Des centrales électriques controversées approuvées malgré le rejet de Steinitz
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Des centrales électriques controversées approuvées malgré le rejet de Steinitz

La commission des infrastructures a donné son feu vert au projet de deux centrales auxquelles s'oppose le ministre de l'Energie - Kesem et Rencontre de paix dans la plaine côtière

Des Israéliens manifestent aux abords de la Cour suprême de Jérusalem contre la construction d'une centrale électrique privée aux environs de Hasharon, dans le centre d'Israël, le 15 octobre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des Israéliens manifestent aux abords de la Cour suprême de Jérusalem contre la construction d'une centrale électrique privée aux environs de Hasharon, dans le centre d'Israël, le 15 octobre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Comité national des infrastructures a accepté, lundi, le dépôt du plan de construction d’une centrale électrique privée et alimentée au gaz appelée Kesem, qui sera située près de Rosh Haayin et de la ville arabe de Kafr Qasim, dans le centre du pays – ignorant l’opposition au projet des ministères de l’Energie et de la Protection environnementale, et celle des autorités locales.

Il a également accepté de faire avancer les plans d’OPC 2, une extension d’une usine existante située dans la ville côtière de Hadera, dans le nord du pays – prenant le pas, là aussi, sur le rejet du projet par les autorités locales.

Les deux plans ont été déposés, ce qui ouvre la voie de leur transfert aux commissions de planification de district concernées où elles seront commentées. Le public, lui aussi, sera invité officiellement à faire part de ses remarques et de ses objections.

Au mois d’août, le ministère de l’Energie avait déclaré que les avancées réalisées dans les secteurs technologiques permettraient à Israël de s’approvisionner à hauteur de 30 % pour ses besoins énergétiques à partir des énergies renouvelables à l’horizon 2030.

Cette prévision avait permis l’annulation des plans de construction de quatre centrales électriques alimentées au gaz : Mevoot Gilboa, qui devait être installée au sud de la ville d’Afula, dans le nord du pays ; Sagi 2000, à l’ouest d’Afula ; Zvaim, à proximité de Beit Shean, dans le nord de la vallée du Jourdain ; et Hartuv, dans le secteur de Beit Shemesh, à l’ouest de Jérusalem.

Répétant qu’une perspective d’approvisionnement en électricité à 100 % à partir des énergies renouvelables est un objectif qui ne pourra pas être atteint avant de nombreuses années, le ministère de l’Energie veut encore qu’il y ait suffisamment de centrales pour pouvoir fournir 4 000 mégawatts d’électricité, espérant que seulement 1 400 MW seront nécessaires.

Conformément à une décision prise par le gouvernement au mois d’octobre, les plans pour de nouvelles centrales situées dans des secteurs qui n’ont pas encore été zonés de manière appropriée devraient être gelés, avec une préférence accordée à celles qui seront construites aux abords d’infrastructures déjà existantes.

Contrairement au projet d’OPC 2 Hadera, Kesem ne sera pas construite près d’une infrastructure déjà établie et c’est la raison pour laquelle Yuval Steinitz s’y est opposé.

Des Juifs et des Arabes protestent contre le plan de centrale électrique Kesem. (Capture d’écran : YouTube)

Le ministère de la Protection environnementale, pour sa part, rejette la construction de toute nouvelle centrale électrique alimentée au gaz pour des raisons environnementales et de santé publique. Le gaz est une énergie fossile responsable du dérèglement climatique.

Les plans de deux autres centrales électriques – Dorad, qui sera installée dans la ville côtière d’Ashkelon, dans le sud du pays et OPC Rotem, dans la plaine de Rotem, au sud du désert du Negev – ont d’ores et déjà franchi la phase des objections publiques.

Une fois que le processus de recueil des objections publiques sera terminé pour Kesem et OPC 2, le comité se réunira, pendant l’été, pour déterminer quels projets, parmi les quatre plans, seront finalement présentés au gouvernement.

Les plans d’une cinquième centrale, Rencontre de paix, ont été présentés par le Reindeer Partnership, qui comprend Siemens, la Phoenix Insurance Company et deux Israéliens. Elle serait construite sur un site situé entre Kfar Saba, au nord de Tel Aviv, et la ville palestinienne voisine de Qalqilya en Cisjordanie.

Le ministre de l’Énergie, Yuval Steinitz, lors d’une conférence à Petah Tikva, le 30 mars 2019. (Capture d’écran/Treizième chaîne)

Au mois d’octobre, Steinitz avait fait comprendre à Oshrat Gani Gonen, à la tête du Conseil régional de Sharon, que le projet de Reindeer ne se réaliserait pas. Dimanche soir, elle et les autres membres du Conseil régional ont rencontré le ministre de l’Energie qui leur a confirmé l’abandon du plan de Reindeer.

Mais il s’avère finalement que le plan a fait son chemin à travers les divers stades de planification et qu’il est dorénavant prêt à être présenté, lui aussi, au gouvernement pour réflexion.

Mardi, le Conseil régional du sud de Sharon, qui représente 18 autorités locales, a condamné la décision de présenter à la fois les projets de Kesem et de Reindeer et il a demandé que l’un des plans soit officiellement et clairement rejeté, une bonne fois pour toutes.

Gidon Bromberg, le directeur israélien d’Ecopeace, qui s’est personnellement impliqué pour dénoncer le projet Reindeer, a qualifié la décision prise de « scandaleuse ».

Le graphique de la consommation d’électricité nationale s’éclaire sur la centrale électrique Reading. Crédit : Chen Leopold/ministère de l’Energie)

L’étude réalisée en vue de travaux supplémentaires visant à améliorer les capacités de la centrale électrique Reading de Tel Aviv, qui est connue pour sa cheminée emblématique, est actuellement examinée pour déterminer quels seraient les risques de l’élargissement de Reading pour l’environnement.

L’Association des villes pour la protection environnementale (Sharon Carmel), qui comprend 18 autorités locales et qui représente environ 700 000 résidents, s’oppose au plan d’OPC 2 à Hadera, en particulier parce que la centrale serait située à proximité d’écoles, de crèches et de quartiers résidentiels.

L’association a publié dimanche une évaluation professionnelle faisant état de l’augmentation de la pollution et du bruit qu’entraîneraient la construction d’OPC 2.

Les habitants de Hadera vivent également près de la centrale électrique Orot Rabin et de la plateforme offshore de gaz naturel Leviathan, installée le long de la côte, au nord.

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