Frappes en Syrie : Un avion El Al dévié de son itinéraire
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Frappes en Syrie : Un avion El Al dévié de son itinéraire

Les contrôleurs aériens de Chypre ont dit à l'avion-cargo de changer de parcours pour éviter les tirs anti-aériens lors de frappes attribuées à Israël contre des milices pro-Iran

Un avion El Al dévié de son itinéraire au-dessus de Chypre, le 25 décembre 2020. (Capture d'écran : Twitter)
Un avion El Al dévié de son itinéraire au-dessus de Chypre, le 25 décembre 2020. (Capture d'écran : Twitter)

Les contrôleurs aériens chypriotes ont aidé un avion-cargo en provenance de Chine et à destination de Tel Aviv à changer d’itinéraire pour lui faire éviter les côtes syriennes et libanaises dans la matinée de vendredi, alors que des frappes qui ont été attribuées à l’armée de l’air israélienne prenaient pour cible des milices soutenues par l’Iran dans ces secteurs.

Ce changement du plan de vol de l’avion Dreamliner d’El Al, vol LY66 et arrivant de Shanghaï, a été remarqué par le journaliste de Ynet, Itay Blumenthal, qui traque les déplacements aériens. Il a publié des images du détour effectué par l’avion qui se dirigeait vers Tel Aviv.

L’appareil a atterri sans autre incident à une heure quarante du matin, vendredi, sur le tarmac de l’aéroport Ben-Gurion, alors que des médias syriens indiquaient que l’Etat juif avait mené des frappes dans la province de Hama, dans le centre du pays, peu avant.

L’agence de presse officielle syrienne SANA a indiqué que l’attaque était survenue près de la ville de Masyaf et que les missiles avaient été lancés depuis le territoire libanais.

L’observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une organisation pro-opposition syrienne, a affirmé que ces frappes avaient touché des positions de milices soutenues par l’Iran, tuant au moins six combattants paramilitaires étrangers. Cette affirmation n’a pas encore pu être vérifiée.

Le groupe de veille a précisé que les attaques avaient visé des dépôts d’armes et des structures de fabrication de missiles à courte-portée.

Le ministère syrien de la Défense a émis un communiqué disant qu’Israël avait « lancé une agression en dirigeant un barrage de roquettes » depuis le nord de la ville libanaise de Tripoli vers le secteur de Masyaf.

Il a expliqué que les défenses anti-aériennes syriennes « ont affronté les missiles ennemis, en en interceptant la majorité ». Les analystes de la guerre en Syrie rejettent généralement ce type d’affirmation, mettant en doute ces capacités d’interception qui relèvent, selon eux, du mensonge.

La chaîne publique syrienne a diffusé des images qui voulaient montrer les systèmes de défense anti-aériennes riposter à l’attaque israélienne.

L’armée israélienne n’a pas fait de commentaires. Elle applique généralement une politique d’ambiguïté concernant ses activités contre l’Iran et contre les groupes mandataires de la république islamique en Syrie, et elle refuse de reconnaître ouvertement ses actions.

Masyaf est un secteur militaire significatif pour le dictateur syrien Bashar al-Assad. Il accueille une académie militaire et un centre de recherche scientifique. La zone qui entoure Masyaf – où la présence iranienne serait très forte – aurait été prise pour cible par Israël à de nombreuses occasions, dans le passé.

Les dernières frappes présumées de l’Etat juif en Syrie avaient eu lieu il y a un mois, dans le sud du pays, près de la frontière israélienne avec la Syrie, sur le plateau du Golan, et elles auraient visé des sites liés à l’Iran ou à ses groupes mandataires.

L’armée a lancé des centaines de frappes en Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011 pour empêcher l’Iran d’établir une présence militaire permanente dans le pays et le dissuader de livrer des armes avancées et susceptibles de changer la donne aux groupes terroristes de la région – et principalement au Hezbollah.

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