Droits des femmes dans le monde : un siècle d’évolutions
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Droits des femmes dans le monde : un siècle d’évolutions

Droit de vote, IVG, contraception, parité politique, égalité salariale: un siècle d'évolutions en matière de droits des femmes, à travers cinq thèmes

Des manifestants à un rassemblement contre les violences faites aux femmes à Tel Aviv le 18 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90).
Des manifestants à un rassemblement contre les violences faites aux femmes à Tel Aviv le 18 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90).

Droit de vote

En 1893, la Nouvelle-Zélande est le premier pays à accorder le droit de vote aux femmes. L’Australie lui emboîte le pas au début du XXe siècle mais pour les femmes blanches seulement. Les Aborigènes femmes (comme hommes) resteront exclus d’élections jusqu’aux années 60.

La Finlande est, en 1906, le premier pays européen à adopter le suffrage universel sans distinction de sexe. Suivent d’autres pays : Russie en 1917, Royaume-Uni en 1918, Etats-Unis en 1919 (à l’exception des femmes afro-américaines qui comme les hommes devront attendre 1965 et le Voting Rights Act).

En France, les femmes patientent jusqu’en 1944 pour devenir électrices. La Suisse accorde le droit de vote au niveau fédéral tardivement en 1971 et au Portugal il faut la Révolution des œillets (1974) pour faire des femmes l’égal des hommes devant les urnes.

Dans les années 90 et 2000, les monarchies du Golfe accordent progressivement ce droit : Oman en 1994, Qatar en 1999, Koweït en 2005. En 2011, le roi Abdallah d’Arabie saoudite accorde droit de vote et de candidature aux Saoudiennes pour les municipales (seules élections dans ce pays).

Droit à l’avortement

En 1920, la Russie de Lénine fait figure de pionnier en supprimant l’interdiction et la pénalisation de l’avortement. L’interdit est rétabli en 1936 par Staline puis définitivement levé en 1955.

Le Royaume-Uni légalise l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en 1967 avec l’Abortion Act sous le gouvernement travailliste d’Harold Wilson.

Débats parlementaires longs et houleux : Simone Veil, ministre de la Santé, obtient la dépénalisation et l’encadrement légal de l’IVG en France en décembre 1974.

Simone Veil, ministre de la Santé, défend le projet de loi autorisant l’avortement à l’Assemblée nationale française, le 26 novembre 1974. (Crédit : AFP)

Aujourd’hui, le droit à l’IVG est loin d’être universel. Une vingtaine de pays l’interdisent totalement dont Malte en Europe, l’Egypte, Madagascar, la République démocratique du Congo ou le Sénégal en Afrique, le Salvador, Honduras, Nicaragua ou Haïti en Amérique.

Aux Etats-Unis, un arrêt de la Cour suprême (Roe v. Wade) garantit depuis 1973, en principe, l’avortement mais certains Etats américains restreignent fortement cette pratique.

Droit à la contraception

Les premiers contraceptifs oraux féminins sont autorisés au début des années 60 aux Etats-Unis, puis en Australie, Allemagne et Grande-Bretagne.

Mais à cette époque, en France, une loi nataliste remontant à 1920 interdit la publicité et la vente des moyens de contraception. Le député de droite Lucien Neuwirth parvient avec difficulté en 1967 à faire abroger la loi et à légaliser la contraception.

L’accès à des méthodes de contraception « volontaires et sans danger » est un « droit fondamental » et pourtant aujourd’hui encore plus de 200 millions de femmes n’y ont toujours pas accès, rappelle le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Parité en politique

En 1995 la Suède est le premier pays à présenter un gouvernement paritaire hommes/femmes.

Ce n’est qu’un des aspects des inégalités entre hommes et femme. Mais la parité dans la composition des exécutifs ou aux élections, est devenue un marqueur de la lutte pour l’égalité entre sexes.

En France, « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives » depuis 1999.

Le Parlement européen s’approche de la parité, actuellement composé de 41 % de députés femmes (16% en 1979), contre 23,6 % de femmes au Congrès américain.

Inégalités salariales

Les plans pour gommer les inégalités professionnelles se suivent, les écarts de salaires demeurent: l’organisme européen des statistiques Eurostat calcule que « les femmes sont payées, en moyenne, 14,1% de moins que les hommes » dans l’UE (chiffre de 2018). La différence diminue mais tout doucement (l’écart était de 16,3% en 2015).

L’inégalité salariale s’explique par l’inégalité professionnelle globale entre femmes et hommes: elles occupent plus souvent des emplois à temps partiel ou moins bien payés et connaissent des carrières hachées.

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