Friedman devrait s’excuser d’avoir dit que les Juifs libéraux étaient des “kapos”
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Friedman devrait s’excuser d’avoir dit que les Juifs libéraux étaient des “kapos”

L’avocat choisi par Trump pour être ambassadeur en Israël devrait exprimer ses regrets pendant son audience de confirmation devant le Sénat

David Friedman, alors conseiller sur Israël de Donald Trump, pendant un évènement pro-Trump à Jérusalem, le 26 octobre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
David Friedman, alors conseiller sur Israël de Donald Trump, pendant un évènement pro-Trump à Jérusalem, le 26 octobre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

David Friedman, choisi par le président américain Donald Trump pour être l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, devrait s’excuser pour des propos insultants qu’il a tenus pendant la campagne électorale de l’année dernière au sujet des Juifs libéraux. Friedman devrait s’excuser pendant son audience de confirmation, qui aura lieu jeudi devant une commission du Sénat.

Le New York Times a annoncé mardi que des représentants de Friedman avait dit au sénateur démocrate du Maryland Benjamin Cardin, le démocrate le plus important de la commission des Affaires étrangères du Sénat, qu’il exprimerait ses regrets d’avoir dit que les partisans de l’association libérale juive J Street étaient « pires que des kapos », en référence aux Juifs qui ont tenu un rôle dans les camps de concentration nazis pendant l’Holocauste. Friedman avait écrit cela dans un éditorial publiée l’année dernière par le site d’information d’extrême-droite Israël National News.

Friedman, 57 ans, né à Long Island, s’est également attiré la colère de beaucoup dans la gauche juive américaine pour son opposition à la solution à deux états et son soutien bruyant et financier aux implantations de Cisjordanie, ainsi que pour avoir déclaré que l’ancien président Barack Obama était « ouvertement antisémite ».

Friedman, avocat spécialisé en faillite de New York, est aussi le président des Amis américains des institutions de Beit El, une association qui soutient une grande implantation de Cisjordanie, située juste à côté de Ramallah.

Il a également poussé les Etats-Unis à déplacer l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, une promesse électorale de Trump dont le président semble s’être distancé depuis son arrivée au pouvoir le mois dernier.

Le directeur général de J Street, Jeremy Ben-Ami, pendant la conférence de l'association, à Washington, le 21 mars 2015. (Crédit : JTA/J Street)
Le directeur général de J Street, Jeremy Ben-Ami, pendant la conférence de l’association, à Washington, le 21 mars 2015. (Crédit : JTA/J Street)

Avant son audience de confirmation, plusieurs associations libérales, notamment Americans for Peace Now et le New Israël Fund, ont appelé les Juifs américains à contacter leurs sénateurs pour protester contre cette nomination.

Le conseil démocrate national juif a déclaré son opposition à cette nomination, affirmant que Friedman était « incroyablement non qualifié » pour le poste.

Lundi, plus de 600 rabbins et chantres ont signé une lettre ouverte contre la nomination de Friedman.

La lettre appelle le président à revenir sur sa nomination, et le Sénat à rejeter Friedman si Trump ne voulait pas prendre cette décision.

« Les rabbins du Talmud sont intransigeants sur le fait que nous devons nous adresser aux autres, et particulièrement à ceux avec lesquels nous sommes en désaccord, avec amour et respect. On nous apprend qu’humilier autrui revient à faire couler son sang, ont-ils écrit. Et pourtant, M. Friedman semble n’avoir aucun scrupule à insulter ceux avec qui il est en désaccord. ».

La lettre a été mise en place par un certain nombre d’associations juives américaines libérales, notamment J Street, T’ruah et Ameinu, qui ont été horrifiés par la nomination de Friedman depuis qu’elle a été annoncée et qui se sont engagés à la combattre. Les signatures ont été collectées en un peu moins de trois semaines.

L'implantation de Beit El, au nord de Ramallah, en Cisjordanie, en 2012. (Crédit : Oren Nahshon/Flash90)
L’implantation de Beit El, au nord de Ramallah, en Cisjordanie, en 2012. (Crédit : Oren Nahshon/Flash90)

Les propos tenus par Friedman sur les « kapos », ont affirmé les rabbins et les chantres, sont l’antithèse absolue du comportement diplomatique que les Américains sont en droit d’attendre de leurs ambassadeurs.

« Un ambassadeur a la mission de représenter notre nation entière. Il est historiquement pervers et hautement insultant d’affirmer que les Juifs qui prônent la paix, parmi lesquels de nombreux signataires de cette missive, ne valent pas mieux que les collaborateurs des nazis qui avaient comploté pour annihiler le peuple juif », ont-ils ajouté.

« M. Friedman est un soutien affirmé des implantations en Cisjordanie, que les présidents américains, depuis Johnson, ont toujours considéré comme un obstacle à la paix, poursuit la lettre ouverte. De plus, M. Friedman s’oppose à la solution à deux états, qui a été la pierre d’achoppement politique de toutes les administrations républicaines et démocrates au cours du dernier quart de siècle. Nous sommes très inquiets de constater que plutôt que de représenter les Etats-Unis comme un pays qui prône la paix, M. Friedman tente de modeler la politique américaine conformément à son idéologie extrême ».

Pour que sa nomination au poste d’ambassadeur soit approuvée, Friedman devra être confirmé par le Sénat entier, où il sera probablement soumis à un examen particulièrement minutieux en raison des positions qu’il a pu prendre et qui s’opposent à des décennies de politique bipartisane, en particulier sur la question des implantations.

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