Deux Libanais opposés au Hezbollah condamnés à 15 ans de prison
Joumana Gebara et Mohammad Yassine ont été reconnus coupables d’avoir encouragé des actions israéliennes contre des cibles situées au Liban
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Deux militants libanais connus pour leurs positions hostiles au Hezbollah ont été condamnés par contumace à quinze ans de prison chacun par le Tribunal militaire libanais, a rapporté début juin le média francophone libanais L’Orient-Le Jour. La décision a suscité une importante controverse sur les réseaux sociaux, relançant le débat sur la liberté d’expression au Liban.
Le tribunal militaire, présidé par le général Wassim Fayad, a ainsi reconnu coupables Joumana Gebara et Mohammad Yassine d’avoir encouragé des actions israéliennes contre des cibles situées au Liban.
D’après le quotidien libanais, Joumana Gebara a été poursuivie après des publications diffusées sur les réseaux sociaux au cours de la guerre entre Israël et le Hezbollah déclenchée en 2024. Il lui était notamment reproché d’avoir salué des frappes israéliennes visant des positions du Hezbollah et d’avoir exprimé sa gratitude au porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee.
Mohammad Yassine, universitaire libanais installé en France et critique de longue date du Hezbollah, a quant à lui été condamné pour un commentaire publié en ligne dans lequel il affirmait que la citadelle historique de Baalbeck abritait des missiles, des armes et des tunnels appartenant au mouvement terroriste chiite, appelant implicitement Israël à frapper le site.
Selon L’Orient-Le Jour, les deux accusés ont été jugés en leur absence après avoir été convoqués par voie d’affichage public, les autorités n’ayant pas réussi à leur notifier personnellement les poursuites engagées contre eux.
Une source proche du Tribunal militaire, citée par le journal, insiste sur le fait que les condamnations ne sanctionnent pas l’opposition politique au Hezbollah mais ce qui est considéré par la justice comme une forme de coopération ou d’encouragement à des opérations militaires israéliennes contre le Liban.
La même source souligne également que les peines prononcées par défaut sont souvent particulièrement lourdes et qu’un nouveau procès pourrait être organisé si les condamnés se présentaient devant la justice. Dans ce cas, les sanctions pourraient être considérablement réduites.
Ces explications n’ont toutefois pas convaincu de nombreux internautes, qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme un traitement à deux vitesses. Plusieurs commentaires relayés par L’Orient-Le Jour s’interrogent justement sur l’absence de poursuites visant des responsables du Hezbollah, accusés par leurs détracteurs d’avoir entraîné le Liban dans des conflits régionaux au service des intérêts iraniens.
Parmi les critiques les plus virulentes figure celle du lobbyiste libano-américain Tom Harb, qui a comparé l’action du Tribunal militaire à celle des institutions judiciaires durant les périodes de domination syrienne puis iranienne sur le Liban. Il estime que la condamnation des deux militants est incompatible avec les principes de liberté d’expression garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
la Communauté du Times of Israël !







