Israël en guerre - Jour 252

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La guerre plane sur la Pride de Jérusalem, menée par les familles d’otages

Un fils endeuillé dit qu'il y a un "lien moral" entre la lutte pour les LGBTQ et le retour des captifs ; Ben Gvir est hué et Lapid assure "qu'amour, espoir et fierté gagneront"

Tom Barkai, organisatrice du Forum des familles d'otages, prend la tête du défilé annuel des fiertés de Jérusalem, le 30 mai 2024, pour demander le retour des captifs détenus par les terroristes du Hamas dans la bande de Gaza. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Tom Barkai, organisatrice du Forum des familles d'otages, prend la tête du défilé annuel des fiertés de Jérusalem, le 30 mai 2024, pour demander le retour des captifs détenus par les terroristes du Hamas dans la bande de Gaza. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

La guerre à Gaza a jeté un voile sur le défilé annuel des fiertés de Jérusalem. Des familles d’otages étaient à la tête d’une foule de marcheurs qui ont parcouru la ville jeudi après-midi en scandant des appels en faveur de l’égalité des LGBTQ et pour le retour des 121 captifs détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

Cette année, l’Open House de Jérusalem, qui organise le défilé, a collaboré avec la branche locale du Forum des familles d’otages et de disparus, laissant les proches des captifs du Hamas occuper le devant de la scène afin d’attirer l’attention sur le sort de leurs proches.

« Cette année n’est pas une année normale, et le désespoir et la douleur ont fait apparaître une vérité essentielle : la communauté est le remède à la douleur, au chagrin et à la perte », a affirmé Nilli Maderer, directrice de la Maison ouverte, à la foule rassemblée sur la pelouse du Parc de l’Indépendance une fois le cortège parvenu à destination.

« Tout comme nous avons la responsabilité de nous battre pour nos droits en tant que communauté LGBTQ+, nous avons également le devoir moral de nous battre pour la libération des otages », a-t-elle poursuivi.

Selon les organisateurs, 10 000 personnes ont participé à la marche de Jérusalem, soit une baisse considérable par rapport aux 30 000 participants de l’année dernière.

Quelque 2 000 policiers et membres de la Police des frontières ont placé la zone sous haute sécurité, fermant les routes voisines et n’autorisant l’entrée et la sortie qu’à quelques endroits le long de l’itinéraire menant au Parc de l’Indépendance.

Alors que la marche s’apprêtait à rejoindre le Parc de l’Indépendance, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a interrompu la manifestation sous les huées de la foule.

Il y a quelques années encore, Ben Gvir dirigeait régulièrement des contre-manifestations contre la Pride de Jérusalem. C’était la deuxième année que le ministre d’extrême droite se trouvait sur place en tant que ministre responsable du maintien de l’ordre.

Les familles des otages et certains participants se sont rapidement rassemblés près de la barricade séparant le ministre ultranationaliste de la marche, le huant et chantant en faveur d’un accord sur les otages.

Après avoir parcouru quelques pâtés de maisons alors que le cortège se mettait en marche, Ben Gvir a déclaré aux journalistes qu’il était « venu pour veiller au maintien de l’ordre public ».

« La liberté d’expression existe. Il est permis de manifester », a-t-il déclaré avec un large sourire avant de remonter dans sa voiture et de quitter rapidement les lieux.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir interrompant le début de la Gay Pride, à Jérusalem, le 30 mai 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

La foule a été entendue scandant « Tous, maintenant ! » et appelant à un accord sur les otages qui libérerait les captifs détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a également participé à la marche, mais pour une raison très différente. Avant le début de la marche, il a déclaré à la foule massée dans le Liberty Bell Park qu’il était venu lui rappeler « l’amour gagnera, l’espoir gagnera et la fierté gagnera ».

« Aucun groupe n’a jamais obtenu ses droits sans lutter, ni les femmes, ni les Noirs, ni les Juifs, ni les LGBT », a-t-il poursuivi, comparant l’homophobie à l’antisémitisme.

« Nous devons lutter contre l’antisémitisme de la même manière que nous luttons contre la haine des personnes LGBT, c’est exactement la même chose… haïr les gens non pas pour ce qu’ils ont fait, mais pour ce qu’ils sont », a-t-il déclaré.

Au début de la marche, les participants ont marqué un arrêt sur le site où Shira Banki, 16 ans, a été poignardée à mort par un extrémiste haredi lors de la Pride de Jérusalem en 2015.

Le rabbin Oded Mazor, qui dirige la communauté juive réformée « Kol HaNeshama » à Jérusalem, a dirigé le groupe en récitant le Kaddish pour Banki alors que le cortège s’arrêtait à cet endroit.

Une guerre des valeurs

La Pride de Jérusalem a toujours affiché sa volonté de revendiquer un espace pour la communauté LGBTQ dans une ville connue pour son éthique religieuse.

Elle contraste avec la Pride de Tel Aviv, beaucoup plus festive, qui a été annulée cette année en raison de la guerre et de la crise des otages.

