Des anciens agents du Mossad se dévoilent dans un documentaire
Rechercher

Des anciens agents du Mossad se dévoilent dans un documentaire

Arte programme un documentaire dans lequel il nous est donné de voir l'esprit dans lequel évoluent les agents du Mossad, sans - bien sûr- aucune révélation

Rafi Eitan, ex-agent du Mossad et ancien ministre (Crédit: capture d'écran Arte)
Rafi Eitan, ex-agent du Mossad et ancien ministre (Crédit: capture d'écran Arte)

S’il ne contient aucune révélation explosive, ce documentaire d’Arte présente l’avantage d’esquisser l’état d’esprit dans lequel évoluent les agents des services secrets extérieurs israéliens du Mossad.

Aucun détail opérationnel, ni date, ni lieu : quand le journaliste pose ses questions, ces ex-agents, qui ont tout de même accepté de témoigner devant Duki Dror, un journaliste israélien, se referment comme un coquillage.

Ils esquissent seulement le travail du Mossad, en donnant une image immensément puissante, et froidement impitoyable.

Le Mossad « a été impliqué dans quasiment tous les événements des cinquante dernières années », explique Ram Ben-Barak, directeur adjoint de 2009 à 2011. « Dans presque toutes les guerres, tout ce qui aurait pu arriver et ne s’est jamais produit ».

Et le reportage de lister quelques attaques préventives -déjà connues-, les plus récentes contre des scientifiques participant au programme nucléaire iranien ; les plus anciennes contre des scientifiques allemands embauchés par l’Egypte pour mettre au point des armes de guerre sophistiquées, équivalentes aux V1 et V2 allemands, qui auraient pu donner à l’Egypte un avantage décisif sur Israël.

Dans ce cas précis, le Mossad a mis au point en 1962 une opération incroyable : retrouver un ancien haut dignitaire SS, le lieutenant-colonel Otto Skorzeny, alias l’homme le plus dangereux d’Europe pour les services secrets britanniques, qui se sait sur la kill list d’Israël. Depuis l’enlèvement d’Adolf Eichmann quelques temps auparavant plus aucun nazi en fuite ne dort tranquille. Alors contre la promesse d’avoir la vie sauve, il donne les noms des ingénieurs allemands -Pilz et Krug- et les moyens de les atteindre en Egypte. Les opérations d’intimidations commencent. Quelques semaines plus tard, il ne reste plus un seul ingénieur ni ouvrier allemand en Egypte.

On croise aussi Rafi Eitan, ancien ministre et chef des opérations pour le Mossad de 1950 à 1981, aujourd’hui âgé de 91 ans. Il explique comment un agent-double en faveur de l’Egypte, Aleksander Israeli, que l’injection d’un sédatif par un agent avait accidentellement tué, a été jeté à la mer. « Rien ne me dérangeait à l’époque pour atteindre mes objectifs ».

Il explique aussi comment il a appréhendé Adolf Eichman lors de son enlèvement à Buenos Aires: « Je l’ai abordé en espagnol: « Momentito senior ». Et puis je l’ai attrapé par le cou, et je l’ai mis à terre. ‘Comment vous appelez-vous?’ lui ai-je demandé. Il a répondu ‘Ricardo Klement’, son pseudonyme. Et puis on lui a demandé son numéro de SS, et il nous l’a spontanément donné ». Et à l’agent qui l’arrête, Eichmann de déclarer: « J’attendais ce moment, je suis soulagé ». Il sera jugé en Israël, puis pendu le 31 mai 1962.

Prochaine diffusion sur Arte le 4 mai à 10h25. Disponible sur le site internet.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...