Des responsables canadiens demandent à Trudeau plus de fermeté avec Israël
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Des responsables canadiens demandent à Trudeau plus de fermeté avec Israël

Selon une cinquantaine de responsables, "l’annexion unilatérale de territoires est contraire au droit international", et le pays devrait "défendre une position non ambiguë"

Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, lors d'une réunion entre les Premiers ministres des provinces canadiennes à Montréal, le 7 décembre 2018. (Crédit : MARTIN OUELLET-DIOTTE / AFP)
Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, lors d'une réunion entre les Premiers ministres des provinces canadiennes à Montréal, le 7 décembre 2018. (Crédit : MARTIN OUELLET-DIOTTE / AFP)

Dans une lettre rendue publique mardi, une cinquantaine d’anciens ministres et ambassadeurs canadiens ont demandé au Premier ministre Justin Trudeau plus de fermeté avec Israël.

Les responsables ont ainsi écrit que « l’annexion unilatérale de territoires est strictement interdite en droit international », et que le Conseil de sécurité de l’ONU a réaffirmé ce principe à huit reprises depuis 1967.

« En tant qu’anciens diplomates canadiens, nous vous invitons à défendre la réputation du Canada au sein de la communauté internationale par une prise de position publique et non ambiguë », ont-ils indiqué.

Parmi les signataires de la missive, figurent notamment quatre anciens ministres fédéraux libéraux – Lloyd Axworthy, Sergio Marchi, Allan Roch et André Ouellet. Ils sont accompagnés par 55 anciens représentants du Canada à l’étranger.

Les responsables canadiens répondaient au projet du gouvernement israélien d’annexer de larges zones de la Cisjordanie le 1er juillet prochain. La communauté internationale a unanimement rejeté ce projet. Les Etats-Unis, fidèles alliés d’Israël, ont également invité à « ralentir le rythme ».

Interrogé à propos de la lettre, Justin Trudeau a répondu que le Canada n’était « pas d’accord avec les actions unilatérales » de toute partie. « Nous sommes évidemment extrêmement préoccupés par les annexions proposées par le gouvernement d’Israël », a-t-il ajouté. Il a également expliqué que, lors de récents échanges téléphoniques avec Benjamin Netanyahu et Benny Gantz, il avait fait part de son « désaccord avec leur politique d’annexion proposée ».

Suite à cette réaction, Lloyd Axworthy, ancien ministre des Affaires étrangères canadien, interrogé par le journal Le Devoir, a estimé que Trudeau n’était « ni assez clair ni assez ferme » sur la question.

Sergio Marchi, ancien Ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, a lui réagi avec plus de satisfaction à la réponse de Trudeau : « Maintenant, il est important que le Canada donne suite à cela. Ce n’est pas une affaire d’un seul jour. […] M. Trudeau a du poids sur la scène internationale, il est perçu comme une voix progressiste qui dirige un pays qui a une réputation pas parfaite mais très acceptable. Il doit utiliser ce tremplin non pas pour s’en prendre à Israël, mais pour rallier les amis d’Israël et de la Palestine et les amener à dire que cette annexion n’est pas une bonne idée. »

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