Gafni compare Lapid et Liberman à l’ennemi biblique Amalek
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Gafni compare Lapid et Liberman à l’ennemi biblique Amalek

Des dizaines de milliers d'ultra-orthodoxes ont assisté à un meeting électoral du parti Yahadout HaTorah à Jérusalem dimanche, en présence de deux éminents rabbins

Des milliers d'ultra-orthodoxes à un meeting de campagne de Yahadout HaTorah à Jérusalem le 15 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des milliers d'ultra-orthodoxes à un meeting de campagne de Yahadout HaTorah à Jérusalem le 15 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des dizaines de milliers d’ultra-orthodoxes ont assisté à un meeting électoral du parti Yahadout HaTorah à Jérusalem dimanche, lors duquel les dirigeants religieux et politiques les ont exhortés à venir voter mardi et ont fustigé leurs rivaux laïcs.

Les médias estiment que 50 000 personnes se sont entassées à l’intersection Bar Ilan, dans la capitale, et ont entendu les chefs du parti avertir que leur mode de vie religieux était en danger à cause des responsables politiques laïcs, comparés par l’un des intervenants à Amalek, l’ennemi numéro un du peuple juif dans la Bible.

Les analystes s’attendent à un faible taux de participation mardi face à l’apathie des citoyens au sujet de ce deuxième scrutin en cinq mois. Les rabbins ont appelé leur électorat à se rendre aux urnes, la communauté ultra-orthodoxe pourrait donc inverser cette tendance.

Fait rare, deux éminents rabbins de la communauté ultra-orthodoxe ashkénaze étaient réunis à la tribune, le chef de file du mouvement hassidique de Gur, Yaakov Alter, et le rabbin Haim Kanievsky. Cette démonstration de force est très lourde de sens pour leurs fidèles.

A lire : Qui est l’Admor de Gur, le chef hassidique faiseur de rois de la coalition ?

Le chef du parti Yahadout HaTorah et vice-ministre de la Santé, Yaakov Litzman, a déclaré à la foule qu’il « n’y a qu’une chose au programme : qui réussira à former un gouvernement sans les ultra-orthodoxes ? ».

La lutte, a-t-il dit, « porte sur notre droit à être ultra-orthodoxe, à garder les commandements [religieux], à mener une vie de Torah et de croyance ».

Le chef de file du mouvement hassidique Gour le rabbin Yaakov Aryeh Alter, à droite et le rabbin Chaim Kanievsky lors d’un meeting de campagne de Yahadout HaTorah à Jérusalem le 15 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti centriste Kakhol lavan, considéré comme principal rival du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et le parti laïc Yisrael Beytenu, ont tous deux appelé à la formation d’une coalition laïque, sans les partis ultra-orthodoxes.

Le député de Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, a comparé le numéro 2 de Kakhol lavan et le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, à l’ennemi biblique Amalek.

Lapid et Liberman mènent « une guerre culturelle » contre la communauté ultra-orthodoxe, a dénoncé Gafni selon Ynet.

Les campagnes respectives des deux députés ont suscité la colère de la communauté ultra-orthodoxe.

Yair Lapid, alors chef du parti Yesh Atid, avec Avigdor Liberman, alors ministre de la Défense, à la Knesset, le 12 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lapid s’est montré très dur à l’égard des partis ultra-orthodoxes, qu’il a accusés « d’extorquer » le gouvernement et dont il a fustigé le refus de servir dans l’armée.

Le mois dernier, la communauté ultra-orthodoxe a qualifié Lapid d’antisémite, après qu’il a tweeté une vidéo de campagne dans laquelle il décrivait les membres ultra-orthodoxes du gouvernement comme des responsables politiques avides d’argent, qui exigent d’importants montants en échange de leur loyauté à Netanyahu.

Sous Liberman, le parti laïc Yisrael Beytenu a fait campagne contre l’influence religieuse sur les institutions publiques et promis de former un gouvernement sans partis ultra-orthodoxes.

Le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, a également récemment déclaré qu’il souhaite établir une coalition laïque s’il remporte la prochaine élection.

Les derniers sondages publiés avant le scrutin de mardi montrent que Netanyahu est plus susceptible d’être en mesure de former une coalition de droite, mais qu’il lui manque encore quelques sièges.

Dans les sondages diffusés vendredi par les Douzième et Treizième chaînes, qui, en vertu de la loi israélienne, sont autorisés à être publiés avant le vote du 17 septembre, le Likud de Netanyahu et son rival Kakhol lavan sont au coude à coude avec 32 sièges chacun. Cependant, Netanyahu pourrait compter sur 59 et 58 sièges, selon chacun des sondages, alors qu’il en faut 61 pour former une coalition majoritaire à la Knesset.

Selon le sondage de la Treizième chaîne, le parti de Liberman obtiendrait 9 sièges, et 8 selon la Douzième chaîne. Même si ce chiffre est inférieur à celui annoncé par d’autres sondages, il pourrait permettre à Liberman de se positionner en faiseur de rois.

A lire : La gauche et la droite divisées, Liberman sera-t-il – encore – faiseur de rois ?

Liberman a précipité ces nouvelles élections en refusant de rejoindre le gouvernement Netanyahu à l’issue des élections d’avril, à moins qu’une loi sur la conscription des étudiants en yeshivot soit adoptée sans amendement, ce qu’ont fermement rejeté les ultra-orthodoxes.

Il a donc manqué un siège au Premier ministre pour former une majorité sans Yisrael Beytenu, c’est pourquoi il a fait voter la dissolution de la Knesset et convoqué de nouvelles élections. C’est la première fois dans l’histoire d’Israël qu’aucun gouvernement n’est formé à l’issue d’un scrutin.

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