliquée en Cisjordanie.

Dans un exemple flagrant survenu au mois de septembre, l’administration civile avait programmé d’évacuer l’avant-poste de Mitzpe Yehuda, au sud de Kedar, où les autorités avaient trouvé une tente, une réserve d’eau, un réfrigérateur de fourgon et des matelas. Lorsqu’il avait reçu l’ordonnance, Shlomo Neeman, président du conseil régional de Gush Etzion, avait envoyé un courrier en urgence à Avi Roeh, ancien chef de l’organisation-cadre du conseil de Yesha, qui sert actuellement au poste de conseiller du ministère de la Défense sur les affaires liées aux implantations, le pressant d’intervenir au nom des habitants de cet avant-poste.

Il avait affirmé que l’avant-poste se trouvait sous la compétence du conseil régional de Gush Etzion et qu’il était en cours de légalisation. Cela n’avait été que plusieurs semaines plus tard que la municipalité avait soumis une requête réclamant le début de la légalisation de Mitzpe Yehuda. En même temps, Roeh avait ordonné à l’administration de geler les plans de démolition.

Il avait également donné comme instruction à l’administration civile de faire enlever une tente palestinienne qui avait été illégalement dressée à proximité, comme le lui avait demandé Neeman.

Les Palestiniens du village voisin d’as-Sawahira ash-Sharqiya ont porté plainte devant la Haute-cour en demandant la démolition de Mitzpe Yehuda qui, selon eux, a été construit sur des terres leur appartenant – mais l’ordonnance de démolition de l’administration civile a depuis été supprimée.

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