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Des Gazaouis restaurent un site historique endommagé

Le palais Pacha, une forteresse médiévale transformée en musée qui aurait accueilli Napoléon Bonaparte pour une nuit à Gaza, a été endommagé pendant la guerre

Des ouvriers commençant la réhabilitation des vestiges du musée du Palais de Pacha, endommagé par deux années de combats entre Israël et le Hamas, à Gaza-City, le 11 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qataa/AFP)
Des ouvriers commençant la réhabilitation des vestiges du musée du Palais de Pacha, endommagé par deux années de combats entre Israël et le Hamas, à Gaza-City, le 11 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qataa/AFP)

Un seau après l’autre, une dizaine d’ouvriers en gilets fluorescents dégagent le sable et les gravats de ce qu’il reste du musée du Palais du Pacha, un complexe historique de Gaza-City endommagé lors de la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

À la main, ils trient les pierres : d’un côté, celles à réutiliser ; de l’autre, les débris à jeter. Le travail se fait en silence, seulement troublé par le bourdonnement d’un drone israélien qui vrombit au-dessus d’eux.

« Le musée du Palais du Pacha est l’un des sites les plus importants détruits pendant la […] guerre à Gaza-City », raconte à l’AFP Hamouda al-Dahdar, expert en patrimoine culturel chargé des travaux de restauration, précisant que plus de 70 % des bâtiments du palais ont été détruits.

L’ancien fort, construit en pierre ocre-sable, abrite notamment une chambre où Napoléon Bonaparte aurait dormi une nuit en 1799.

En octobre, l’UNESCO a recensé 114 sites endommagés par la guerre, parmi lesquels le complexe du musée du Palais du Pacha.

On y trouve également le complexe du monastère de Saint-Hilarion, l’un des plus anciens monastères chrétiens du Moyen-Orient, ainsi que la mosquée al-Omari de Gaza-City, située dans le nord du territoire palestinien.

Des ouvriers commençant la réhabilitation des vestiges du musée du Palais de Pacha, endommagé par deux années de combats entre Israël et le Hamas, à Gaza-City, le 11 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qataa/AFP)

« Consolider » 

L’histoire de la bande de Gaza remonte à plusieurs millénaires, faisant de ce petit territoire un véritable trésor archéologique, abritant des vestiges de civilisations cananéennes, égyptiennes, perses et grecques.

« Il n’y a plus de matériaux, nous nous contentons de nous occuper des décombres : rassembler les pierres, les trier, et intervenir au minimum pour consolider le site » du Musée, explique Issam Juha, le directeur du Centre pour la préservation du patrimoine culturel.

Basée en Cisjordanie, cette association est chargée de la restauration du monument.

Selon Zuha, qui coordonne les opérations de restauration depuis la Cisjordanie, la trêve permet aux équipes de reprendre leurs fouilles, après une période où « il était dangereux de travailler » et où, selon lui, « les drones qui survolaient la zone tiraient parfois ».

Il estime qu’au moins 226 sites patrimoniaux et culturels ont été touchés pendant la guerre, un chiffre supérieur à celui de l’UNESCO, explique-t-il, car ses équipes ont eu un meilleur accès aux lieux.

Des ouvriers commençant la réhabilitation des vestiges du musée du Palais de Pacha, endommagé par deux années de combats entre Israël et le Hamas, à Gaza-City, le 11 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qataa/AFP)

« Notre patrimoine culturel est l’identité et la mémoire du peuple palestinien », affirme Dahdar, l’expert basé à Gaza-City.

« Avant la guerre, le Palais du Pacha abritait plus de 17 000 artefacts, mais malheureusement, ils ont tous disparu après l’invasion de la vieille ville de Gaza. »

Son équipe a retrouvé 20 artefacts importants datant des époques romaine, byzantine et islamique, avance-t-il.

« Nous sauvons les pierres archéologiques en vue d’une future restauration, tout en récupérant les artefacts qui étaient exposés à l’intérieur du Palais du Pacha », poursuit Dahdar.

Alors que la montagne de gravats atteint déjà plusieurs mètres de haut, un artisan restaure délicatement une pierre ornée d’une croix surmontée d’un croissant islamique, tandis qu’un autre époussette une sculpture gravée d’une calligraphie arabe.

Face à ces vestiges du passé, palimpseste de civilisations ayant traversé le petit territoire côtier, Dahdar résume : « Il ne s’agit pas seulement d’un vieux bâtiment, mais de monuments issus de différentes époques. »

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