Deri de nouveau interrogé par la police dans une affaire de corruption en cours
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Deri de nouveau interrogé par la police dans une affaire de corruption en cours

Le ministre de l'Intérieur et dirigeant du parti Shas est soupçonné d'avoir détourné des fonds publics vers des ONG gérées par des proches

Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri vote pour la nomination du prochain contrôleur de l'État dans la salle des séances plénières de la Knesset à Jérusalem, le 3 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri vote pour la nomination du prochain contrôleur de l'État dans la salle des séances plénières de la Knesset à Jérusalem, le 3 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Pour la deuxième fois en un peu plus d’une semaine, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a été interrogé jeudi matin alors que les enquêteurs continuaient d’enquêter sur des soupçons de corruption contre le député, a indiqué la police.

La police a précisé que l’interrogatoire par l’unité antifraude Lahav 433 était lié à une enquête en cours, et non à une nouvelle affaire.

Deri a affronté les enquêteurs pour la dernière fois il y a un peu plus d’une semaine, jeudi.

Il est soupçonné d’avoir détourné des centaines de milliers de shekels de fonds publics vers des ONG gérées par des membres de sa famille immédiate, ainsi que de fraude fiscale liée à la vente d’appartements à son frère.

L’enquête, qui est supervisée par le procureur général Avichai Mandelblit, est menée en coopération avec l’autorité fiscale et la division anti-blanchiment du ministère de la Justice.

« En dehors de cela, naturellement, nous ne pouvons pas fournir de détails supplémentaires sur une enquête en cours », a déclaré la police.

Une mise en examen obligerait Aryeh Deri à prendre congés de son poste au sein du gouvernement.

Bien que le Premier ministre Benjamin Netanyahu fasse également l’objet d’une enquête criminelle, le statut juridique de Deri serait différent de celui du Premier ministre, même si les deux étaient inculpés. La loi israélienne stipule que si un Premier ministre peut continuer à exercer ses fonctions tant qu’il n’a pas été reconnu coupable d’un délit, un ministre doit quitter son poste si un acte d’accusation lui est adressé.

Le dirigeant du parti ultra-orthodoxe Shas avait fait part de sa volonté de rester ministre de l’Intérieur dans le prochain gouvernement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 3 décembre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

En novembre 2018, la police a recommandé de poursuivre Aryeh Deri pour des soupçons de fraude, d’abus de confiance, d’entrave à la justice, de blanchiment d’argent et de fraude fiscale à hauteur de plusieurs millions de shekels. Certains faits se seraient produits alors qu’il était en poste au gouvernement.

Il avait a purgé une peine de 22 mois de prison entre 2000 et 2002, après avoir été reconnu coupable d’avoir accepté des pots-de-vin alors qu’il était ministre de l’Intérieur dans les années 1990.

Il avait repris la tête du parti Shas peu après les élections de 2015, remplaçant ainsi Eli Yishai. Il avait retrouvé à son poste de ministre de l’Intérieur en 2016, après qu’un tribunal a statué que son ancienne condamnation ne l’empêchait pas d’occuper cette fonction.

Netanyahu est suspecté dans trois enquêtes criminelles, dans lesquelles les enquêteurs ont recommandé une mise en accusation pour corruption. Mandelblit a annoncé en février qu’il avait l’intention d’inculper le Premier ministre dans les trois affaires, en attendant une audience, qui devrait avoir lieu début octobre. Netanyahu nie tout acte répréhensible.

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