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Des associations juives apportent leur soutien à l’imam Chalghoumi

L'imam a été visé par une tentative d’attentat vendredi dernier, dans la mosquée de Drancy, en Seine-Saint-Denis, où il officie

L’imam Hassen Chalghoumi, le 1er octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Francois Mori)
L’imam Hassen Chalghoumi, le 1er octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Francois Mori)

Vendredi dernier, un homme armé d’un couteau s’est introduit dans la mosquée de Drancy, en Seine-Saint-Denis. L’imam qui y officie, Hassen Chalghoumi, a été exfiltré par la police. Aucun blessé n’a été à déplorer.

Selon Hassen Chalghoumi, interrogé par le site actu.fr Seine-Saint-Denis, la mosquée avait été prévenue de l’arrivée de l’individu armé : « On a reçu un appel qui a prévenu qu’un homme allait venir pour faire un carnage à la mosquée de Drancy. Une quarantaine de policiers sont venus en renfort. Ils ont repéré la personne qui est entrée dans la salle de prière. »

L’individu a été interpellé et placé en garde à vue pour port d’arme de catégorie B, a indiqué le parquet de Bobigny.

« J’ai été très vite évacué de la mosquée et mis en sécurité. On a évité le drame. Je rends hommage à tous ces policiers. Cela fait des années que je vis sous protection policière, à force je m’habitue à ces situations mais je suis quand même choqué. Mais ils ne me feront pas peur, je n’arrêterai pas mon combat », a déclaré Hassen Chalghoumi.

Suite à cette tentative d’attaque, plusieurs associations et responsables juifs ont réagi.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme a ainsi réagi par un communiqué, lui affirmant son soutien.

L’Organisation juive européenne a fait de même sur Twitter.

Gil Taieb, vice-président du CRIF et du FSJU, a dénoncé la tentative d’attaque et exprimé sa solidarité.

L’AJC Paris ou encore Marek Halter ont également réagi.

L’imam, connu pour son implication dans des initiatives interconfessionnelles, fait l’objet de menaces par des activistes proches des milieux islamistes et pro-palestiniens depuis de longues années.

Il a commencé à recevoir des menaces de mort en 2005 après avoir appelé au respect des commémorations de la Shoah. En 2009, sa voiture a été incendiée et sa maison attaquée.

« J’ai commencé à recevoir des menaces de mort au nom d’une cause qui n’a rien à voir [avec mes paroles], la cause palestinienne, au nom d’une idéologie de haine, peut-être contre la politique israélienne, ou pour un véritable antisémitisme », déclarait Chalghoumi en février dernier.

Bon nombre des menaces de mort que Chalghoumi a reçues l’ont été pour ses liens amicaux avec le CRIF, le groupe qui représente les communautés juives françaises, et pour s’être rendu en Israël à plusieurs reprises.

Lors d’une tournée en Cisjordanie avec des dirigeants d’implantations en 2019, Chalghoumi a déclaré que soutenir le boycott d’Israël était contraire à la loi coranique, et qu’il espérait favoriser le dialogue entre Israéliens et Palestiniens afin qu’aucune « mère – ni Israélienne ni Palestinienne – ne pleure » dans le futur.

Hassen Chalghoumi dénote du discours religieux musulman, notamment pour son soutien à l’interdiction de la burqa en France.

Malgré les menaces, il a affirmé que sa femme l’encourageait à continuer de s’exprimer.

Elle et ses enfants ont déjà été agressés et menacés en raison des positions de l’imam. Il a expliqué que sa femme et ses enfants n’utilisaient plus son nom de famille, par sécurité. Sa famille a quitté la France pour un pays inconnu, mais lui est resté en France le temps de terminer la mission qu’il s’est donnée.

L’imam a déclaré se rendre à la mosquée à différents moments de la journée pour rendre plus difficile la poursuite d’un agresseur potentiel. Il a aussi indiqué porter un gilet pare-balles pour se protéger.

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