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Des extrémistes de droite agressent des conducteurs à l’entrée de 2 kibboutzim

Des groupes d'extrême-droite ont brûlé des pneus, jeté des pierres et exigé que les conducteurs fassent l'éloge de Netanyahu et de Ben Gvir pour pouvoir rentrer chez eux. Certains policiers ne sont pas intervenus

Des militants de droite approchant des automobilistes à l'entrée d'un kibboutz dans le nord d'Israël, le 27 mars 2023. (Crédit : Capture d'écran vidéo ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Des militants de droite approchant des automobilistes à l'entrée d'un kibboutz dans le nord d'Israël, le 27 mars 2023. (Crédit : Capture d'écran vidéo ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Lundi, des activistes d’extrême-droite ont bloqué et menacé des conducteurs à l’entrée de deux kibboutzim parce qu’ils considéraient que les résidents s’opposaient aux efforts du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son gouvernement pour réformer le système judiciaire.

Ces attaques sont les dernières d’une série d’incidents de violence, de harcèlement et d’intimidation perpétrés par des manifestants de droite dans un contexte d’agitation nationale déclenchée par les efforts législatifs du gouvernement Netanyahu.

Les assaillants ont bloqué les carrefours à l’entrée d’Ein Harod et du quartier voisin de Tel Yosef, dans le nord d’Israël, ont mis le feu à des pneus, jeté des pierres sur des véhicules, craché sur leurs occupants et les ont injuriés, a rapporté Haaretz.

Les activistes d’extrême-droite ont laissé passer les véhicules qui semblaient provenir de la ville voisine de Beit Shean, bastion du Likud, le parti de Netanyahu, ou dont les conducteurs étaient religieux.

Les conducteurs ont été qualifiés de « gauchistes » et leurs voitures ont été bloquées. Les communautés des kibboutzim sont considérées comme largement à gauche.

Dans les vidéos de la scène obtenues par Haaretz, dont certaines ont été publiées sur les réseaux sociaux, on voit les activistes bloquer les véhicules tandis qu’une chanson pro-Netanyahu retentit en arrière-plan. Certains conducteurs ont été acclamés lors de leur passage.

La foule de militants a invectivé des conducteurs en les qualifiant de « gauchistes », en utilisant une insulte anti-LGBTQ, et s’est moqué d’eux alors que les véhicules s’alignaient dans la rue.

Dans l’une des vidéos, on y voit un activiste bloquant un conducteur et lui demandant de déclarer son soutien au ministre de la Sécurité nationale d’extrême-droite, Itamar Ben Gvir, et à Netanyahu, en désignant le Premier ministre par son surnom « Bibi ».

« C’est comme ça, les gauchistes ne rentreront pas. Dites que Bibi est l’homme de la situation, que vous êtes fous de Bibi et de Ben Gvir, et vous serez alors autorisés à rentrer chez vous », a-t-il déclaré à un conducteur âgé.

« Dites que Bibi est le Premier ministre et que vous soutenez les réformes, et que Ben Gvir est le ministre de la Sécurité nationale le plus viril qui ait jamais existé dans le pays.

L’un des activistes, Itzik Zarka, est un militant du Likud lié à la famille Netanyahu qui ne vit pas dans le quartier où s’est produit l’incident, a rapporté Haaretz.

L’un des conducteurs a déclaré qu’il avait été bloqué à un carrefour alors qu’il rentrait d’un match de basket avec son fils de 7 ans, qui a été terrorisé par l’incident.

« J’ai essayé de les contourner, comme les conducteurs qui me précédaient, mais ils ne m’ont pas laissé continuer à rouler. Ils étaient en train de brûler un pneu au milieu de la route, de mettre de grosses pierres sur la route, et ont commencé à se rassembler autour de la voiture, frappant aux fenêtres, certains d’entre eux avec des pierres à la main », a déclaré l’un des conducteurs.

