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Gantz : L’opération à Rafah débutera si les otages ne sont pas revenus avant le Ramadan

Le ministre du cabinet de guerre dit "à ceux qui disent que le prix est trop élevé, le Hamas a le choix - il peut se rendre" et avertit qu'Israël est prêt "à mener une guerre au Liban" aussi

Le ministre Benny Gantz s'exprimant lors d'une réunion de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à Jérusalem, le 18 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre Benny Gantz s'exprimant lors d'une réunion de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à Jérusalem, le 18 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Si les otages détenus à Gaza ne sont pas libérés dans les prochaines semaines, Israël élargira son opération dans le sud de la bande de Gaza et poussera jusqu’à la ville de Rafah, à la frontière égyptienne, a averti dimanche Benny Gantz, membre du cabinet de guerre.

« Le monde doit savoir, et les dirigeants du [groupe terroriste palestinien du] Hamas doivent savoir, que si d’ici le Ramadan nos otages ne sont pas rentrés chez eux, les combats se poursuivront partout, y compris dans la région de Rafah », a affirmé Gantz.

Le Ramadan commence cette année le 10 mars.

« Nous le ferons de manière coordonnée, en facilitant l’évacuation des civils dans le cadre d’un dialogue avec nos partenaires américains et égyptiens afin de minimiser les pertes civiles », a déclaré l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne et ministre de la Défense à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, qui s’est réunie à Jérusalem.

« À ceux qui disent que le prix [d’une incursion] est trop élevé, je réponds très clairement que le Hamas a le choix : il peut se rendre, libérer les otages et les habitants de Gaza pourront fêter le Ramadan », a-t-il déclaré.

Rafah, qui se trouve à la frontière entre Gaza et l’Égypte, est le dernier bastion du groupe terroriste palestinien du Hamas dans l’enclave, mais c’est aussi là que plus d’un million de Palestiniens déplacés ont fui pour se mettre à l’abri des combats qui se déroulent ailleurs.

Des Palestiniens inspectant les dégâts causés aux bâtiments résidentiels où deux otages israéliens étaient détenus avant d’être secourus lors d’une opération des forces de sécurité israéliennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 février 2024. (Crédit : Fatima Shbair/AP Photo)

Le président américain Joe Biden a averti le Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’une incursion militaire « ne devrait pas avoir lieu sans un plan crédible et exécutable pour assurer la sécurité et le soutien » de la population civile de la ville. Des avertissements similaires ont été émis par de nombreux alliés occidentaux d’Israël.

Netanyahu a déclaré qu’un tel plan était en cours d’élaboration, tout en soulignant samedi soir lors d’une conférence de presse que « ceux qui veulent nous empêcher d’opérer à Rafah nous disent essentiellement : ‘Perdez la guerre' ».

Se référant au nord du pays, Gantz a averti qu’Israël « atteindra ses objectifs et éloignera le Hezbollah de nos villes » à la frontière libanaise, qui sont soumises à des tirs de roquettes incessants de la part du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah depuis que le Hamas a lancé son attaque contre Israël le 7 octobre, entraînant le déclenchement de la guerre.

Le Hezbollah doit décider s’il veut « se suicider en tant qu’organisation », a-t-il poursuivi, ajoutant « qu’il est très important que le monde occidental explique au gouvernement libanais qu’il doit traquer le Hezbollah, car c’est lui qui va en payer le prix ».

« Et si nous devons mener une guerre au Liban, nous le ferons », a-t-il affirmé.

Depuis le 8 octobre, les terroristes dirigés par le Hezbollah ont attaqué presque quotidiennement des communautés israéliennes et des postes militaires le long de la frontière, le groupe affirmant qu’il le fait pour soutenir Gaza dans le cadre de la guerre qui s’y déroule. Ces attaques ont entraîné des représailles israéliennes et des tirs transfrontaliers réguliers, et ont déplacé des dizaines de milliers d’Israéliens dans les communautés frontalières.

Israël a déclaré qu’il ne tolérerait plus la présence du Hezbollah à la frontière du Liban, où il pourrait tenter de perpétrer une attaque similaire au massacre commis par le Hamas le 7 octobre. Il a prévenu que si la diplomatie internationale ne parvenait pas à forcer le groupe terroriste chiite libanais à s’éloigner de la frontière, une opération israélienne serait nécessaire.

