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États-Unis : La Duke University au cœur d’une controverse

Le Brandeis Center exhorte la direction de l'établissement à rejeter le véto du gouvernement étudiant après son refus de reconnaître un groupe pro-israélien

Des piétons sur le campus de la Duke University, le 14 mai 2011. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)
Des piétons sur le campus de la Duke University, le 14 mai 2011. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)

JTA — Un célèbre groupe juif américain œuvrant dans la défense des droits civils a demandé à l’administration de la Duke University de passer outre le gouvernement étudiant, après que sa présidente a refusé de reconnaître une organisation pro-israélienne implantée sur le campus.

Au mois de novembre, la présidente du gouvernement des étudiants, Christina Wang, avait décidé d’opposer son véto à un vote du sénat des étudiants sur la reconnaissance de Duke SSI, la branche sur le campus du groupe universitaire international sioniste Students Supporting Israel. Wang avait cité un post de SSI paru sur Instagram qu’elle avait qualifié de « potentiellement hostile ou nuisible ».

Le Louis D. Brandeis Center, une organisation à but non-lucratif de défense des étudiants juifs dont le siège est à Washington, a fait savoir à l’administration de la Duke University dans un courrier qu’elle était « légalement dans l’obligation de prendre une mesure de redressement » dans cette affaire, affirmant que le groupe israélien a été soumis « à un examen particulier que les autres groupes n’ont pas eu à subir ».

Dans une réponse apportée vendredi au courrier écrit par le Brandeis Center, un responsable de l’université a fait savoir que cette dernière avait lancé une enquête pour déterminer si le véto s’apparentait à un acte de discrimination.

La missive envoyée par le Brandeis Center a aussi noté que la raison avancée par Wang pour brandir son véto face à la reconnaissance du groupe Duke SSI était un post « plutôt anodin » qui avait été publié sur les réseaux sociaux.

Le post incriminé, sur Instagram, venait répondre à un étudiant qui avait accusé le groupe pro-israélien de « promouvoir le colonialisme des colons ». SSI avait répondu dans sa propre publication sur Instagram en disant : « s’il vous plaît, laissez-nous vous expliquer les choses que vous devez savoir » et en invitant le critique à assister à un événement de l’organisation. Wang n’a pas précisé la raison pour laquelle elle a considéré que cette réponse était « potentiellement hostile ou nuisible ».

Les présidents de la Duke University, Vincent E. Price et Provost Sally Kornbluth, avaient déjà répondu à la décision de Wang dans un communiqué émis le mois dernier. Selon ce communiqué, le véto a « fait naître des inquiétudes sur un éventuel traitement des étudiants qui ne serait pas conforme aux politiques de l’université qui interdisent la discrimination et le harcèlement sur la base de l’origine nationale et de la religion ».

« L’université a déjà identifié des options qui permettront à SSI de s’assurer un soutien financier et programmatique », selon le communiqué.

Un communiqué bienvenu mais insuffisant, a noté Alyza Lewin, à la tête du Brandeis Center, dans une déclaration faite à la JTA.

« Ils ont clairement l’autorité nécessaire pour intervenir et pour dire : ‘On va corriger cette erreur et on va garantir que SSI sera traité de la même manière que toutes les autres organisations étudiantes reconnues’, » indique-t-elle.

Le courrier du Brandeis Center a mentionné un accord de résolution passé avec le département américain de l’Éducation concernant un autre incident d’antisémitisme présumé qui était survenu à l’Université de Caroline du Nord, à Chapel Hill, en 2019.

Dans sa réponse adressée au Brandeis Center, l’université a fait savoir que « l’université prend ces allégations très au sérieux, conformément à l’accord de résolution ».

L’article VI de la loi Civil Rights Act interdit les discriminations sur la base de l’origine nationale – et les discriminations qui se présentent sous d’autres formes – dans les programmes financés par les gouvernements fédéraux.

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