Il a ajouté que son fils « est devenu hystérique et a commencé à pleurer et à demander ce qu’ils voulaient de nous, ce que nous avions fait, que nous étions de bonnes personnes ».

Le conducteur a déclaré avoir appelé la police, qui l’a ignoré, et qu’un véhicule de la police des frontières arrivé sur les lieux a également ignoré ses appels à l’aide et a quitté le carrefour sans prendre aucune mesure.

Il a ensuite fait sortir son fils du véhicule et les agresseurs l’ont frappé à coups de poing et de coude alors qu’il quittait les lieux. Le conducteur a ensuite trouvé un officier de police et l’a ramené sur les lieux, où l’officier a dit aux agresseurs de dégager les pierres de la route et de laisser passer les véhicules.

« Je m’inquiète surtout pour mon fils. Il a dit qu’il ne voulait plus vivre ici, qu’il avait l’impression de vivre avec des ennemis qui voulaient le tuer », a-t-il déclaré.

Les activistes ont bloqué une autre conductrice après qu’elle eut refusé d’ouvrir la fenêtre de sa voiture.

« Vous avez bloqué l’Ayalon, vous allez comprendre ce que ça fait maintenant. Vous comprenez ? », ont dit les assaillants, faisant référence à l’autoroute de Tel Aviv que les manifestants anti-gouvernement ont bloquée au cours du week-end.

La police israélienne a déclaré dans un communiqué que trois suspects avaient été arrêtés et interrogés à la suite de l’incident.

« La police continuera à autoriser la liberté d’expression et de protestation conformément à la loi, et maintiendra l’ordre public », a déclaré la police dans un communiqué.

Cet incident est le dernier d’une série d’attaques et de menaces de la part de manifestants d’extrême-droite.

Lundi, à Jérusalem, parmi les manifestants pro-réforme de Jérusalem, des dizaines de membres du groupe d’extrême-droite La Familia ont été filmés en train d’agresser des manifestants opposés à la réforme judiciaire, des passants arabes, des membres de la presse et des policiers.

La police a, par exemple, fait savoir qu’un chauffeur de taxi arabe avait été entouré par des manifestants qui ont jeté des objets sur son véhicule, donnant des coups de poing sur la fenêtre de sa voiture. Le chauffeur a essayé de prendre la fuite par une station service voisine, mais « il a été sauvagement attaqué par des émeutiers qui l’ont pris en chasse et qui ont fait d’importants dégâts sur son véhicule », ont noté les forces de l’ordre dans un communiqué. Elles ont ajouté qu’une enquête avait été ouverte sur l’incident et que trois individus avaient été arrêtés.

Une équipe de journalistes de la Treizième chaîne a également été attaquée lundi soir pendant la manifestation. Le reporter de la Treizième chaîne, Yossi Eli, a été hospitalisé pour une côte cassée et une atteinte présumée à la rate, tandis que le caméraman Avi Cashman a été blessé à la tête.

La police a arrêté plusieurs suspects mardi en relation avec ces incidents.

Les dirigeants de l’opposition ont exhorté mardi le gouvernement et la police à réprimer les violences commises par les partisans du gouvernement.

Depuis des semaines, Netanyahu accuse les manifestants anti-gouvernement, largement pacifiques, de violence et de préparer des assassinats politiques.

Depuis près de trois mois, des manifestations de masse hebdomadaires ont lieu pour s’opposer au plan de restructuration du système judiciaire, qui, selon les critiques, politiserait la Cour, supprimerait des contrôles essentiels du pouvoir gouvernemental et porterait gravement atteinte au caractère démocratique d’Israël. Les partisans de ces mesures assurent qu’elles permettront de contrôler un système judiciaire qui, selon eux, a dépassé ses limites.

Lundi soir, Netanyahu a annoncé qu’il suspendait temporairement la réforme du système judiciaire tant controversée de son gouvernement, afin de laisser la place à un dialogue.

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