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Erdan : il n’y a aucun intérêt à parler de paix pour l’instant

Bennett appelle Netanyahu à demander à Washington de déplacer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître l'ensemble de Jérusalem comme capitale d’Israël

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan lors d'une conférence de presse à Tel Aviv sur la grève de la faim des détenus palestiniens, le 7 mai 2017. (Crédit : Flash90)
Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan lors d'une conférence de presse à Tel Aviv sur la grève de la faim des détenus palestiniens, le 7 mai 2017. (Crédit : Flash90)

Un important ministre du Likud a minimisé dimanche la possibilité que des négociations de paix reprennent avec les Palestiniens, avant une initiative de paix attendue pendant la visite du président américain Donald Trump en Israël à la fin du mois.

« A l’époque actuelle, il n’y a aucun intérêt à parler de paix », a déclaré à la radio militaire le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, ajoutant que « nos voisins n’ont pas encore abandonné l’idée que l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif ne disparaîtra pas de la carte. »

« Il y a ceux, dans le camp nationaliste, qui attendaient trop du président Trump. Ce n’était pas mon cas », a-t-il ajouté.

Erdan faisait probablement référence aux préoccupations croissantes de la droite israélienne, qui voit que Trump compte conclure un accord de paix régionale, tout en réinstallant le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, au centre de la scène diplomatique. Quelques jours auparavant, H.R. McMaster, conseiller américain à la sécurité nationale, avait déclaré que le Trump souhaitait atteindre une « paix juste et durable » entre Israël et les Palestiniens.

Le président américain Donald Trump s'adresse aux journalistes à bord d'Air Force One avant un meeting à Melbourne, en Floride, le 18 février 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux journalistes à bord d’Air Force One avant un meeting à Melbourne, en Floride, le 18 février 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Dimanche, le ministre de l’Education Naftali Bennett a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à demander que Washington déplace l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem et reconnaisse la capitale d’Israël.

Ces derniers jours, le président du parti HaBayit HaYehudi a renforcé ses critiques publiques de Netanyahu, l’appelant à être plus assuré dans ses attentes auprès de l’administration américaine au sujet des affaires régionales.

Dans une série de tweets publiés en hébreu, Bennett, partenaire majeur de la coalition, a écrit : « j’appelle le Premier ministre à expliciter que nous attendons que le gouvernement américain déplace son ambassade à Jérusalem, et reconnaisse la souveraineté d’Israël sur Jérusalem unifié. »

« Déplacer l’ambassade américaine dans la capitale d’Israël renforce Israël et renforce les chances d’une paix réelle parce que tout accord fondé sur la division de Jérusalem est voué à l’échec, a-t-il poursuivi. Tout comme les ambassades des pays du monde entier se trouvent dans la capitale américaine, Washington, elles doivent aussi être à Jérusalem, notre capitale depuis 3 000 ans. Elle est notre capitale éternelle, et rien d’autre. »

Le député du Likud Yoav Kisch pendant une réunion de commission à la Knesset, le 14 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le député du Likud Yoav Kisch pendant une réunion de commission à la Knesset, le 14 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Yoav Kisch, député du Likud, a rapidement souligné sur son propre compte Twitter que Netanyahu avait publiquement appelé la semaine dernière toutes les ambassades étrangères, en particulier l’ambassade américaine, à se relocaliser à Jérusalem.

Le Likud a également publié un communiqué moquant les propos de Bennett, une redite de ceux de Netanyahu.

« Nous félicitons Bennett pour avoir soigneusement mémorisé les déclarations de presse de Netanyahu, avant de les tweeter comme s’il s’agissait de ses propres demandes, a déclaré le parti. Il a fait cela sur de nombreux sujets et il le fait également concernant les demandes constantes de Netanyahu pour déplacer l’ambassade américaine. »

Même s’il a promis pendant sa campagne de déplacer l’ambassade, Trump examine toujours cette possibilité. Rex Tillerson, son secrétaire d’Etat, a déclaré dimanche que le président américain cherchait d’abord à savoir si cette décision aiderait ou nuirait au processus de paix, et qu’il prenait en compte les positions de toutes les parties.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem Est la capitale de leur futur état, alors qu’Israël est déterminé à maintenir la ville unifiée comme capitale. La question de Jérusalem est l’un des sujets les plus épineux des négociations de paix israélo-palestiniennes.

Samedi soir, Bennett avait appelé à un retrait explicite du soutien d’Israël à la solution à deux états, et à la présentation de plan alternatif audacieux.

Naftali Bennett, ministre de l'Education, avant la réunion hebdomadaire du cabinet, dans les bureaux du premier ministre à Jérusalem, le 14 mai 2017. (Crédit : Emil Salman)
Naftali Bennett, ministre de l’Education, avant la réunion hebdomadaire du cabinet, dans les bureaux du premier ministre à Jérusalem, le 14 mai 2017. (Crédit : Emil Salman)

« Nous ne pouvons pas continuer à mener une politique de ‘bunker’, ou le destin d’Israël sera décidé par d’autres », a-t-il dit.

Citant le discours fondateur de Netanyahu à l’université Bar-Ilan en 2009, dans lequel le Premier ministre avait soutenu la solution à deux états, Bennett a affirmé que ce discours et sa reconnaissance des aspirations nationales palestiniennes « nous a apporté les boycotts, le terrorisme et une grave menace démographique. Il est à présent temps de le révoquer. »

Le ministre de l’Education a présenté deux voies possibles. La première est « la poursuite de la politique de Bar-Ilan, qui défend la mise en place d’une seconde Palestine, en plus de celle qui existe dans la bande de Gaza », et qu’il a jugée être « une formule messianique qui a échoué et a jusqu’à présent mené à un bain de sang, à une détérioration diplomatique et apportera une catastrophe démographique. »

La seconde, a-t-il suggéré, est que l’Etat juif présente une nouvelle initiative, fondée sur le développement économique, qui permettra à Israël de « promulguer sa souveraineté sur les parties israéliennes de la Judée et de la Samarie », la « stabilisation de la bande de Gaza », et le renforcement d’Israël comme « pilier de la sécurité, du renforcement et de la [force] économique dans la région. »

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