Des groupes anti-racistes français se déchirent sur le soutien d’un maire à un tueur palestinien
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Des groupes anti-racistes français se déchirent sur le soutien d’un maire à un tueur palestinien

La Ligue des droits de l'Homme dit que le BNCVA a agi comme "porte-parole du gouvernement israélien" quand il a porté plainte à cause d'un poster de Marwan Barghouti

Un Palestinien prend la pose devant une affiche du leader du Fatah actuellement en prison, Marwan Barghouthi, au cours d'une manifestation pour le Jour des Palestiniens emprisonnés, à Gaza Ville, le 17 avril 2016. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Un Palestinien prend la pose devant une affiche du leader du Fatah actuellement en prison, Marwan Barghouthi, au cours d'une manifestation pour le Jour des Palestiniens emprisonnés, à Gaza Ville, le 17 avril 2016. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Deux organisations françaises qui se consacrent à lutter contre l’antisémitisme se sont affrontées publiquement à propos d’une plainte de l’un des groupes auprès de la police pour incitation à la haine contre un maire qui a lancé une campagne de soutien en faveur d’un Palestinien condamné pour meurtre.

La Ligue des droits de l’Homme française est une association fondée en 1898 afin de protester contre la condamnation pour espionnage motivée par la race du capitaine juif de l’armée française Alfred Dreyfus. L’organisme a critiqué le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, ou BNVCA, dans un communiqué cette semaine.

Le communiqué de la Ligue affirme que le BNVCA s’est conduit comme « un porte-parole du gouvernement israélien » quand il a porté plainte contre le maire communiste de la ville de la banlieue de Paris de Stains, Azzédine Taïbi, en raison de son refus d’enlever de la mairie une banderole appelant à la libération de Marwan Barghouti.

Ce dernier purge plusieurs peines de prison à vie en Israël pour des actes de terrorisme dans lesquels des douzaines d’Israéliens ont été tués.

« Stains agit pour la paix, libérez Marwan Barghouti, le Mandela palestinien », peut-on lire sur la banderole.

Un juge français a, en mars, donné l’instruction à Taïbi d’enlever la banderole ou de s’exposer à des sanctions, citant d’autres précédents, y compris une injonction datant de juillet de la Cour administrative de Montreuil, qui annulait le statut de résident honoraire conféré à Barghouti par une autre ville de banlieue, Aubervilliers. La Cour a dit que de telles actions allaient au-delà des devoirs et responsabilités des gouvernements municipaux.

Mais Taïbi a refusé d’obtempérer, écopant d’une plainte pour faits criminels de la part du BNVCA.

D’après le BNVCA, célébrer des Palestiniens qui ont assassiné des Juifs risque de légitimer les actes de violence contre les Juifs en France, alors que des islamistes ont tué huit Juifs lors de deux fusillades en 2012. Les coupables des deux attaques ont dit qu’ils les avaient accomplies afin de venger les Palestiniens. Le BNVCA a promis de continuer ses efforts légaux pour aller à l’encontre de la célébration de terroristes en France.

Mais la Ligue a dit que la plainte du BNVCA contre Taïbi « ne fait rien pour combattre l’antisémitisme » et que le BNVCA « confond constamment toute critique d’Israël et tout soutien à ses opposants palestiniens avec de l’antisémitisme, par là-même compromettant le combat contre l’antisémitisme en faveur du soutien pour une politique qui est condamnée internationalement ».

De façon séparée, le BNVCA a honoré lundi durant son gala annuel dans la région parisienne quatre lauréats de son Prix « Arbre de vie » pour leurs efforts afin de lutter contre l’antisémitisme. Les récipiendaires étaient le président de Publicis Maurice Levy, les chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld et le directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels.

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