Israël en guerre - Jour 260

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Des images montrent le sauvetage des otages du Hamas dans une opération risquée à Rafah

Gallant déclare que ce raid sous couverture a été "un tournant" tout en précisant que la plupart des captifs seront libérés grâce à des négociations, alors que les resposables saluent les forces spéciales qui ont secouru Fernando Marman, 61 ans et Louis Har, 70 ans

Des images qui ont été diffusées lundi dans la soirée ont montré des extraits du sauvetage de deux otages israéliens conservés en détention dans un immeuble de Gaza – même si le ministre de la Défense israélien a averti que des raids aussi audacieux et risqués ne pourront jamais être, à eux seuls, à l’origine de la libération des 134 personnes encore gardées en captivité dans le terrorisme palestinien.

La vidéo, qui a été rendue publique par l’armée israélienne, montre les forces spéciales essuyer des tirs nourris à Rafah, une ville du sud de la bande de Gaza. Dans le clip également, l’unité de commando Shayetet 13, qui appartient à la marine israélienne, escorte Fernando Marman, 61 ans et Louis Har, 70, vers une hélisurface improvisée d’où ils quitteront l’enclave côtière.

Cette opération de secours prévue de longue date – ce n’est que la deuxième fois qu’Israël parvient à secourir des otages en employant la force depuis le 7 octobre – est un moment rare de joie et d’espoir après quatre mois d’une guerre où les soldats ont balayé une bande dévastée, échouant largement à mettre à genoux le groupe terroriste du Hamas et à un moment où les pressions en faveur d’un cessez-le-feu, à l’international, deviennent plus fortes quotidiennement.

Marman et Har avaient tous les deux été kidnappés au kibboutz Nir Yitzhak, dans la matinée du 7 octobre, alors que des milliers de terroristes placés sous l’autorité du Hamas avaient semé la désolation dans tout le sud d’Israël, massacrant 1200 personnes et se livrant à des atrocités contre des victimes qui étaient, dans leur grande majorité, des civils.

253 personnes en totalité avaient été enlevées et prises en otage dans la bande.

« Les diamants sont entre nos mains », dit un membre des forces spéciales dans son récepteur radio dans le clip qui a été diffusé lundi.

Une communication qui a eu lieu à 1 heure 50 du matin, approximativement une minute après que les membres de l’agence de sécurité du Shin Bet et de l’unité antiterroriste d’élite Yamam, de la police israélienne, ont utilisé des explosifs pour pénétrer dans un appartement, au second étage, où les deux hommes étaient détenus. Trois terroristes ont été tués.

Louis Har, en noir, et Fernando Marman retrouvent leurs proches à l’hôpital Sheba, le 12 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

« Les otages sont entre nos mains. Des tirs prennent pour cible nos forces », dit un officier à la radio également.

Le quotidien Haaretz a, pour sa part, cité les propos tenus par un commandant de l’unité d’élite Yamam qui a indiqué que les deux hommes avaient été sortis du bâtiment à l’aide de cordes pour éviter d’être détectés dans la rue, à l’extérieur.

« Vous sentez-vous bien ? »

Le commandant a raconté que les deux hommes avaient initialement eu un choc au bruit des explosions, lors de l’infiltration des militaires dans l’appartement où ils étaient en captivité, mais qu’ils se « sont rapidement remis » et qu’ils ont tenté de faciliter le travail des soldats dans la mesure du possible.

Ils ont été embarqués à bord de véhicules blindés et emmenés jusqu’à une hélisurface improvisée, dans les profondeurs de Gaza. Un hélicoptère militaire les a amenés à l’hôpital Sheba de Ramat Gan.

L’opération, en totalité, a duré une heure.

Des images, tournées par une caméra embarquée rapidement après le sauvetage, montrent les commandos de l’unité Shayetet 13 demander à Marman et à Har comment ils se sentent.

« Choqué », répond l’un des deux ex-captifs.

« Vous sentez-vous bien ? », demande un officier à Har qui rétorque : « Je suis dans une forme excellente ».

