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Erdogan appelle Herzog pour parler des tensions au mont du Temple et du terrorisme

Dans un appel, le président israélien a réaffirmé l'attachement au statu-quo alors que des échauffourées ont eu lieu dans le lieu saint ; les deux hommes ont aussi parlé de l'Iran

Le président turc et leader du parti de la Justice et du développement (AKP) Recep Tayyip Erdogan pendant un discours à la Grande assemblée nationale turque, à Ankara, le 29 mars 2023. (Crédit :  Adem Altan/AFP)
Le président turc et leader du parti de la Justice et du développement (AKP) Recep Tayyip Erdogan pendant un discours à la Grande assemblée nationale turque, à Ankara, le 29 mars 2023. (Crédit : Adem Altan/AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé samedi soir son homologue israélien, Isaac Herzog, pour exprimer son inquiétude dans un contexte d’escalade des tensions à Jérusalem et en Cisjordanie, la semaine dernière, et alors que l’État juif a connu une série d’attentats terroristes qui ont fait trois morts pendant le week-end.

Selon un compte-rendu du bureau de Herzog, c’est Erdogan qui a été à l’initiative de cet entretien téléphonique et il a transmis ses condoléances au peuple israélien pour les attentats distincts qui ont endeuillé d’une part la Cisjordanie, où deux sœurs ont trouvé la mort, et à Tel Aviv d’autre part, où un touriste italien est décédé dans une attaque à la voiture-bélier.

Cet appel survient alors que les musulmans célèbrent actuellement le mois du ramadan qui, cette année encore, coïncide avec la fête juive de Pessah. Erdogan a souhaité de bonnes fêtes à Herzog et à la population israélienne et le président israélien lui a répondu en lui transmettant ses vœux : « Ramadan Kareem ».

En Israël, le mois du ramadan est connu pour être une période de fortes tensions entre les forces israéliennes et les Palestiniens – particulièrement à Jérusalem et en Cisjordanie. Des dizaines de milliers de fidèles se rendent à la mosquée Al-Aqsa – située sur le mont du Temple de Jérusalem – pendant tout le mois, entraînant régulièrement un regain de violences. Ce site est le lieu le plus saint du judaïsme – c’est là où se dressaient les Temples bibliques dans le passé – et la mosquée al-Aqsa est le troisième sanctuaire le plus sacré de l’islam, ce qui transforme ce secteur en point névralgique particulièrement sensible dans le cadre du conflit israélo-américain.

Cette semaine, les tensions se sont renforcées dans la région avec le tir de six roquettes, samedi soir, en provenance du territoire syrien ; un barrage de roquettes venues du Liban, jeudi ; des tirs de roquettes qui ont entraîné des raids aériens israéliens sur la bande de Gaza, au cours de la semaine dernière ; des heurts à la mosquée al-Aqsa, sur le mont du Temple de Jérusalem ; des attentats terroristes meurtriers en Israël et en Cisjordanie et la présence, la semaine dernière, d’un drone iranien présumé envoyé depuis la Syrie, encore la semaine dernière.

Mardi, la police israélienne avait indiqué qu’elle était entrée dans la mosquée al-Aqsa parce que des jeunes s’étaient barricadés à l’intérieur, le visage masqué, avec des pétards, des bâtons et des pierres, et qu’ils avaient refusé de sortir pacifiquement. Les agents avaient cru, semble-t-il, que ce groupe avait l’intention d’attaquer des Juifs venus visiter le mont du Temple à la veille de Pessah.

Les forces israéliennes de sécurité montent la garde à la mosquée Al-Aqsa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, pendant le mois sacré du ramadan, le 5 avril 2023. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Des images de la police en train de frapper les Palestiniens qui se trouvaient dans la mosquée sont devenues virales et elles ont suscité l’indignation dans le monde musulman. Les forces de l’ordre israéliennes ont indiqué, de leur côté, qu’elles avaient essuyé des tirs.

Dans un appel téléphonique avec le président iranien Ebrahim Raissi, vendredi, Erdogan avait déclaré que « le monde islamique doit s’unir contre les attaques israéliennes en Palestine ».

Cet appel lancé à la république islamique, l’ennemie jurée d’Israël qui soutient les groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah, au Liban, avait semblé être un défi aux relations diplomatiques qui viennent d’être rétablies entre Israël et Ankara.

« Soulignant que le bon sens doit prévaloir pour éviter une nouvelle spirale de violences, Erdogan a indiqué qu’il serait bénéfique de prendre des initiatives visant à faire en sorte que toutes les parties en lice reprennent leurs esprits », avait noté le compte-rendu turc de l’entretien avec Raissi, sans donner plus de détail.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à gauche, et son homologue iranien Ebrahim Raissi se serrant la main à l’issue de leur conférence de presse conjointe au palais de Saadabad, à Téhéran, en Iran, le 19 juillet 2022. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Au cours de la conversation avec Erdogan, samedi, le chef de l’État israélien a affirmé que le pays était déterminé à préserver le statu-quo sur le mont du Temple et dans les lieux saints en général, selon un communiqué émis par la présidence israélienne.

Herzog a ajouté que « l’Iran, par le biais de ses supplétifs – et par le biais du Hamas aussi – mène une campagne sur plusieurs fronts avec pour objectif de saper la stabilité régionale et la république islamique utilise le terrorisme sur la base des incitations religieuses, se focalisant sur la situation à Jérusalem ».

Le chef de l’État a fait référence « aux informations mensongères, biaisées, parues dans les médias arabophones, en donnant en exemple la dissémination de fausses vidéos, des images déjà anciennes, pour inciter à la violence, ce qui entraîne des actes terroristes ».

Dans le compte-rendu turc qui a été cité par le site d’information Haaretz, Erdogan a parlé « de l’attaque menée par les forces israéliennes contre la mosquée al-Aqsa », mardi, et l’attitude « dure » des forces de l’ordre « à l’égard des fidèles dans les lieux saints ».

Erdogan a déclaré à Herzog que les musulmans ne resteraient pas silencieux « face aux provocations et aux menaces qui planent sur le statut et sur la spiritualité d’al-Aqsa », ajoutant que « des événements tels que ceux qui ont pu se dérouler récemment et qui ont lieu à chaque ramadan ne devraient pas dicter la destinée de la région toute entière ».

Il a expliqué que la Turquie « est prête à apporter son aide dans toute initiative prônant une justice et une paix durables ».

Selon les dispositions de l’arrangement qui a prévalu pendant des décennies sur le mont du Temple, qui est placé sous la tutelle de la Jordanie, les Juifs et les autres musulmans ont le droit de se rendre sur le mont du Temple – avec des restrictions et seulement à des horaires limités – mais il leur est interdit d’y prier. Cet arrangement est connu sous le nom de « statu-quo« . Ces dernières années, des personnalités religieuses juives, et notamment des membres de la nouvelle coalition au pouvoir, sont venues sur le site de plus en plus souvent, demandant le droit à la prière pour les Juifs et suscitant la fureur des Palestiniens et des musulmans du monde entier.

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