Garfunkel évoque son « don de Dieu » avant son concert
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Garfunkel évoque son « don de Dieu » avant son concert

Le chanteur de 73 ans évoque ces chansons, ses pensées, l’histoire et sa voix avant son premier concert en solo en en Israël

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Art Garfunkel en conférence de presse, le 8 Juin 2015 (Crédit : Eliran Avital)
Art Garfunkel en conférence de presse, le 8 Juin 2015 (Crédit : Eliran Avital)

Le halo familier des boucles grisonnantes est encore partiellement visible à l’arrière du crâne dégarni d’Art Garfunkel, et la voix – cette voix de ténor chantant – a toujours le même grain, à la fois solide et doux ; même pendant une conférence de presse.

Au lendemain de son arrivée en Israël, Garfunkel s’est exprimé lundi matin avant son concert du 10 juin au Stade Bloomfield de Tel-Aviv.

Cela sera son premier concert en solo en Israël, et Garfunkel, vêtu d’une chemise blanche et d’une veste de sport gris, a déclaré être « venu pour dire bonjour et vous dire que je suis très heureux et en plein décalage horaire ».

Il a montré un petit morceau de papier blanc, et, en le pointant vers lui, a expliqué que c’était la liste des chansons pour mercredi soir.

« Il y aura un peu de Simon et Garfunkel, un peu d’Art Garfunkel, et une surprise, mon fils, et il y a La surprise, et plus de surprises », a-t-il dit.

Le public israélien accueillera la nouvelle avec plaisir, car la plupart veulent toujours entendre « Bridge Over Troubled Water » et « Feeling Groovy ». Ces classiques écrits par Paul Simon et chantées pour l’éternité par Garfunkel. Il est d’accord avec cela.

« Je fais tout pour être un bon chanteur », a-t-il dit. « Il y a d’abord les clients qui paient et qui ont le droit d’entendre un son agréable d’Art Garfunkel. Je peux chanter très bien si je dors assez et c’est mon travail. »

Garfunkel, fumeur de longue date, raconte qu’il a perdu sa voix en 2010 et qu’il a fallu quatre ans de chirurgie et de cicatrisation pour retrouver « le son Art Garfunkel à nouveau », a-t-il expliqué.

Il a recommencé se produire il y a un an et demi et fait des concerts régulièrement en Europe, aux États-Unis et au Japon.

Il a expliqué qu’il a tendance à donner ses représentations la plupart du temps le week-end, et se prépare pour chaque concert de la même façon, comme il l’a toujours fait.

« J’ai 73 ans, et je fais ce que j’ai toujours fait », a-t-il déclaré. « Je m’échauffe avant les spectacles, je mets mon iPod et chante du James Taylor et du Chet Baker. Je fais mes exercices, je touche mes orteils dans la chambre d’hôtel. J’essaie toujours de perdre quelques kilos mais je n’y parviens pas toujours. »

Pendant qu’il sera en Israël, il a expliqué qu’il fera essentiellement des siestes, sortira avec son fils, et évitera le bruit et les appels téléphoniques. Il a appelé cela sa « méthode d’auto-protection », en prenant moins de temps pour profiter d’Israël et plus de temps pour se concentrer sur son spectacle afin de « leur donner la voix Art Garfunkel ».

Le  chanteur de 73 ans raconte que son fils aîné, James, 24 ans, chante souvent avec lui sur scène.

Lorsqu’on lui demande si son fils est meilleur chanteur que Paul Simon, Garfunkel réfléchit une minute, puis répond : « Quasiment pareil. Mon garçon chante un peu mieux que moi, et je suis assez bon. Je ne l’amènerais pas par népotisme, j’essaie de donner aux clients la monnaie de la pièce. Je fais venir Arthur Jr. parce qu’il est sacrément bon. »

Le fils aîné de Garfunkel s’appelle James. Son plus jeune fils, Beau.

C’est la première fois que Garfunkel chante en solo en Israël. Lui et Simon se sont produits ici en 1983. Quand on lui demande pourquoi il lui a fallu si longtemps pour venir, il rit et avance qu’il avait d’abord un rendez-vous à la blanchisserie et chez le dentiste. Mais il précise que ce n’est pas à cause de tous les problèmes de boycott.

« Je suis ici avec mes frères et sœurs, cousins, neveux et nièces », dit-il, à propos des juifs d’Israël.

En fait, dit Garfunkel, sa carrière de chanteur a commencé alors qu’il était un enfant de sept ans, dans la synagogue de sa famille au Queens, à New York. Il n’aimait pas l’école hébraïque, parce qu’il ne comprenait pas l’hébreu lu en classe. Mais il aimait chanter avec le rabbin, le samedi matin, dit-il, imitant le son des chants de la prière.

« J’ai compris que j’avais un don de Dieu. Je chantais en mode mineur des mélodies anciennes, ladadeeda deeda. Je pouvais voir que les gens s’y identifiaient et ces mots hébreux sont utiles pour moi. »

Tout au long de la conférence de presse, Garfunkel a demandé aux différents orateurs de répéter certains mots hébreux.

« Lashevet ? Qu’est-ce c’est ? », a-t-il demandé.

« Notzetz ? J’aime ça », a-t-il dit, quand un blogueur a donné le nom de son site, qui signifie « étincelant ».

Garfunkel, qui a traversé les Etats-Unis et l’Europe entre la fin des années 1980 et la fin des années 1990, affirme qu’il se considère comme un homme de la Renaissance – un gars ordinaire avec une grande voix, qui essaie de vivre sa vie en dépit des déceptions et des échecs qui affligent tout le monde. Mais il refuse d’évoquer sa relation compliquée avec son compatriote Paul Simon.

Au lieu de cela, il désire parler de sa carrière et de sa musique.

« La vie d’un chanteur est un peu hors du temps. Quand c’est le moment de chanter, nous rejoignons un endroit dans notre tête qui n’a aucun rapport avec l’âge, avec le temps. »

La note, l’harmonie et la voix sont ce qui s’il plaît à Garfunkel. Il se dit cynique au sujet de la nouvelle musique. Lui seul « sait ce qu’il sait ».

« La mélodie fonctionne à tout âge », dit-il.

Il fredonne un vers de « Wednesday Morning, 3 A.M », « d’une jeune fille que j’aime, c’est une jolie mélodie ».

Puis un autre, « on ne peut trouver d’amis », de « Bridge Over Troubled Water ».

« Ce sont des mots bien pensés et poétiques pour tous les âges », observe-t-il.

Et ses favoris ? « Perfect Moment », de son album,  » Everything Waits to Be Noticed », et « Barbara Allen, » une ballade qu’il considère la meilleure de toutes, car c’est une chanson où il porte son cœur dans sa manche, dit Garfunkel.

« Je comprends le phénomène du viral », dit-il. « Vous faites une chanson de quatre minutes et si elle est vraiment fabuleuse elle fait un tabac. Aujourd’hui, nous téléchargeons de la musique, et je ne sais pas vraiment ce que c’est. La musique est censée vous traverser comme l’eau. Je crains de faire un disque et que mon cœur et mon âme sortent et tombent sur mes chaussures parce que je ne sais pas comment l’atteindre. »

Pour l’instant, il travaille sur plusieurs projets, y compris une autobiographie qu’il espère terminer l’année prochaine. Il en est à la page 136.

« Je suis profondément préoccupé par le flux de mon histoire. J’en suis à l’année 2008. Je suis un littéraire ces jours-ci. »

Pour l’instant, il dit essayer d’être « un être humain ».

« Je fais l’amour à ma femme et j’élève mes deux enfants. Je fais du mieux que je peux. »

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