GB: Un député du Labour dit que le parti s’est « trop excusé » sur l’antisémitisme
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GB: Un député du Labour dit que le parti s’est « trop excusé » sur l’antisémitisme

Chris Williamson s'excuse de la façon dont il a "choisi de s'exprimer", et ajoute "il y a eu très peu de cas d'antisémitisme dans le parti"

Le député travailliste britannique Chris Williamson. (Capture d'écran : YouTube)
Le député travailliste britannique Chris Williamson. (Capture d'écran : YouTube)

Le député travailliste britannique Chris Williamson a été la cible de critiques mercredi après que des vidéos l’ont filmé disant aux militants que le parti s’était trop excusé des accusations d’antisémitisme et était « diabolisé ».

« Le parti qui a fait plus pour lutter contre le racisme est maintenant diabolisé en tant que parti raciste et sectaire », a déclaré Williamson dans les images diffusées par The Yorkshire Post.

« Je dois dire que je pense que la réponse de notre parti a été un peu responsable de cela parce qu’à mon avis… nous avons trop cédé, nous avons fait beaucoup trop de concessions », a-t-il dit.

Williamson a plus tard publié un communiqué dans lequel il s’est dit « désolé de la façon dont j’ai choisi de m’exprimer sur cette question » et qu’il « essayait de souligner combien le parti avait fait pour lutter contre l’antisémitisme ».

« Notre mouvement ne s’excusera jamais assez du racisme dans ses rangs », peut-on lire dans le communiqué. « S’il est vrai qu’il y a eu très peu de cas d’antisémitisme au sein du Parti travailliste – ce qui, je crois, est souvent oublié lorsque l’on discute de cette question -, il est également vrai que ces quelques cas sont encore de trop », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué publié plus tôt dans la journée, le Parti travailliste a demandé à Williamson de présenter des excuses.

« Ces commentaires sont profondément offensants et inappropriés et ne répondent pas aux valeurs que l’on attend des députés », a déclaré le parti. « En minimisant le problème de l’antisémitisme, il nous est plus difficile de nous y attaquer. Chris Williamson devrait s’excuser immédiatement et retirer ses propos. »

Nick Brown, le whip en chef du parti [le député ou représentant chargé de veiller à ce que les élus de son parti soient présents et votent en fonction des consignes du parti], et la secrétaire générale, Jenny Formby, seraient en train de discuter des mesures à prendre contre Williamson, a rapporté The Guardian.

Certains membres du parti n’ont pas tardé à condamner Williamson, notamment le député travailliste Wes Streeting, qui a qualifié la vidéo de « à vomir » et qui a prédit qu’“aucune sanction ne serait prise”.

La députée de Nottingham South, Lilian Greenwood, a déclaré au Guardian qu’une « tape sur les doigts et un rappel à l’ordre » ne seraient pas suffisants dans l’affaire Williamson.

Elle a ajouté : « Il s’agit d’un comportement délibérément provocateur. Si le parti est sérieux dans sa lutte contre l’antisémitisme et qu’il veut être perçu comme tel, il devrait faire l’objet d’une enquête disciplinaire ».

Mardi, il est apparu que Williamson avait réservé une salle au Parlement pour la projection d’un film sur Jackie Walker, qui est suspendue du parti en raison d’allégations d’antisémitisme, notamment pour avoir déclaré que « de nombreux Juifs étaient les principaux financiers de la traite négrière ». Mercredi, il a été annoncé que la projection du film, intitulé « Chasse aux sorcières », a été annulée, ses promoteurs ayant déclaré qu’il ne serait pas projeté en raison d’“intimidation”.

Les remarques de Williamson sont intervenues alors que les législateurs travaillistes auraient signalé des messages sur les réseaux sociaux de membres accusant les Juifs d’assassiner des enfants et se demandant si les parlementaires juifs avaient « du sang humain ».

Le chef du Parti travailliste de l’opposition britannique Jeremy Corbyn, (à gauche), s’entretient avec le chef adjoint Tom Watson au début de la conférence annuelle du parti à Liverpool, en Angleterre, le 23 septembre 2018. (Stefan Rousseau/PA via AP)

Le député Tom Watson, chef adjoint du Parti travailliste, a déclaré avoir reçu la semaine dernière 50 plaintes d’antisémitisme de la part de collègues travaillistes et a demandé au responsable Jeremy Corbyn de les porter personnellement devant le principal organe directeur supérieur du parti.

Selon un article paru dimanche dans The Guardian, les plaintes reçues par Watson comprenaient un certain nombre de messages antisémites sur Twitter de membres travaillistes, dont un alléguant que « des Juifs assassinent des gens et des enfants ».

Williamson, un proche allié de Corbyn, qui n’est pas étranger à la controverse concernant les accusations d’antisémitisme, affirme depuis longtemps que les allégations d’antisémitisme au sein du parti font partie d’un complot de droite visant à discréditer Corbyn et les a qualifiées de « absolument sinistres ».

L’ancien membre de premier plan, qui a fait valoir que de telles affirmations sont un « sale tour de passe-passe » utilisé à des « fins politiques », a demandé au parti de réintégrer l’ancien maire de Londres Ken Livingstone, qui a été suspendu en raison d’allégations antisémites, puis qui a quitté le parti.

L’année dernière, Williamson a été critiqué pour avoir exprimé son soutien à un blogueur conspirationniste qui a affirmé que les sionistes dirigeaient la France, partagé des plate-formes avec des négationnistes et pour avoir soutenu fermement les campagnes du président syrien Bashar el-Assad dans le bombardement de zones civiles.

Cette nouvelle controverse fait suite à d’innombrables révélations récentes concernant le Parti travailliste en proie à des dissensions, critiqué pour ce que beaucoup considèrent comme un échec dans sa lutte contre l’antisémitisme, le soutien de son chef Corbyn au groupe terroriste Hamas et le fait qu’il s’est demandé mardi si la décision britannique d’interdire le Hezbollah du Liban en tant qu’organisation terroriste résultait de mobiles politiques.

En décembre dernier, Williamson s’est excusé pour un tweet en faveur de Gilad Atzmon, un musicien que son propre parti a qualifié dans le passé de « vile antisémite », a rapporté la BBC.

Les Travaillistes ont été accablés par des accusations d’antisémitisme dans leurs rangs depuis que Corbyn, un homme d’extrême gauche, est devenu chef du parti d’opposition en 2015, et Corbyn lui-même fait face à de telles accusations – qu’il a nié.

Neuf députés travaillistes ont quitté le parti ces derniers jours, beaucoup d’entre eux invoquant l’antisémitisme au sein du parti comme raison.

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