Les hommes des unités de commando ont donné aux deux hommes des manteaux avant leur départ pour l’hélisurface. Un soldat a également offert ses chaussures à Har, qui avait quitté pieds nus l’appartement. Sur les images, on peut voir le militaire nouer les lacets des bottes sur l’otage.

Les troupes ont proposé aussi des bouteilles d’eau aux deux hommes, leur ont demandé s’ils avaient besoin d’une couverture pour se protéger du froid – ce que les deux anciens captifs ont refusé.

Capture d’écran d’une image datant du 12 février montrant les commandos de l’unité Shayetet 13 demander à Fernando Marman, à gauche, et à Louis Har, à droite, comment ils se sentent peu après avoir été sauvés après avoir été détenus par les terroristes du Hamas dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre. (Crédit : Armée israélienne)

L’opération a été préparée des semaines en amont en envisageant des scénarios différents auxquels il a fallu trouver des adaptations, selon Tsahal. Pendant le raid en tant que tel, certains ajustements se sont basés sur les conditions exactes qui prévalaient sur le terrain à ce moment-là.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a qualifié ce sauvetage de « moment décisif dans la campagne » contre le groupe terroriste de Gaza, jurant qu’il « y aura d’autres opérations de ce type » lors d’une rencontre avec les troupes de l’unité Yamam, qui ont pris part au raid.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant rencontrant des troupes de l’unité d’élite antiterroriste de la police Yamam, le 12 février 2024. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

« Le Hamas est vulnérable, le Hamas est perméable et nous pouvons agir en tout lieu et en toute circonstance », a affirmé Gallant.

Mais il a aussi averti qu’Israël devrait négocier pour secourir les otages qui se trouvent encore dans les geôles du Hamas – estimant que telles opérations de secours resteront probablement en nombre limité à l’avenir.

« Il nous reste des otages et il nous faut les retrouver. La plupart d’entre eux ne seront pas libérés de cette manière, [mais plutôt], je l’espère, par le biais d’un mécanisme d’accord. Mais qui sait combien de fois encore [une opération de sauvetage] sera nécessaire, et dans quelles circonstances ? », a-t-il interrogé.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrent les troupes qui ont participé à l’opération de sauvetage des otages à Gaza, le 12 février 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, de son côté, a évoqué « l’une des opérations de sauvetage les plus réussies de toute l’Histoire de l’État d’Israël » lorsqu’il a rencontré les soldats de Yamam.

« Vous avez éliminé les ravisseurs, les terroristes et vous êtes rentrés indemnes en Israël – une opération parfaitement exécutée », a déclaré Netanyahu aux troupes, selon un communiqué de son bureau.

Pendant l’opération de sauvetage, des bombardements massifs de l’armée de l’air israélienne ont pris pour cible les terroristes du Hamas à Rafah, avec pour objectif de couvrir les forces spéciales, a noté l’armée.

Les autorités de la Santé du Hamas ont affirmé que 67 personnes avaient trouvé la mort lors de ces frappes intenses dans une ville qui a été prise d’assaut par les Palestiniens qui ont fui les autres secteurs de la bande – et qui attendent dorénavant avec angoisse le lancement d’une offensive majeure. Les responsables, à l’étranger, déclarent qu’une telle opération pourrait entraîner une crise humanitaire encore plus importante qu’elle ne l’est déjà.

Plus de la moitié de la population de l’enclave – soit plus de 2,3 millions de personnes – a trouvé un refuge à Rafah, où des centaines de milliers de Gazaouis vivent dans des campements de fortune, sous des tentes et dans des refuges des Nations unies qui sont actuellement surpeuplés.

Mohamed Zoghroub, un Palestinien qui vit à Rafah, qui est la ville la plus au sud de la bande de Gaza, a expliqué avoir aperçu une jeep noire circuler à grande vitesse dans toute la ville dans un contexte d’affrontements et de frappes aériennes intenses.

