FN : « le front change, le fond reste le même », estime la presse
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FN : « le front change, le fond reste le même », estime la presse

Réactions de la presse après le changement de nom lors d'un congrès au cours duquel Marine Len Pen a été reconduite à ses fonctions de présidente

La présidente du parti d'extrême-droite français  Marine Le Pen lors du congrès de son parti à Lille, dans le nord de la France, après sa réélection à la tête du parti pour la troisième fois, le 11 mars 2018 (Crédit :  AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN)
La présidente du parti d'extrême-droite français Marine Le Pen lors du congrès de son parti à Lille, dans le nord de la France, après sa réélection à la tête du parti pour la troisième fois, le 11 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN)

Du Front au Rassemblement national : le parti dirigé par Marine Le Pen change de nom mais « garde le même cap » avec un discours toujours aussi musclé sur l’immigration, estime la presse de lundi.

Dans Le Figaro, Guillaume Tabard juge le choix du nouveau nom « habile » car avec le Rassemblement national, Marine Le Pen « conjugue tradition et ‘refondation' » même si « la finaliste de la dernière présidentielle a peiné à préciser le contenu de cette nouvelle appellation ».

« Exit, donc, le Front et sa connotation martiale pour un parti qui souhaite parachever sa ‘dédiabolisation' », décrypte Valérie Hacot dans Le Parisien. « Pour le reste, en revanche – et le discours de la présidente, très en verve hier sur l’immigration, en atteste – le Front disparaît, mais le fond reste. »

Car pour Laurent Joffrin de Libération, « de quoi ce changement de nom est-il le nom ? De la continuité. L’ex-FN est surtout le sujet non d’un rassemblement mais d’un essoufflement national, révélé à la présidentielle et confirmé depuis ».

Le RNP de Déat

« Le navire a changé de nom, mais il garde le même cap », résume Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.

« Changer de nom, c’est la tentation facile de travailler uniquement la surface », renchérit Yann Marec du Midi libre.

Bruno Dive rappelle dans Sud-Ouest que « le ‘Rassemblement national’ évoque fâcheusement le ‘Rassemblement national populaire’ de Marcel Déat, aux pires heures de la collaboration. On se gardera d’accuser Marine Le Pen et son équipe d’une quelconque nostalgie ; on regrettera seulement leur manque de culture historique… »

L’objectif, rappelé par les commentateurs est « de mettre en route une machine électorale susceptible de ne plus caler au deuxième tour, comme le FN en avait pris l’habitude », écrit Jean-Louis Hervois dans La Charente libre.

Le nom « Rassemblement national » cédé à un avocat du FN le 22 février, selon le FN

Le nom « Rassemblement national », proposé par Marine Le Pen comme nouvelle appellation du Front national, appartenait au président d’une petite association qui l’a cédé le 22 février à un avocat du FN, a précisé ce dernier lundi dans un communiqué.

Le président de cette association, qui est en cours de dissolution, Frédérick Bigrat, avait déposé il y a plusieurs années la marque à l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi). Elle a été cédée le 22 février à un avocat du FN, Me Frédéric-Pierre Vos, joint par l’AFP.

Le Front national indique avoir « chargé depuis deux mois un de ses avocats d’acquérir les droits de cette marque, ce qui a été fait par acte sous seing privé le 22 février 2018 ».

La « cession est en cours de publication à l’Inpi », ce qui prendra environ 6 mois, ajoute le FN dans son communiqué.

Le nom « Rassemblement national », proposé par Mme Le Pen dimanche, doit être soumis à un vote par courrier des militants.

Si les adhérents approuvent le nouveau nom, « il est d’ores et déjà convenu » que Me Vos cédera ses droits au Front national, indique le FN.

Un membre de la même association « Rassemblement national », Igor Kurek, qui se présente comme « gaulliste », avait publié dimanche soir un communiqué, sans l’accord de M. Bigrat, contestant que ce nom puisse être repris par le FN. Il assurait que l’association « continuera d’exister en présentant notamment des listes aux municipales de 2020 ».

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