Cette année, la Pride de Jérusalem s’est faite encore plus discrète, avec une musique sombre et des rappels constants de la guerre en cours. Les orateurs ont établi un lien direct entre le sort des otages et la lutte pour les droits des LGBTQ en Israël.

Après la fin de la marche dans le parc de l’Indépendance, des membres des familles des otages et le fiancé endeuillé d’un soldat homosexuel tué se sont adressés à la foule rassemblée sur la pelouse.

Ayala Metzger, la belle-fille de Yoram Metzger, retenu en otage par le Hamas, a déclaré aux personnes présentes qu’elle n’avait pas perçu de « vision d’un avenir meilleur non basé sur la violence » de la part du gouvernement. Elle a appelé les dirigeants israéliens à « mettre fin à cette folie et à ramener dès que possible tous ceux qui peuvent être ramenés vivants ».


Ayala Metzger, dont le beau-père Yoram Metzger est retenu en captivité dans la bande de Gaza, se joint à d’autres familles de captifs pour appeler à la destitution du Premier ministre Benjamin Netanyahu le 30 mars 2024. (Crédit : Capture d’écran/Douzième chaine ; utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« L’État d’Israël est en guerre. Pas seulement une guerre physique, maudite, épuisante et mal gérée, mais surtout une guerre contre notre système de valeurs. Nous avons beaucoup de travail à faire pour trouver d’autres solutions », a-t-elle déclaré.

Nadav Rudaeff, le fils de Lior Rudaeff, dont le corps est retenu en otage par le Hamas à Gaza, a déclaré à la foule que la lutte pour les droits des LGBTQ et le sort des otages étaient liés par un « lien humain, éthique et moral ».

Omer Ohana, le fiancé endeuillé du soldat Maj. Sagi Golan, qui est tombé au combat en combattant les terroristes du Hamas le 7 octobre, a déploré le traitement qu’il a reçu de l’État à la suite de la mort de son futur mari dans les combats au kibboutz Beeri. Sagi Golan a été tué 13 jours seulement avant le mariage prévu du couple.

Initialement, Ohana n’a pas été reconnu comme membre de la famille endeuillée après la mort de Golan, situation qui a poussé le ministre de la Défense Yoav Gallant à modifier sa politique pour inclure officiellement les couples de même sexe dans les lois relatives aux familles des soldats de Tsahal tombés au combat.

Omer Ohana, le fiancé du soldat tué Sagi Golan, s’adresse à la foule lors de la parade de la fierté de Jérusalem dans le parc de l’Indépendance, le 30 mai 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

« Sagi ne reviendra pas, mais les otages doivent revenir – maintenant », a affirmé Ohana, décrivant les trois jours de « ténèbres totales » qu’il a endurés avant d’être informe de la mort de son compagnon.

Il a déclaré à la foule que ces jours ne lui avaient donné qu’un avant-goût de « ce que les familles des otages ressentent depuis 237 jours ».

Pendant le discours d’Ohana, des amis et des membres de la famille de Golan, dont sa mère, son frère et d’autres soldats de son unité antiterroriste portant des t-shirts à son effigie, se sont levés à l’avant de la foule en hommage au soldat tombé au champ d’honneur.

Die-in contre la guerre

Le même ton solennel de la marche de jeudi a été adopté par les différents petits groupes qui ont pris part au défilé. À mi-chemin de la procession vers le parc de l’Indépendance, un groupe de manifestants de gauche s’est allongé à même le sol dans un bref « die-in » destiné à interrompre temporairement la marche en signe de protestation contre la guerre en cours.

Les personnes sur le terrain étaient vêtues de noir et portaient sur leur poitrine des photos de civils tués à Gaza par les troupes israéliennes depuis le début de la guerre, le 7 octobre.

C’est à cette date que la guerre a commencé, il y a huit mois, avec l’assaut du Hamas contre les communautés israéliennes situées à la frontière de la bande de Gaza, au cours duquel les terroristes du groupe et d’autres ont tué près de 1 200 personnes et en ont pris 252 en otage.

Des militants de gauche participant à la parade annuelle des fiertés de Jérusalem organisent un « die-in » pour protester contre la guerre à Gaza, le 30 mai 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 35 000 personnes auraient été tuées ou seraient présumées mortes à la suite des combats qui se sont déroulés jusqu’à présent dans la bande de Gaza. Ce chiffre, qui ne peut être vérifié, inclut les quelque 15 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués dans les combats.

« Les gens meurent de faim, des otages sont retenus en captivité et il est de la responsabilité de notre gouvernement de mettre fin à tout cela. Nous devons exiger des droits pour tous, du fleuve à la mer », a crié Noa Noy, l’une des activistes qui a organisé le die-in, dans un mégaphone.

De nombreux manifestants qui passaient devant le die-in ont hué et crié « honte » aux manifestants, dont la plupart se situaient à leur gauche politiquement.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

 

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