El Al prévoit le licenciement d’un tiers de ses effectifs
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El Al prévoit le licenciement d’un tiers de ses effectifs

Le transporteur a placé la plupart de ses employés en congé sans solde et a récemment annoncé qu'il prolongeait la mesure pour 5 245 de ses employés jusqu'au 31 mars

Des avions d'El Al stationnés à l'aéroport international Ben Gurion, le 8 août 2020. (Olivier Fitoussi/FLASH90)
Des avions d'El Al stationnés à l'aéroport international Ben Gurion, le 8 août 2020. (Olivier Fitoussi/FLASH90)

La compagnie aérienne israélienne El Al prévoit le licenciement de 1 600 employés, soit un tiers de ses effectifs, a rapporté le journal économique Globes.

Cette vague de licenciements est un prérequis pour la compagnie afin qu’elle puisse obtenir un prêt bancaire de 300 millions de dollars, garanti à 82,5 % par l’État et avec un taux d’intérêt de 5 % sur cinq ans, de la part des banques Leumi, Israel Discount et d’autres institutions financières.

Les départs ne seront cependant officialisés qu’une fois l’aide financière obtenue. Ils concernent tous les métiers de la compagnie et touchent des salariés temporaires comme permanents, dont 71 pilotes sur 638 (72 sont déjà partis depuis le début de la crise, dont 40 volontairement).

Sharon Ben-Yitzhak, présidente du syndicat des travailleurs d’El Al, a déclaré que les salariés licenciés bénéficieront de conditions de retraite avantageuses en fonction de leur âge et de leur ancienneté.

El Al « commence à mettre en œuvre le plan de redressement de l’entreprise après le coronavirus. Une partie du plan, y compris la réduction des effectifs, sera réalisée avec sensibilité et respect, en partenariat avec la fédération syndicale Histradrout et conformément aux accords de travail signés », explique un communiqué de la compagnie aérienne.

El Al a indiqué en novembre dernier avoir subi des pertes gigantesques, à hauteur de 147 millions de dollars, suite à une diminution de 94 % de ses revenus au troisième trimestre de l’année, alors que la deuxième vague de coronavirus avait « affecté de manière dramatique » les opérations de la firme, l’amenant à interrompre ses transports habituels de passagers et de marchandises. L’aéroport est toujours fermé actuellement à une large majorité des vols.

Ces communiqués sur le bilan financier du troisième trimestre intervenaient dans le contexte d’une inquiétude croissante qui mettait en doute la viabilité de l’entreprise, des préoccupations déjà exprimées lors des bilans financiers du premier et du deuxième trimestres de l’année, avec des revenus qui avaient plongé et des pertes atteignant des niveaux records en raison de la pandémie de coronavirus.

L’aéroport Ben Gurion quasiment vide, le 26 janvier 2021. (AP Photo/Oded Balilty)

Suite aux restrictions imposées sur les voyages internationaux, El Al avait suspendu ses vols commerciaux habituels à la mi-mars 2020. Depuis, certains d’entre eux ont repris vers un nombre de destinations limité. Le transporteur a placé la plupart de ses employés en congé sans solde et a récemment annoncé qu’il prolongeait la mesure pour 5 245 de ses employés jusqu’au 31 mars.

L’industrie de l’aviation a été l’une des industries les plus frappées par le coronavirus, la distanciation sociale, les confinements et les fermetures de frontière ayant cloué les avions au sol. Selon les prévisions de l’IATA, il y a eu une baisse de centaines de milliards de dollars dans les revenus des compagnies de transport aérien dans le monde entier, et leurs pertes cumulées sont estimées à des dizaines de milliards de dollars.

Depuis le début de la crise, la firme a pris un certain nombre d’initiatives avec pour objectif d’abaisser les coûts et d’améliorer la trésorerie – réduisant ses activités, augmentant le fret aérien lorsque c’est possible, externalisant la majorité de ses employés et revoyant à la baisse les salaires distribués aux membres de son conseil d’administration et à ceux de son conseil de direction de 20 %. El Al a aussi conclu des accords avec les banques pour différer ses paiements et les accords de prêts de deux avions 737-800 ont été annulés.

Kanfei Nesharim, une entreprise contrôlée par un jeune Américano-israélien de 27 ans, Eli Rozenberg, est devenue l’année dernière l’actionnaire majoritaire du transporteur aérien, propriétaire d’une part de 42,88 % dans la firme. L’État d’Israël, de son côté, possède 14,37 % d’El Al ; Knafaim Holdings Ltd. détient une part de 15,21 % et le public une part de 27,54 %, selon une présentation d’El Al qui a été déposée fin novembre auprès de la bourse de Tel Aviv.

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