Des Palestiniens inspectant les dégâts causés aux bâtiments résidentiels où deux otages israéliens étaient détenus avant d’être secourus lors d’une opération des forces de sécurité israéliennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 février 2024. (Crédit : Fatima Shbair/AP Photo)

« Nous nous sommes retrouvés à courir avec nos enfants, à tenter d’échapper aux bombardements dans toutes les directions », a-t-il confié à l’AP.

Les États-Unis « heureux » du sauvetage des otages, inquiets au sujet des victimes civiles

Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, a indiqué lundi que les États-Unis étaient « heureux » d’avoir appris le dénouement de l’opération de sauvetage tout en faisant remarquer que les informations faisaient état de la mort de dizaines de civils dans les bombardements qui ont accompagné le raid.

« Je ne suis pas en mesure de confirmer ces informations mais comme nous l’avons dit à de nombreuses reprises, le nombre approprié de victimes civiles est de zéro », a-t-il déclaré.

Netanyahu a répété, de son côté, qu’envoyer des troupes à Rafah était déterminant pour atteindre les objectifs de guerre fixés par Israël. Dimanche, la Maison Blanche a annoncé que le président Joe Biden avait averti Netanyahu que l’État juif ne devait, en aucun cas, lancer une offensive militaire à Rafah sans mise au point préalable d’un plan « crédible et exécutable » permettant d’assurer la protection des civils.

Ces propos de Biden, tenus lors d’un entretien téléphonique de 45 minutes avec le Premier ministre israélien, ont été les mots les plus forts qu’il a pu employer jusqu’à présent sur une possible opération à Rafah.

Des Palestiniens autour de cratères causés par des bombardements aériens d’Israël à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 février 2024. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Les discussions portant sur un potentiel cessez-le-feu ont occupé une grande partie de la conversation entre les deux dirigeants, a indiqué un haut-responsable de l’administration américaine. L’officiel a ajouté qu’à l’issue de longues semaines d’échanges diplomatiques, un « cadre » était dorénavant « largement en place » concernant un accord qui permettrait aux otages encore retenus en captivité dans la bande de Gaza d’être libérés.

L’officiel, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat pour parler de ces négociations, a reconnu « la persistance de différends » tout en refusant de donner d’autres détails. Il a ajouté que la pression militaire qui a été exercée sur le Hamas, ces dernières semaines, à Khan Younès, une ville du sud de la bande, avait aidé à convaincre le groupe de continuer les pourparlers.

Kirby a indiqué que le président Joe Biden continuera à œuvrer en faveur de la remise en liberté des otages.

Après la libération de Marman et de Har, il resterait 130 personnes encore en captivité à Gaza – elles avaient été kidnappées pendant l’assaut meurtrier commis par le groupe terroriste du Hamas sur le sol israélien.

Certains otages ne sont plus en vie.

105 civils avaient été relâchés par le Hamas à la fin du mois de novembre, au cours d’une trêve qui avait duré une semaine. Quatre femmes avaient été remises en liberté auparavant.

La seule opération de sauvetage qui était parvenue à secourir une captive avait eu lieu à la fin octobre et elle avait permis à une soldate, Ori Megidish, d’être secourue alors qu’elle se trouvait entre les mains de ses ravisseurs. Les corps sans vie de onze otages ont aussi été rapatriés par l’armée – notamment les dépouilles de trois Israéliens qui, ayant réussi à échapper à leurs geôliers, avaient accidentellement été abattus par les soldats.

Tsahal a confirmé la mort de 29 otages qui se trouvent encore dans les geôles du Hamas, citant de nouveaux renseignements et autres informations recueillis par les soldats qui sont sur le terrain, au sein de l’enclave côtière.

Une personne est encore portés-disparue depuis le 7 octobre, et son sort est indéterminé.

Le Hamas détient aussi les corps sans vie de deux soldats tués au combat en 2014 dans la bande, Oron Shaul et Hadar Goldin. Il garde aussi en captivité deux civils, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore en vie. Ils avaient été capturés après être entrés dans la bande de leur propre gré, en 2014 et en 2015 respectivement.

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