Peu après le discours de Gantz, un missile guidé anti-char tiré depuis le Liban a frappé l’entrée de la communauté de Shtula, dans le nord du pays. Aucun blessé n’a été signalé. L’armée a déclaré qu’elle répondait par des tirs d’artillerie sur la source du tir.

Gantz a remercié Washington pour son soutien militaire et diplomatique et a insisté sur le fait qu’en dépit de désaccords sur certains points, « lorsque nous disons ‘Ensemble, nous allons gagner’, nous voulons également dire ‘ensemble’ avec nos partenaires américains, républicains et démocrates, ainsi ‘qu’ensemble’ avec d’autres dirigeants internationaux ».

« Cette victoire va de pair avec notre volonté d’élargir le cercle de la paix et de former un axe régional uni face à l’Iran. C’est pourquoi le processus de normalisation avec l’Arabie saoudite est une entreprise importante que nous devons poursuivre – et j’y travaille personnellement », a déclaré Gantz.

Toutefois, « après le 7 octobre, la voie vers la stabilité et la paix régionales ne passe pas par des actions unilatérales telles que la reconnaissance d’un État palestinien », a-t-il ajouté.

« Elle passe par la facilitation de processus à long-terme qui consolideront une architecture régionale face à l’axe iranien du terrorisme, et par la promotion d’accords internationaux qui amélioreront la vie des gens dans toute la région et favoriseront la stabilité et la paix. »

Des terroristes du groupe chiite libanais du Hezbollah défilant lors d’une cérémonie de commémoration des dirigeants du parti morts au combat dans le village libanais de Jibshit, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale Beyrouth, le 15 février 2024. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Les propos de Gantz ont été tenus quelques heures après que le cabinet a approuvé une déclaration rejetant les mesures unilatérales prises par les pays en vue de la création d’un État palestinien, que le gouvernement a qualifiée de « récompense considérable et sans précédent pour le terrorisme ».

L’attaque, au cours de laquelle près de 1 200 personnes ont été tuées dans un paroxysme de meurtres, de viols et d’autres atrocités perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui dirige Gaza, et 253 autres ont été enlevées et retenues en otage, a mis en lumière, pour de nombreux Israéliens, les problèmes de sécurité longtemps invoqués pour s’opposer à la création d’un État palestinien.

« Un règlement, s’il doit être atteint, ne sera obtenu que par des négociations directes entre les parties, sans conditions préalables » et toute reconnaissance unilatérale d’un État palestinien indépendant « empêcherait tout règlement de paix futur », a déclaré le cabinet.

Samedi soir, Netanyahu a déclaré que son gouvernement « ne capitulera pas devant les diktats internationaux » en ce qui concerne un futur accord avec les Palestiniens.

« Un tel arrangement ne pourra être conclu que par des négociations directes entre les parties, sans conditions », a déclaré Netanyahu à la presse, soulignant qu’il continuerait à « s’opposer catégoriquement à la reconnaissance unilatérale du statut d’État palestinien ».

Selon le Washington Post, les États-Unis et plusieurs de leurs partenaires arabes préparent un plan détaillé pour un accord de paix global entre Israël et les Palestiniens, qui comprend un « calendrier ferme » pour la création d’un État palestinien.

Même si une victoire militaire à Gaza est en vue, il faudra des années pour reconstruire « la capacité de gouvernance à l’intérieur de Gaza, qui ne peut pas être le Hamas et ne doit pas être Israël », a averti Gantz, affirmant qu’une future administration civile du territoire côtier sera probablement composée de « Palestiniens locaux soutenus par une sorte de comité ou d’arrangement régional ».

Mais l’ordre du jour est « la guerre maintenant, la paix plus tard », a-t-il déclaré.

Netanyahu a rejeté l’idée que l’Autorité palestinienne (AP) dirige Gaza après la guerre, en invoquant son manque de condamnation des atrocités commises par le Hamas le 7 octobre et son soutien financier aux terroristes et à leurs familles. Mais il n’a pas proposé d’alternative.

L’Equipe du Times of Israel, Emanuel Fabian et Lazar Berman ont contribué à cet article.

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