Francis Kalifat : l’antisémitisme est « surreprésenté » à l’extrême-droite, l’extrême-gauche et chez les musulmans
Rechercher
Dîner du Crif

Francis Kalifat : l’antisémitisme est « surreprésenté » à l’extrême-droite, l’extrême-gauche et chez les musulmans

"Il nous faut lutter contre toutes les haines : des Arabes, des Noirs, des Musulmans, des Roms, des homosexuels et des Blancs," a déclaré le chef du Crif

Le président du CRIF, Francis Kalifat, lors du 32e dîner du CRIF, en février 2017. (Crédit: CRIF)
Le président du CRIF, Francis Kalifat, lors du 32e dîner du CRIF, en février 2017. (Crédit: CRIF)

« Je pense ce soir aux victimes du terrorisme », a introduit Francis Kalifat en ouverture du 32e dîner du Crif. Puis vint la trop longue litanie des villes récemment touchées par le terrorisme : « à Paris, au Caire, à Tel Aviv, à Istambul, à Nice, à Berlin… » auxquelles le président du Crif a voulu rendre hommage.

Dans la salle, François Hollande croise son ex-dauphin Emmanuel Macron, mais aussi le dissident Benoît Hamon… et François Fillon. Mais avant que chacun ne place ses déclarations auprès des journalistes comme autant de pions sur l’échiquier en vue des présidentielles qui occupent ce soir-là tous les esprits, Francis Kalifat invite à observer une minute de silence pour « toutes les victimes de terrorisme ».

Situation de la France, et la lutte contre l’antisémitisme

« Tous les Français savent désormais que la France entière est attaquée. Nous ne sommes plus des cibles dans l’indifférence, continue le président du Crif. Je veux saluer tous ceux qui s’impliquent dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, » dit-il à destination du Service de protection de la communauté juive (SPCJ), et de Gilles Clavreul, le très réactif préfet à la tête de la délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra), souvent pris pour cible dans les réseaux sociaux.

Le président du Crif a affirmé que « la situation au Proche-Orient est un prétexte pour une haine toujours en France, et qui parfois attend son heure (…) On peut ne pas être d’accord avec la politique israélienne mais l’obsession anti-israélienne n’a rien à voir avec un désaccord politique ».

Sur le conflit israelo-palestinien et le statut de Jérusalem

A propos du conflit israelo-palestinien, et suite à la récente Conférence de Paris, accusée par Israël de vouloir imposer une solution de l’extérieur sans les parties concernées, Kalifat a rappelé la position du Crif. A savoir que « les deux parties doivent négocier directement pour aboutir et vivre côte à côté dans la paix et la sécurité. Nous l’avons vu à Gaza, il ne suffit pas de démanteler les implantations pour qu’il y ait la paix entre les Israéliens et les Palestiniens ».

La Conférence ayant entériné la résolution 2334, délégitimant Israël comme capitale d’Israël et ses liens avec le peuple juif, Francis Kalifat a rappelé que la capitale d’Israël « c’est Jérusalem ! ».

En réponse, François Hollande a affirmé lors de son discours que « La France n’acceptera que la présence et l’histoire juive à Jérusalem ne puisse être niée ou même discutée ».

Antisémitisme, racisme, discriminations

« Il nous faut lutter contre toutes les haines a poursuivi Francis Kalifat : des Arabes, des Noirs, des Musulmans, des roms, des homosexuels et des Blancs » avant de regretter la mise en concurrence des mémoires.

« Je suis un Français juif né à Oran. D’aussi loin que je me souvienne mes identités juive et française sont unes et indivisibles ».

Le président du Crif, vitrine politique de la première population juive d’Europe (un demi-million de membres), s’est aussi inquiété d’un antisémitisme présent selon lui chez « une partie croissante des Français musulmans ».

« Je ne dis pas que tous les Français musulmans, tous les sympathisants du Front national et tous les sympathisants de l’extrême gauche sont antisémites, je fais le constat que les antisémites sont surreprésentés dans ces trois groupes », a précisé Francis Kalifat.

François Hollande, les attentats, la communauté juive

« Mr le président de la République française, a conclut Francis Kalifat face à François Holande qui assistait à son dernier dîner du Crif, je veux à nouveau vous remercier d’avoir été là quand nous doutions, quand nous avions peur, lorsque nous étions en colère. Vos paroles et votre action nous ont redonnés espoir en notre avenir en France. »

Elections présidentielles

« La France, j’en suis sûr, elle saura faire les choix qui correspondent à son honneur et à sa grandeur », a-t-il lancé devant une assistance de plus de 700 personnes dont de nombreux ministres et responsables politiques, une vingtaine d’ambassadeurs, des dignitaires religieux, des chefs d’entreprises…

Le chef de l’Etat répondait au président du Crif, Francis Kalifat, qui avait appelé plus tôt à « faire barrage à l’extrême droite et à l’extrême gauche aux prochaines élections ».

Ni la candidate du Front national Marine Le Pen, en tête dans les sondages pour le premier tour, ni Jean-Luc Mélenchon, le champion de La France insoumise, n’ont été conviés au banquet.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...