Des militants de droite bloquent brièvement un poste-frontière à Gaza
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Des militants de droite bloquent brièvement un poste-frontière à Gaza

La petite manifestation à Kerem Shalom fait suite à un week-end tendu, qui menace de ramener les deux parties à l'aube d'une guerre

Les résidents du sud et des militants de l'organisation Im Tirtzu empêchent un camion d'entrer à Gaza, le 29 octobre 2018. (Crédit : Im Tirtzu)
Les résidents du sud et des militants de l'organisation Im Tirtzu empêchent un camion d'entrer à Gaza, le 29 octobre 2018. (Crédit : Im Tirtzu)

Des militants ont brièvement bloqué des camions qui transportaient des biens à destinations de Gaza, dans l’intention de faire pression sur le gouvernement pour renforcer le blocus exercé sur l’enclave palestinienne, dans un contexte de tensions persistantes à la frontière.

Le petit groupe, composé d’une dizaine de résidents et de membres du groupe Im Tirtzu, a bloqué une route menant au poste-frontière de Kerem Shalom pendant plusieurs minutes, selon le site Ynet.

« Trop, c’est trop, nous en avons marre de cela », a déclaré l’organisatrice Liana Peretz, résident du kibboutz Kerem Shalom, seloon un communiqué de Im Tirtzu.

« Il est inconcevable que mes enfants aient à se réveiller en pleine nuit pour courir dans un abri anti-bombes, ou qu’ils aient peur de ballons et de cerfs-volants. Il est temps que le gouvernement se réveille et fasse quelque chose », a-t-elle dit.

Cette manifestation s’inscrit dans un contexte de reprise des tensions à la frontière, après un week-end chargé en tirs de roquettes sur les communautés israéliennes et en frappes aériennes de représailles par l’armée israélienne, qui menace de ramener les deux parties à l’aube d’une guerre.

Dimanche, l’armée israélienne a tué trois Gazaouis dans une frappe aérienne ciblant le groupe qui plaçait des explosifs sur la frontière.

Une file de camion qui attend de pouvoir entrer à Gaza, le 29 octobre 2018. (Crédit : Im Tirtzu)

Le poste-frontière est utilisé pour importer du carburant et des biens dan l’enclave.

Israël exerce un blocus sur Gaza depuis que le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui est déterminé à détruire Israël, s’est emparé du territoire des mains de l’Autorité palestinienne (AP), internationalement reconnue, en 2007. Israël affirme que ce blocus est nécessaire pour empêcher l’importation d’armes et d’équipements militaires dans la bande de Gaza.

Les détracteurs montrent du doigt la dégradation de la situation humanitaire à Gaza et affirment que ce blocus est une punition collective infligée aux deux millions de Palestiniens qui y vivent.

De nombreux rapports indiquent que l’enclave côtière est « au bord de l’effondrement » et pourrait plonger dans une nouvelle série de combats avec Israël si la situation ne s’améliore pas. L’armée a tenté de maintenir l’influx de marchandises pour apaiser les tensions.

Depuis mi-mai, après cinq ans de fermeture quasi-permanente, les autorités égyptiennes ont ouvert leur poste-frontière à raison de plusieurs jours par semaine.

Mardi, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a annoncé qu’il autorisait la livraison de fioul qatari. Les citernes avaient été bloquées pendant une semaine, après une escalade des tensions entre le groupe terroriste du Hamas et Israël, déclenché par le tir d’un roquette sur la ville israélienne de Beer Sheva. Le poste-frontière est resté ouvert malgré les salves de roquettes de ce week-end.

Après un été long et chaud marqué par la pénurie de fioul, le coordinateur spécial du Moyen Orient pour les Nations unies, Nickolay Mladenov a tweeté dimanche que les résidents à Gaza bénéficiaient désormais de huit heures d’électricité par jour.

Un plus grand groupe de résidents de communautés voisines de Gaza a manifesté dimanche soir à Tel Aviv, en bloquant des grandes artères, pour protester contre la salve de roquettes tirée pendant le week-end et l’inaction du gouvernement sur les menaces émanant de Gaza.

Ils ont scandé des slogans du type « frères, réveillez-vous, le sud brûle ! ». Les manifestants ont également lancé des enregistrements des sirènes d’alarmes qui donnent aux résidents 15 secondes pour se mettre à l’abri.

Des résidents du sud d’Israël à terre pendant une reconstitution d’une sirène d’alarme, lors d’une manifestation à tel Aviv,pour protester contre l’inaction du gouvernement, le 28 ocotbre 2018. (Crédit Miriam Alster/Flash90)

Depuis le 30 mars, les Palestiniens de la bande de Gaza ont participé à des émeutes quasi-quotidiennes, brûlé des pneus et lancé des pierres. Ils ont également ouvert le feu sur des soldats israéliens et envoyé des ballons et cerfs-volants incendiaires en direction d’Israël.

Les phases de tension accrues se sont également traduites par des tirs de roquettes et d’obus de mortier les communautés israéliennes situées aux abords de l’enclave palestinienne.

Plus de 150 Palestiniens ont été tués et plusieurs milliers d’autres ont été blessés dans les affrontements avec l’armées israélienne, selon les chiffres de l’Associated Press. Le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a reconnu que des dizaines de ses membres font partie des morts. Aviv Levi, un soldat israélien a été tué par un sniper palestinien.

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