Gantz: Les viols « flagrants » du nucléaire par l’Iran menacent Israël et le monde
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Gantz: Les viols « flagrants » du nucléaire par l’Iran menacent Israël et le monde

Le ministre de la Défense a salué l'AIEA pour avoir critiqué Téhéran qui a bloqué l'accès des inspecteurs aux deux sites suspects

Le Premier ministre d'alternance et ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une réunion du cabinet du nouveau gouvernement dans la salle Chagall de la Knesset, à Jérusalem, le 24 mai 2020. (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)
Le Premier ministre d'alternance et ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une réunion du cabinet du nouveau gouvernement dans la salle Chagall de la Knesset, à Jérusalem, le 24 mai 2020. (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a salué vendredi l’adoption par l’ONU d’une résolution critiquant l’Iran pour ne pas avoir autorisé l’accès à des sites suspects, affirmant que les ambitions nucléaires de Téhéran menaçaient Israël et la stabilité mondiale.

La résolution adoptée par le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, la première du genre depuis 2012, demande à l’Iran d’accorder aux inspecteurs l’accès à deux sites afin de déterminer si des activités nucléaires non déclarées y ont eu lieu au début des années 2000.

Dans une déclaration saluant cette initiative, Gantz a accusé l’Iran de violer l’accord de 2015 conclu entre Téhéran et les puissances mondiales.

« Nous savons depuis des années que l’Iran dissimule des violations flagrantes de l’accord nucléaire avec l’intention de menacer à la fois Israël et la stabilité mondiale », a déclaré M. Gantz dans un communiqué. « Israël ne permettra pas à l’Iran d’atteindre une capacité nucléaire et la communauté internationale fait ce qu’il faut en insistant sur des inspections efficaces ».

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que la résolution « corrobore toutes les affirmations d’Israël concernant la poursuite de l’activité nucléaire secrète de l’Iran ». Il a également noté que la décision de l’AIEA fait suite à un rapport des Nations unies disant que l’Iran pourrait avoir violé un embargo sur les armes qui lui a été imposé dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU et qui a ancré l’accord nucléaire de 2015.

« L’Iran continue de violer systématiquement tous les engagements internationaux qu’il a signés et travaille sans relâche pour cacher des preuves et perturber les enquêtes afin de tromper la communauté internationale », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Il a ajouté : « Le monde doit fixer une ligne rouge claire à l’Iran ».

De hauts responsables israéliens accusent depuis longtemps l’Iran de chercher à se doter d’armes nucléaires, une accusation démentie par les dirigeants iraniens, qui insistent sur le fait que leur programme nucléaire est destiné à des fins pacifiques.

L’Iran bloque depuis des mois l’accès aux sites signalés par l’AIEA, ce qui a provoqué un conflit diplomatique croissant.

L’ambassadeur de l’Iran auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Gharib Abadi, attend le début de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA au Centre international à Vienne, en Autriche, le 7 novembre 2019. (AP Photo/Ronald Zak)

La résolution a été adoptée par 25 voix pour, deux contre et sept abstentions. La Russie et la Chine, qui s’étaient toutes deux prononcées contre la perspective d’une résolution plus tôt cette semaine, ont voté contre.

Elle avait été proposée par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne et soutenue par les États-Unis, même si l’ambassadeur américain à l’ONU à Vienne avait déclaré que « le texte pouvait être renforcé ».

L’ambassadeur d’Iran à l’ONU à Vienne, Kazem Gharib Abadi, a déclaré lors de la réunion de vendredi que la résolution n’encouragera pas « l’Iran à accorder l’accès à l’Agence sur la base d’allégations fabriquées et non fondées ».

« L’Iran déplore catégoriquement cette résolution et prendra les mesures appropriées en réponse, dont les répercussions se feront sentir sur les auteurs de cette résolution », a-t-il ajouté.

Même si les sites en question ne sont pas considérés comme directement pertinents pour le programme nucléaire actuel de l’Iran, l’agence déclare qu’elle a besoin de savoir si les activités remontant à près de deux décennies ont été correctement déclarées et si toutes les substances ont été comptabilisées.

Malgré la querelle sur les deux sites, l’AIEA affirme qu’elle a toujours l’accès nécessaire pour inspecter les installations nucléaires déclarées de l’Iran, conformément à son mandat en vertu de l’accord nucléaire de 2015.

Toutefois, le dernier différend survient au moment où cet accord tend à s’effondrer, l’Iran continuant de violer ses limites d’activité nucléaire en représailles à un retrait des États-Unis de l’accord en 2018 et au renouvellement des sanctions.

L’Iran a déjà laissé entendre qu’une résolution similaire à celle adoptée vendredi pourrait entraîner « des complications et des difficultés » pour l’avenir de l’accord de 2015, également connu sous le nom de Plan d’action conjoint (Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA).

Dans sa déclaration, Gharib Abadi a mis en garde l’AIEA contre des actions qui pourraient conduire à « la rupture du JCPOA ».

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, s’exprime avant le début de la réunion du conseil des gouverneurs de l’AIEA au Centre international de Vienne, en Autriche, le 9 mars 2020. (AP Photo/Ronald Zak)

S’adressant aux journalistes après l’adoption de la résolution, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré qu’il serait « absolument inacceptable » de donner l’exemple que les États peuvent être sélectifs dans l’application des accords avec l’agence des Nations unies.

« Il n’y a pas d’exception. Il n’y a pas de protocole additionnel à la carte », a déclaré M. Grossi, en référence à l’accord en vertu duquel l’AIEA a demandé l’accès aux sites.

« J’ai l’intention de discuter avec l’Iran très bientôt et d’essayer de résoudre ce problème le plus rapidement possible », a-t-il déclaré, ajoutant que Gharib Abadi serait sa première étape.

Cette semaine, l’Iran a fait valoir que les demandes d’accès de l’AIEA étaient basées sur des allégations d’Israël, qui a signalé au moins un site comme étant un « entrepôt atomique secret » et a fait pression sur l’AIEA pour qu’elle enquête.

Les informations supplémentaires fournies par l’AIEA pour étayer ses demandes « étaient simplement des images de satellites commerciaux qui ne contenaient aucune raison sous-jacente convaincante » de fournir un accès, a fait valoir Téhéran.

Toujours vendredi, le ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré que le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab rencontrerait ses homologues français et allemands à Berlin pour discuter d’une « solution diplomatique aux activités déstabilisatrices de l’Iran au Moyen-Orient ».

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