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Deri continuera à diriger les activités du Shas à la Knesset

Après sa condamnation pour délits fiscaux, le leader du Shas va encore diriger les réunions de faction de son parti mais il ne pourra pas voter, rapporte une source de la formation

Le chef du parti Shas Aryeh Deri quitte la cour des magistrats de Jérusalem après avoir plaidé coupable pour délits fiscaux dans le cadre d'une négociation de peine, le 22 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Shas Aryeh Deri quitte la cour des magistrats de Jérusalem après avoir plaidé coupable pour délits fiscaux dans le cadre d'une négociation de peine, le 22 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Malgré sa démission de la Knesset, cette semaine, dans le cadre de sa négociation de peine, le leader du Shas Aryeh Deri a l’intention de continuer à diriger la faction et de participer au quotidien de la Knesset, selon une haute personnalité du parti Shas.

Deri a signé une négociation de peine au mois de décembre avec pour objectif de régler une affaire de délits fiscaux liés à des transactions immobilières. Dans le cadre de cet accord, Deri a accepté de reconnaître qu’il n’avait pas payé d’impôts sur le revenu sur la vente d’un appartement et qu’il avait fait de fausses déclarations. Il a démissionné de la Knesset et il paiera une amende de 180 000 shekels. Deri n’a pas écopé d’une désignation de « turpitude morale » – ce qui lui aurait interdit de siéger à la Knesset pendant sept ans.

C’était son deuxième accrochage majeur avec la loi – après une condamnation, en 1999, pour pots-de-vin et abus de confiance pour des agissements commis lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, ce qui avait entraîné la condamnation de Deri à 22 mois de prison et à une période hors de la vie politique suite à une qualification de « turpitude morale ». Deri était retourné en politique et avait été réélu sur la liste du Shas en 2013.

Une haute personnalité du Shas a indiqué jeudi au Times of Israel que la négociation de peine de Deri, ainsi que sa démission, ne changeraient en pratique que peu de choses – hormis pour sa désignation officielle de législateur. Deri continuera à participer pleinement à la vie de la Knesset, comme s’il était un député sans pouvoir de vote.

« C’est lui qui est en charge de tout ce qui arrive au sein du parti Shas – mais techniquement parlant, il n’est pas membre de la Knesset », a dit la source.

Selon la source du Shas, Deri continuera à diriger les réunions de faction du Shas, le lundi, et il restera représentant du parti lors des rencontres des dirigeants du « bloc de droite » qui ont lieu au bureau du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu.

Le leader de l’opposition, le député Benjamin Netanyahu, discute avec Aryeh Deri pendant une session de la Knesset, le 4 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Si des élections doivent être organisées, Deri pourra s’y présenter – à moins que la Commission centrale électorale ne lui interdise de le faire.

« La loi l’autorise à le faire », a dit la source.

Elle a indiqué au Times of Israel que Deri continuerait également à gérer la stratégie de vote du parti à la Knesset, tenant notamment un rôle-clé dans la coordination de l’opposition avec le président de la Liste arabe unie, le député Ahmed Tibi.

« [Deri] est le seul qui puisse assurer le lien entre Tibi et Bibi [Netanyahu] », a expliqué la source. « Pour renverser ce gouvernement, nous devons coopérer avec toute l’opposition, notamment avec la Liste arabe unie. »

Le député et chef de la Liste arabe unie (à gauche), Ahmad Tibi, et le chef et ancien député du Shas Aryeh Deri, pendant une session de la Knesset, le 19 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Il continuera son travail, avec Netanyahu, visant à renverser ce gouvernement », a-t-il continué.

Depuis l’établissement, au mois de juin 2021, du gouvernement actuel – qui a écarté le Shas, Netanyahu et plusieurs partis de l’opposition -, il y a eu un effort concerté parmi les formations d’opposition juives, avec l’aide, parfois, de la Liste arabe unie, afin de renverser la coalition. Cela a entraîné une stratégie qui a accordé par moment la priorité au refus des efforts législatifs de la coalition, même s’ils faisaient la promotion d’un contenu favorable à leurs idéologies.

Le Shas a clairement articulé cette stratégie concernant le débat à la Loi de 2003 sur l’Entrée dans le pays et sur la Citoyenneté. Cette législation, controversée parce qu’elle interdit aux Palestiniens qui épousent des Israéliens d’obtenir un permis de résidence israélien, avait été renouvelée par la Knesset tous les ans depuis qu’elle avait adoptée. Même si elle est conforme aux politiques prônées par le Shas, le parti a fait en sorte de torpiller le texte « pour interférer » dans les efforts de la coalition, a dit la source.

« On ne va pas les sauver, on ne va pas adopter des lois pour eux », a-t-elle ajouté, évoquant le fait que le gouvernement actuel ne détient qu’une faible majorité de 61 sièges à la Knesset, forte de 120 membres.

Concernant les priorités politiques législatives, il a expliqué qu’il « ne s’agit pas du Shas aujourd’hui mais du bloc de droite ».

Au départ de Deri de la Knesset, mardi, c’est Yosef Taieb qui a prêté serment pour le remplacer sur les bancs du parlement.

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