« Dernières lettres d’enfants » : l’exposition virtuelle de Yad Vashem
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« Dernières lettres d’enfants » : l’exposition virtuelle de Yad Vashem

Le projet reprend les dernières cartes et lettres de 5 enfants âgés de 7 à 13 ans tués pendant la Shoah à leurs parents ou grands-parents

Les 4 enfants de la famille Paluch, originaires de Pologne. (Crédit : Yad Vashem)
Les 4 enfants de la famille Paluch, originaires de Pologne. (Crédit : Yad Vashem)

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant le mois dernier, le mémorial de Yad Vashem a réalisé une exposition virtuelle intitulée « Dernières lettres d’enfants pendant la Shoah », disponible sur le site de l’institution.

Celle-ci reprend les dernières cartes et lettres de 5 enfants âgés de 7 à 13 ans tués pendant la Shoah à leurs parents ou grands-parents.

Les enfants avaient été séparés des leurs pour être cachés ou confiés. Le projet retrace ainsi leur triste destinée et celle de leurs proches.

« Ma chère maman, je t’écris. Je veux te voir… Tout mon amour à maman et à Sonyush », écrit Hersch Paluch, 13 ans, depuis le ghetto de Konskie, en Pologne, à sa mère Helena, alors en Argentine.

« Cher papa, nous allons bien », écrivent les sœurs Suzan et Lili Klein, nées en 1935 et 1937, déportées à Auschwitz avec les Juifs du comitat du Behar, en Hongrie.

Rivka Folkenflick, 11 ans, originaire de Borchtchiv, en Pologne, abattue peu avant ses 12 ans, écrit : « Mère ne sois pas fâchée si j’écris si peu, l’homme n’a pas eu le temps d’attendre. »

« Cher papa et maman, Grand-mère et moi allons faire un tour chez tante Maria. Je vous embrasse et vous serre très fort dans mes bras », écrit lui Edik Tonkonogi, 7 ans, depuis Odessa.

« Opa, j’ai planté des haricots bruns et des pois. J’ai l’autorisation d’avoir des chenilles parce qu’elles vont devenir des papillons », écrit à ses grands-parents Jacob Hijman Marcus, assassiné à Auschwitz.

« Avec l’accession au pouvoir des nazis en Allemagne, les communautés juives sont progressivement soumises à des bouleversements sociaux et familiaux de la plus grande violence, écrit Yad Vashem. Dans cette nouvelle réalité, les enfants perdent progressivement leurs repères pour se retrouver projetés dans un quotidien empreint de privations et de brutalité. Les difficultés vont encore s’accentuer pour ceux confinés dans des cachettes exiguës ou confrontés à la faim, au froid, aux infections, envoyés dans des ghettos ou des camps. Quant à ceux, séparés de leurs familles, la survie sans parents va s’avérer encore plus dure. »

Ces mots rappellent l’horreur de la Shoah, qui n’a pas épargné même les plus jeunes des familles juives d’Europe.

Le mémorial de Yad Vashem, qui dispose de milliers d’archives personnelles sur la Shoah, a également mis en ligne différents documents tels que le journal de bord d’une maison d’enfants suisses durant Hanoukka 1944 et des dessins.

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